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Culture | Par Sihem Bounabi | 21-03-2016

Rencontre littéraire à l’auditorium de la Radio nationale

«Le café des poètes» pour sublimer le verbe et la rime

Le slam de la jeunesse et les poèmes des jeunes étudiants du cercle des jeunes poètes résonnent en écho aux textes poignants de Mohamed Dib, Gabriel Garcia Lorca, Anna Greki, et des isfras de Si Muhand ou M’hand

A l’occasion de la célébration de la Journée de la victoire, célébrée chaque année le 19 mars et en prélude à la célébration de la Journée mondiale de la poésie célébrée chaque 21 mars, la Radio algérienne a organisé, samedi dernier, une rencontre entièrement dédiée à la poésie intitulée «Le café des poètes» conçus et animé par Narriman Zhor Sadouni et réalisé par Djaouida Zekad, rassemblant des personnalités littéraires, des voix de la radio et des anonymes pour des déclamations de prose et de poésie. Durant trois heures, l’auditorium de la Radio nationale Aïssa Messaoudi, a vibré aux rythmes de voix passionnées et émouvantes, donnant corps aux verbes et à la rime dans des instants d’éternité ou le temps a suspendu son envol.

La rencontre a été accompagnée par une projection vidéo spécialement conçue pour cet événement par Mohamed Touaoula ainsi que la présence d’étudiants de l’École des Beaux-arts d’Alger qui ont réalisé des estampes au fusain durant le déroulement de la rencontre.

«Le café des poètes» a débuté par du slam, un clin d’œil à la nouvelle génération des ciseleurs des mots, qui se réapproprie la musicalité du verbe, transsudant les règles classiques pour ne retenir que le partage de l’émotion auquel une nouvelle génération peut s’identifier.

Ainsi, le slameur Khaled Mouaki, a charmé les présents avec un poème en arabe dialectal intitulé «Rabi Ikhalik» accompagné à la guitare acoustique par Aziz Alem. Cette mise en bouche poétique a été applaudie par les présents, du champion du monde du slam grâce à son texte «dépendance».

Khaled Mouaki a, dès lors, ouvert le bal à une cascade de lectures de textes à la tonalité alternant entre des rimes douces comme le ruissellement d’une rivière scintillante ruisseau et parfois comme un torrent déchaînée par la puissance des mots.

La poésie arabe classique et dialectale, celle dédiée à l’amour de la patrie, au sacrifice des martyrs pour une Algérie libre et indépendante, en résonnance avec la célébration de la date symbolique du 19 mars a été déclamée avec la puissance par le journaliste poète Oussama Ifrah et Salah Eddine Lakhdari.

L’oralité kabyle, les isfras transmis de génération en génération, ont été pour leur part déclamés par Ramdane Larab et Arzki Anaris. Il y avait également les déclamations de Ali Hadj Tahar et Abderrahmane Djelfaoui.

Plusieurs poètes amateurs d’autres wilayas ont fait le déplacement pour assister à la rencontre à l’instar de Mohand Amokrane, responsable d’une microentreprise spécialisée dans la construction venue déclamer des vers dédiés à l’Algérie.

L’émotion était palpable dans les airs, où différentes générations d’amoureux du verbe transperçant les êtres dans l’essence même de leur existence la sublimant dans le meilleur et dans le pire. Le slam de la jeunesse, les poèmes des jeunes étudiants du cercles des jeunes poètes sève régénératrice d’un mal être aspirant à l’espoir résonnant en échos aux textes poignants de Mohamed Dib, de Gabriel Garcia Lorca, d’Anna Greki, et les isfras de Si Muhand ou M’hand.

Un hommage a également été rendu à l’ambassadeur de la poésie sur les ondes de la Radio algérienne, dont la voix est tatouer dans l’inconscient collectif tant par sa vie que par sa poésie, l’eternel Djamel Amrani. Un hommage à travers les déclamations poignantes de Leila Bouali et Djamel Senhadri.

A ce propos Linda Tamdrari, chef de département culture et éducation de la Chaîne 3, également animatrice et conceptrice d’émission confie : «C’est un fort moment d’émotion que nous partageons aujourd’hui, un voyage temporelle qui me transporte dans l’émission de Djamel Amrani. Je suis très émue de retrouver cela et qu’une telle rencontre puisse avoir lieu aujourd’hui.»

L’un des autres moments fort est la déclamation par Rachida Moncef et Samira Chouadria du sublime poème de Mohamed «Les ombres gardiennes». La poésie italienne était également aux rendez-vous avec le poète italien Claudio Pozzan qui ravis les présents avec une déclamation en Italien et en français d’un poème dédié à la mère.

Cette rencontre a été également marquée par la déclamation de l’invitée d’honneur de cette rencontre, la spécialiste reconnue de la littérature algérienne, Djouher Amhis, qui a déclamé ses poèmes. Une prose pétrie de jeunesse, des mots subversifs, engagés pour dire le combat contre l'hypocrisie et les préjugés et l’espoir de l’éveil des consciences du souffle salvateur des mots, une flamme incandescente qui embrase éternellement le cœur des insoumis et insoumises. Ce flambeau brille et brule encore dans la plume, ou plutôt dans le clavier de la nouvelle génération. Celle qui défie le défaitisme ambiant à travers «le cercle des jeunes poètes» présenté aux participants de la rencontre par l’éditeur et poète Lazhari Labter. Ainsi, Imene, Nadir et Anis ont rendu hommage à Jean Senac, et ont declammer leur propre poésie illustrant par les mots qu’«écrire c’est comme faire des ordonnances, cela ne guérit pas du cancer, mais guerit du désespoir».

S. B.   

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