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Au fil des jours | Par Noureddine Khelassi | 25-07-2016

Terroristes de second type et dissémination de la menace terroriste !

Après les attentats de Nice et de Munich, le terrorisme est entré dans une nouvelle dimension. Nul besoin de détourner un avion, de piéger une voiture ou d’utiliser un «human bomb» : n’importe quel objet ordinaire peut devenir une arme : un véhicule poids-lourd à Nice, des couteaux en Bavière. Les vieilles méthodes de lutte antiterroriste sont plus que jamais obsolètes. Et on a désormais affaire à «Monsieur Tout-le-monde», un désaxé qui peut être votre livreur de pizza, votre coiffeur ou même votre paisible voisin de palier ! A l’image des frères Abdeslam, tenanciers de bars en Belgique ou plus récemment du Niçois Mohamed Lahouaiej Bouhlel, buveur invétéré, bodybuilder obsessionnel, mangeur de porc et dragueur de fille invétéré. L’objectif avec ce nouveau prototype de terroristes non pratiquants et religieusement incultes,  ce n’est plus seulement d’être un super musulman, un «surmusulman», selon le vocable du philosophe Raphaël Liogier, mais plutôt un superman, un surhomme des temps modernes agités et incertains. Des psychopathes dont l’acte accompli est favorisé notamment par une mise en scène héroïque et narcissique à laquelle participent médias et réseaux sociaux qui rendent ainsi désirable pour d’autres candidats le passage à l’acte. L’attentat de Nice, comme ceux de Munich marquent donc une nette évolution dans le terrorisme. En effet, avant Nice, le monde était confronté à un intégrisme musulman ultra rigoriste, de type wahhabite, refusant le progrès et la société de consommation. Et de l’autre, au développement de ce que Raphaël Liogier appelle des «ninjas de l’islam» : des individus qui ne sont pas de vrais religieux fondamentalistes, mais qui s’improvisent, à leur manière, une nouvelle religion du jihad pour échapper à leur condition sociale. Les attentats de janvier et de novembre 2015 à Paris ont été commis par des individus sans culture de l’islam ou presque. Mais leurs auteurs avaient cependant un minimum de préparation paramilitaire et étaient plus ou moins en contact direct avec des groupes terroristes. Aujourd’hui, il est question de déprofessionnalisation des terroristes car on a affaire à de vrais amateurs. Comme si l’Etat islamique (EI) lui-même était dépassé même s’il revendique après coup leurs actes de violence de masse. Face à ces Aliens du terrorisme et au mass murder qu’ils mettent en œuvre, les services de renseignement occidentaux sont parfaitement désarmés. Ils n’affrontent plus, comme d’habitude, des «loups solitaires» et des «cellules dormantes» comme c’était le cas quand le terrorisme était l’apanage de professionnels bien entraînés. Il s’agit maintenant d’individus isolés, donc non identifiables à l’avance. Danger majeur, la menace terroriste s’est totalement disséminée et laisse les pays d’Europe, France, Allemagne et Belgique notamment, impuissants en termes de sécurité. L’Europe est désormais confrontée à la violence potentielle et imprévisible du voisin. Comme on l’a déjà observé, les trois pays européens déjà cités se sont montrés incapables de développer de vraies stratégies de lutte antiterroriste. Pis encore, ils font l’erreur d’assigner des rôles à ces terroristes de type nouveau : islamistes radicalisés et même radicalisés en un temps record, ou encore ennemis stratégiques. Statuts paradoxalement valorisants accordés à des individus désaxés et dangereusement instables, ce qui est de nature à nourrir leur narcissisme et rendre encore plus désirable le passage à l’acte chez d’autres candidats. Voilà des assassins qui auraient seulement été des criminels de droit commun qui vont avoir avec Daech l’occasion d’exister en dimension hors norme.

Entre ces terroristes de second type et l’EI, il y a une relation virtuelle mais mutuellement bénéfique.

L’Etat islamique, qui est en train de perdre sur les théâtres proche-oriental et libyen, peut potentiellement et spontanément compter sur tous ses déboussolés psychologiques qui sont parfois victimes de désaffiliation et d’inadaptation sociale. Ces fragilités mentales et sociales concernent une foule d’individus. Face à une menace terroriste disséminée et donc imprévisible, on s’entête à toujours privilégier le tout-sécuritaire improductif jusqu’ici. C’est ainsi que l’offre de Daech est désormais dépassée par la demande qui peut émaner de n’importe qui est de partout. Et c’est alors que la demande elle-même anticipe l’offre. N’importe quel individu serait en effet assuré d’avoir une «caution morale» d’une organisation areligieuse comme Daech, avant de décider de tuer un maximum de gens. Avec l’objectif d’obtenir le statut du serial killer islamiste qui fera le buzz sur Internet et grâce aux chaînes dites d’information en continu. Pas le serial killer qui tue plusieurs fois de suite mais le meurtrier qui tue beaucoup en un seul coup en usant des moyens les plus courants et à portée de n’importe qui. Comme à Nice.

N. K.

Réactions (2)

Chantal LUSTRO

Bonjour N. K., Je suis potentiellement d'accord avec votre analyse globale au sujet de l'mergence d'une nouvelle forme de terroristes . Mais, je vous en prie....appelez un chat...un chat . !!! Je ne trouve pas correct la manire dont vous gratifiez M. L. Bouhlel en termes de nationalit en l'appelant 'le Niois' . Il tait Tunisien, bnficiant d'une carte de sjour qui lui permettait de travailler et de vivre Nice . Il ne possdait aucunement la Nationalit Franaise et fortiori, n'avait jamais vcu avec ses parents Nice . Alors, arrtez de le nommer 'le Niois' car le terrorisme se sert effectivement de jeunes dsquilibrs pour frapper n'importe o !!!

Noureddine Khelassi

Bonjour Chantal Lustro. Dire que l'amant de l'apocalypse qu'il est "Niois", ne veut en rien signifier qu'il est Niois de souche ou franais de naissance ou mme d'adoption. C'est juste pour dire qu'il est de Nice, qu'il y rside, comme moi-mme suis d'Alger sans y tre forcment n. Lorsqu'on dit par ailleurs les Parisiens, la rfrence renvoie ses habitants tout simplement. On dit a par commodit de langage comme vous le savez. Pour le reste, merci pour vos apprciations positives au sujet de mon article. Et je vous souhaite une