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Culture | Par Kamel Amghar | 14-01-2016

Artisanat, métiers anciens, design et arts décoratifs

Prémices de renaissance d'une esthétique algérienne ?

Autrefois, les halls des hôtels publics étaient meublés - certes, sans grand talent - de pièces traditionnelles. Les tapisseries, les tissus d'ameublement et les objets d'art arboraient aussi une certaine authenticité. De nos jours, on se limite à singer tout bêtement ce qu'on voit ailleurs, à l'étranger. La touche locale manque tellement au décor. Le besoin pour la chose se fait nettement sentir. Pour preuve, les produits de l'artisanat se vendent très bien. Un retour aux sources prend l'allure d'une véritable réconciliation avec les cultures, les traditions, les coutumes et les folklores du pays profond. Percevant cette demande, les pouvoirs publics s'emploient ces dernières années à accompagner le secteur de l'artisanat et des métiers anciens dans leur renaissance. Le ministre du Tourisme a récemment incité les promoteurs du secteur à faire la part belle à l'art et à l'artisanat algériens.

La déco est une industrie qui rapporte gros. De grandes sociétés spécialisées rivalisent d'ingéniosité, de créativité et de finesse pour s'adjuger des marchés juteux. Des équipes pluridisciplinaires - alliant recherche de concepts inédits, développement de produits nouveaux et parfaitement adaptés, avec une vision  sans cesse renouvelée en matière d'agencement et de mise en valeur des installations - sont mobilisées et motivées pour faire la différence et rafler des contrats substantiels. Faisant appel à des artistes, des artisans et des ouvriers hautement spécialisés, les leaders du secteur, très sensibles aux pulsions du public, innovent à une très grande vitesse. Les modes et les tendances s'effacent vite. La concurrence est rude. Fini le temps où l'esthétique était quelque chose de facultatif, une simple histoire de goût individuel. Désormais, on ne décore pas pour soi-même, mais pour tout le monde. Les grandes villes, les puissantes chaînes hôtelières, les hautes institutions nationales et internationales s'arrachent les services des meilleurs dans le domaine pour redorer leur blason, soigner leur image de marque et donner un témoignage visuel de leur rang. L'artisanat et le savoir-faire local font figure de constante fondamentale dans ce métier très exigeant. La référence à l'histoire, à l'identité, à la spécificité et à la curiosité est la base de toute œuvre vraiment réussie. En Algérie, ce secteur demeure insuffisamment investi. On constate même une espèce de recul par rapport aux années soixante, soixante-dix et quatre-vingt du siècle dernier.

Autrefois, les halls des hôtels publics étaient meublés - certes, sans grand talent - de pièces traditionnelles. Les tapisseries, les tissus d'ameublement et les objets d'art arboraient aussi une certaine authenticité. De nos jours, on se limite à singer tout bêtement ce qu'on voit ailleurs, à l'étranger. La touche locale manque tellement au décor. Le besoin pour la chose se fait nettement sentir. Pour preuve, les produits de l'artisanat se vendent très bien. Un retour aux sources prend l'allure d'une véritable réconciliation avec les cultures, les traditions, les coutumes et les folklores du pays profond. Percevant cette demande, les pouvoirs publics s'emploient ces dernières années à accompagner le secteur de l'artisanat et des métiers anciens dans leur renaissance. Le ministre du Tourisme a récemment incité les promoteurs du secteur à faire la part belle à l'art et à l'artisanat algériens. «La priorité devrait âtre accordé au produits national en matière d'équipement et de décoration des structures hôtelières et touristiques», a indiqué M. Amar Ghoul, en préconisant aux acteurs concernés d'introduire les objets et les produits qui traduisent le mieux «notre identité, notre patrimoine, notre culture et notre civilisation».

Certes, on doit ajouter à ces quatre valeurs l'ouverture sur l'universel et la modernité. Ce conseil avisé vaut aussi pour les établissements publics, les institutions de l'Etat et les services chargés de l'aménagement urbain. L'idée semble juste et prometteuse. A priori, tout le monde s'en sortira gagnant. En effet, cela donnerait du boulot aux designers, aux artistes et aux artisans avec des retombées socioéconomiques certaines. C'est aussi  très intéressant pour la culture algérienne et l'image du pays de manière générale. Il appartient  à tous ces acteurs (privés, publics et institutionnels) de s'inscrire résolument dans cette démarche.

Dans le même ordre d'idée, le ministre de la Culture s'est récemment engagé à créer et à promouvoir un marché des arts plastiques, le premier du genre dans le pays. Une espèce de foire annuelle, qui s'étalerait sur un ou deux mois, où des peintres, des sculpteurs et des designers viendraient à la rencontre des acquéreurs, des passionnés, des collectionneurs, des décorateurs, des critiques, des journalistes et du public. Une initiative qu'il convient aussi de développer et de promouvoir dans la perspective d'un véritable marché de l'art. Comme il ne suffit pas de le dire, les deux ministères se doivent d'appuyer leurs démarches respectives sur le terrain, de persévérer et d'insister jusqu'à leurs concrétisations réelles. Tout dépendra du travail et de la volonté qu'on déploiera dans ce sens.

 K.A.

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