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Culture | Par A. Lemili | 09-03-2017

Lecture, théâtre et enfance

Une distanciation occultée

Un cadre du ministère de la Culture aurait recommandé aux parents la lecture et le théâtre comme source d’épanouissement. Ce qui est presque une lapalissade dans la mesure où cette réalité remonte à la civilisation grecque. Mais faudrait-il pour autant prendre pour argent comptant ce qui est préconisé par ce département gouvernemental sachant qu’à chaque fois que le maroquin concerné est occupé par un nouveau ministre aussi bien celui-ci que ses collaborateurs se pressent de «distribuer» recommandations sur recommandations à la seule nuance qu’ils ne semblent pas connaitre la réalité du terrain et plus particulièrement les réalités sociales et éducatives.

Un cadre du ministère de la Culture aurait recommandé aux parents la lecture et le théâtre comme source d’épanouissement. Ce qui est presque une lapalissade dans la mesure où cette réalité remonte à la civilisation grecque. Mais faudrait-il pour autant prendre pour argent comptant ce qui est préconisé par ce département gouvernemental sachant qu’à chaque fois que le maroquin concerné est occupé par un nouveau ministre aussi bien celui-ci que ses collaborateurs se pressent de «distribuer» recommandations sur recommandations à la seule nuance qu’ils ne semblent pas connaitre la réalité du terrain et plus particulièrement les réalités sociales et éducatives.

Ainsi, de Khalida Toumi à Mihoubi en passant par tous ceux qui ont transité dans ledit département ministériel, et à chaque fois, la lecture, le théâtre, sinon les deux associés, autrement dit le théâtre à l’école, ont été annoncés, conclus par la signature de conventions de partenariat sans que jamais les engagements pris n’aient été suivis d’effet. Nous avons ponctuellement évoqué à travers les colonnes du journal les rapprochements entre les ministères de l’Education et de la Culture et les conclusions finales des différents accords, lesquels, faut-il le souligner, n’ont été en fait qu’un parfait traçage de plans sur la comète.

Depuis l’antiquité tout document écrit a donné ce qui s’est fait de mieux au théâtre et qu’il s’agisse d’Homère, Eschyle, Aristophane, Théophraste, etc.

Heureux par voie de conséquence qu’en politique l’amnésie relève pratiquement de l’exercice national.  Par voie de conséquence, le département ministériel de la  Culture aura beau donner recommandations sur autres, les jours, les semaines, les mois et les années se suivront pour se ressembler en attendant l’arrivée d’un nouvel impétrant qui, convaincu de son propre programme, estimera en son for intérieur que son prédécesseur avait en réalité tout faux. Il faudrait juste rappeler qu’au lendemain de l’indépendance et jusqu’à la fin des années 1980 la lecture et le théâtre relevaient d’attitudes intellectuelles naturelles chez les jeunes. Il est vrai que les théâtres étaient ouverts aux populations et que le livre parce que soutenu par l’Etat revenait moins cher qu’une bouteille d’huile de table. Ce qui n’est plus le cas, d’abord parce qu’il y a au début des années 1990 une rupture socioculturelle due d’abord à une première crise financière mondiale et par la suite à des évènements qui ont plongé le pays dans une tragédie passagère.

Le théâtre n’est pas une activité facile si celui qui aspire à y aller n’a pas de prédispositions naturelles pour ce faire. Le développement de son enseignement contribuerait effectivement à son développement. Il faudrait souligner que l’école est et restera le meilleur terreau pour tout comédien. En effet, dans les pays développés l’expression dramatique a pour but de développer chez les enfants leur disposition à jouer la fiction, de multiplier leurs capacités d’imagination,  leur sensibilité, leur désir d’expression. Elle (l’école) les aidera à développer leur potentiel expressif, la gestuelle, les relations avec les autres, leur sensibilité et faciliter leur intégration dans le groupe. Des principes à même de leur faire  découvrir les règles et les conventions du jeu théâtral, de  la scène, des personnages et surtout le public. Comment tout cela pourrait-il être imaginé, sauf exception, au sein de populations dont les préoccupations sont telles qu’elles les disqualifient «naturellement» de toutes autres considérations que celles urgentes parce que pratiquement existentielles. Un cadre bénévole d’un grand théâtre de l’Est du pays nous confiait, il y a quelques jours : «Mon vœu c’était justement d’introduire en masse les enfants au théâtre parce que tel que je les vois au dehors interpréter la vie quotidienne, je me dis que la scène est quasiment leur espace idéal, voire cet espace idéal qui aidera le théâtre à sortir de sa morosité. Malheureusement, cela n’est pas perçu de la même manière par ceux qui ont le pouvoir de décision au sein de la structure. En fin de compte, j’ai préféré partir et laisser tomber.»

A. L.

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