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Evénements | Par Hasna Yacoub | 12-03-2017

La 10e session du Conseil d’association s’ouvre demain à Bruxelles

La validation du document révisé de l’Accord Algérie - UE  attendue



Comme annoncé, il y a quelques semaines, par le directeur de la coopération avec l’Union européenne (UE) auprès du ministère des Affaires étrangères (MAE), Ali Mokrani, le document portant évaluation de l’Accord d’association entre l’Algérie et l’UE sera validé demain à Bruxelles. «Le Conseil d’association se réunira en mars prochain pour valider ce qui a été finalisé par les experts et les hauts fonctionnaires», avait indiqué M. Mokrani. Hier, le ministère des Affaires étrangères a annoncé dans un communiqué rendu public que le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Ramtane Lamamra, conduira la délégation algérienne qui prendra part à la 10e session du Conseil d’association Algérie-Union européenne (UE). Cette réunion sera coprésidée par M. Lamamra et la chef de la diplomatie de l’UE, Federica Mogherini. Ainsi, après avoir réussi à reporter le démantèlement tarifaire qui était prévu dans le cadre de l’Accord d’association avec l’Union européenne, l’Algérie a obtenu le principe de la révision de cet accord qui, faut-il le souligner, désavantage l’Algérie.

Lors de cette session annuelle de la plus haute instance de concertation et de dialogue politique instituée par l’Accord d’association, les deux partenaires disposeront d’une nouvelle occasion «pour passer en revue l’état et les perspectives des relations de coopération et de partenariat entre l’Algérie et l’UE et d’examiner les voies et moyens afin de leur impulser une nouvelle dynamique dans les différents domaines conformément à l’esprit et à la lettre de l’Accord d’association», a souligné le communiqué. Cette 10e session du Conseil d’association «revêt un caractère particulier en ce qu’elle est appelée à entériner le document final portant sur les conclusions de l’évaluation conjointe de la mise en œuvre de l’Accord d’association Algérie - UE». Elle «devrait donner, de ce fait, un signal fort en direction des opérateurs économiques quant à la ferme volonté des deux parties de saisir les nombreuses opportunités qu’offre l’Accord d’association en vue d’en faire un instrument au service d’un développement harmonieux et équilibré des relations de partenariat mutuellement bénéfique entre l’Algérie et l’UE», ajoute la même source.

Cette session «sera également l’occasion d’entériner le document final contenant les priorités conjointes de partenariat entre l’Algérie et l’UE définies au titre de cette politique à laquelle notre pays a décidé de participer après avoir pris part de façon active à sa révision».  Cette réunion «coïncide aussi, au plan bilatéral, avec la fin du cycle budgétaire 2014-2017 qui a consacré à notre pays plusieurs programmes d’appui sectoriels et thématiques engagés dans des domaines aussi importants que l’emploi, la formation, la justice et la diversification de l’économie nationale, ainsi que le lancement de nouvelles discussions en prévision de l’élaboration de la prochaine programmation financière pluriannuelle 2018-2020», relève le MAE. Il sera procédé, à cette occasion, à la signature de trois nouvelles conventions de coopération dans les domaines des énergies renouvelables, des réformes des finances publiques et de la poursuite de l’accompagnement de la mise en œuvre de l’Accord d’association d’un montant total de 40 millions d’euros au titre du Plan d’action 2017.

Il y a lieu de rappeler que le document de référence de l’Accord d’association révisé contient des lignes directrices pour centrer les relations durant les prochaines années, sur un rééquilibrage des intérêts économiques notamment sur la diversification de l’économie algérienne. Faut-il rappeler que la diversification de l’économie s’inscrit pleinement dans le cadre du nouveau modèle de croissance lancé par l’Algérie, et que l’énergie reste un secteur clé avec l’UE. D’ailleurs, une convention sur les énergies renouvelables devra être signée demain entre l’Algérie et l’UE. La pêche, la technologie, les ressources humaines, l’industrie et l’agriculture font partie des grands axes que l’Algérie a mis en place pour les développer en commun durant les cinq à dix prochaines années avec l’UE. Reste à savoir maintenant si lors des négociations qui s’ouvrent demain, l’UE va valider les propositions faites par l’Algérie. Rappelons que c’est en 2015 et après un exposé sur le partenariat Algérie-UE, que le Conseil des ministres avait considéré nécessaire de réévaluer les volets économique et commercial de l’Accord d’association avec l’UE. D’autant plus que cet accord n’a pas réalisé les objectifs attendus.

En effet, depuis 2005 jusqu’à 2015, le cumul des exportations algériennes hors hydrocarbures vers l’UE n’a même pas atteint les 14 milliards de dollars, alors que les importations algériennes auprès de l’UE se sont chiffrées à 220 milliards de dollars durant la même période. En termes d’investisseurs de l’UE en l’Algérie, seuls 316 projets d’une valeur de 7,7 milliards d’euros ont été réalisés par des investisseurs européens durant la période allant de 2002 à 2014. L’Accord d’association avait, pourtant, comme principal objectif de promouvoir les exportations algériennes hors hydrocarbures vers l’Europe et de développer les investissements européens en Algérie. Lors de la 9e réunion du Conseil d’association Algérie - UE, le ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, avait dit que «dans ce partenariat, l’Algérie a donné plus qu’elle n’a reçu». Lors de la visite de travail, en septembre dernier, de Mme Mogherini, les discussions sur la révision de l’Accord d’association mis en œuvre en septembre 2005, ont été lancées à la demande de l’Algérie. Pour le principe, l’Union européenne a signifié clairement son acceptation pour la révision de l’Accord. Néanmoins, celle-ci semble improbable, vu la réaction pour le moins surprenante de Mme Mogherini qui, malgré son soutien à la demande algérienne, est liée par l’impératif de défendre les intérêts de la communauté européenne. Cette dernière a appelé Alger à «mettre en place des réformes ambitieuses» pour bénéficier «pleinement» de ce partenariat, propos qui placent la partie algérienne de facto dans une mauvaise posture.

H. Y.

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