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International | | 23-01-2016

AQMI, Boko Haram, El Mourabitoune et d’autres menacent la paix dans la région

La lutte antiterroriste au Sahel appelée à se renforcer

Par Karima Mokrani

La France et ses alliés, engagés dans la lutte anti-terroriste au Sahel, auront beaucoup à faire pour venir à bout des groupes terroristes, de plus en plus actifs et menaçants dans les cinq pays de la région. L’opération Barkhane, qui a mobilisé 3 500 hommes depuis son lancement en août 2014, a donné des résultats quelque peu satisfaisants, mais c’est loin de correspondre à ce qui devait se faire réellement face à la dangerosité de l’ennemi aux multiples formes et visages. Mokhtar Belmokhtar, le chef djihadiste d’Aqmi, donné pour mort à plusieurs reprises, anéantit l’espoir d’un aboutissement rapide de cette opération. C’est lui qui a revendiqué l’attentat de Ouagadougou, dans la capitale du Burkina Faso, survenu le 15 janvier dernier, faisant 30 morts. Dans sa lettre revendiquant l’attaque, le chef terroriste a nommément cité la France. C’est elle sa cible première et c’est ce qui explique la réaction rapide de la France à cette attaque. Lors d’un point de presse commun avec le secrétaire américain à la Défense, Ashton Carter, le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a affirmé que «la France va poursuivre son opération antiterroriste dans son format actuel». Sa décision de poursuivre cette opération vient suite à l’attaque de Ouagadougou mais aussi à celle de l’hôtel de Bamako (Mali), qui a enregistré 20 morts dans l’une des plus violentes prises d’otages dans le pays. Une attaque qui a eu lieu le mois de novembre dernier. Il est vrai que sur le plan politique, la situation tend vers l’amélioration dans ce pays, à la faveur de la signature, le mois de juin dernier, de l’accord de paix, réussi en grande partie grâce à la médiation algérienne, mais la présence des groupes terroristes, dans ce pays et ceux voisins, au Sahel, constitue une grande menace pour tous. Tout le Sahel demeure sous la menace terroriste.  Aqmi, Boko Haram tristement célèbre pour ses actes abominables contre les femmes et les enfants, et particulièrement son kidnapping de jeunes lycéennes, Al-Mourabitoune…et certainement Daech jurent de ne pas laisser la région en paix. Et ils ont les moyens d’y semer la terreur. Ils en ont même trop, les affaires marchent bien pour eux : trafic de drogue, trafic d’arme et paiement de rançons. Ce n’est un secret pour personne que de nombreux pays, principalement occidentaux, sont impliqués dans ces affaires. Les campagnes menées par l’Algérie et d’autres pays pour empêcher le paiement des rançons, qui est une des sources principales de financement du terrorisme, sont souvent sapées par le refus de ces pays de s’y engager, prétextant moult raisons. Selon des chiffres révélés récemment, concernant l’opération Barkhane, 150 opérations qualifiées de «majeures» ont été menées contres les groupes armés au Sahel et ces opérations ont permis la découverte de 100 caches d’armes et la destruction de 16 tonnes de munitions et d’explosifs. En décembre 2015, 9 pick-up ont été saisis ainsi que de l’armement et 650 kg de cannabis dans le nord du Niger, fief des sanguinaires de Boko Haram. La France et ses alliés s’engagent à poursuivre l’opération Barkhane, les pays du G5 du Sahel promettent aussi d’engager leurs efforts pour le même objectif. «Plus que jamais, nous sommes tous engagés à faire que l’espace sahélo-saharien soit un espace de paix, un espace sécurisé et un espace qui de plus en plus se concentrera davantage, en réglant ses problèmes de sécurité, sur ces questions de développement», avait affirmé le ministre nigérien de l’Intérieur, à l’occasion d’une rencontre entre les cinq pays. Pour ce faire, le groupe mise sur «l'amélioration de l'échange de renseignements et sur une coopération autour du contrôle des frontières. Une action contre les groupes terroristes autant que contre les filières de passeurs».

 

K. M.

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