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International | Par A. Samil | 01-02-2016

Obama sur la touche…

…Place au psychopathe Erdogan. Le raccourci peut paraître court ou se confondre avec un jugement à l’emporte-pièce. Mais il n’est que d’énumérer, sur le divan des TOC (Troubles obsessionnels compulsifs) politiques, les desiderata incroyablement haineux et revanchards du Président turc, ces derniers temps, pour conclure que l’homme est en train de faire un rêve éveillé.

Par A. Samil

…Place au psychopathe Erdogan. Le raccourci peut paraître court ou se confondre avec un jugement à l’emporte-pièce. Mais il n’est que d’énumérer, sur le divan des TOC (Troubles obsessionnels compulsifs) politiques, les desiderata incroyablement haineux et revanchards du Président turc, ces derniers temps, pour conclure que l’homme est en train de faire un rêve éveillé. Il n’en dort pas et l’obsession guerrière (mais avec les moyens des autres) qui l’habite est porteuse d’un grave péril pour toute la région du Moyen-Orient. Ce qu’il n’a pas réussi à déclencher en novembre dernier en faisant  abattre un bombardier russe Sukhoï 34, dans des conditions non éclaircies à ce jour, il pourrait bien le faire dans un avenir tout proche. Déstabilisé par la reprise en main sur le terrain des forces de Bachar el-Assad, grâce à l’appui décisif des forces aériennes russes, en proie à une rébellion kurde dans le sud-est du pays qui mobilise d’énormes moyens militaires, alors qu’au même moment sur une partie importante de la frontière avec la Syrie les combattants kurdes syriens reprennent du territoire à Daech, le cortex du Président turc s’est mis soudainement à surchauffer. Cette fois, il est capable de tout, c’est-à-dire du pire. Et ce qui correspondrait le mieux au pire dans le contexte régional actuel et ses enjeux serait une déflagration qui partirait d’une provocation turque. Et elle vient de se produire. Opportunément, et pas par hasard du tout.

Pour un événement aussi grave, l’accusation manque de précision, mais elle a été portée hier. Et par qui ? Pas par la Turquie seule, cette fois. Pour être plus crédible, le président Erdogan a associé l’Otan à sa mise en garde, voulue très sévère et menaçante contre la Russie dont un avion (encore un Sukhoï 34) aurait violé la veille l’espace aérien turc. L’information a été immédiatement démentie par Moscou qui l’a qualifiée d’«opération de pure propagande».  Le secrétaire général de l’Otan parlera, lui, d’une «violation de l’espace aérien de l’Otan». Les autres Etats membres de l’Otan ont-ils été consultés pour les ranger dans les pays dont l’espace aérien aurait été violé par un avion de guerre russe ? C’est un autre aspect du problème que l’évolution de la situation géostratégique dans la région pourrait / devrait mettre sur la table.

«La Russie devra assumer les conséquences si elle continue de telles violations contre les droits souverains de la Turquie», a déclaré, hier, Erdogan à la presse, à l'aéroport d'Istanbul. Pour bien souligner que la Turquie n’est pas seule concernée dans cette affaire et que l’incident - s’il a eu lieu- risque d’aller loin, il ajoute : «De tels actes irresponsables ne profitent ni à la Fédération de Russie, ni aux relations entre l'Otan et la Russie, ni à la paix régionale ou globale.» Assumant le jeu trouble et le statut de pompier pyromane de l’Otan, le secrétaire général de celle-ci, M. Stolenberg, habitué à alterner menaces et apaisement, appelle, de son côté, «au calme et à la désescalade». Non sans «saluer les contacts entre Ankara et Moscou». La même rhétorique est utilisée par le Pentagone pour qui «il importe que les Russes et les Turcs négocient et prennent des mesures de désescalade». Par contre, hier encore, le Département d’Etat n’avait pas réagi. Et encore moins le président Barak Obama ou son cabinet. A moins d’un an de son départ définitif de la Maison- Blanche, et à l’instar de ses prédécesseurs, la réalité du pouvoir lui échappe. Le Pentagone, le Sénat et John McCain ont désormais plus d’influence au plan international et même à l’interne.

Jusqu’à une certaine limite, le Président turc peut penser à raison qu’il a l’appui des Etats-Unis. Mais également de l’Arabie saoudite et de son caissier secondaire le Qatar qui ont tout fait d’avance pour que rien ne sorte de prometteur des discussions de Genève sur la Syrie, qui ont débuté péniblement vendredi, soit le même jour que la violation de l’espace aérien turc. Ils attendront tous l’arrivée au bureau ovale de la Maison-Blanche, l’année prochaine, du nouveau chef de l’Exécutif de la première (mais pour combien de temps encore?) puissance mondiale pour repasser à l’offensive en Syrie où leur allié est en train de leur «préparer» le terrain en essayant déjà de rebattre les cartes. Mais savent-ils au moins que leur «ami turc» rêve de califat et qu’il se peut que son aveuglement puisse mener à l’irréparable ?

A. S.

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