INFOS
Sport | Par A. Lemili | 12-03-2017

Football, discipline de la démesure

Anarchie dans le domaine des sports

Le football en tant que sport le plus populaire et l’attention particulière qui lui était accordée par les instances sportives nationales depuis une dizaine d’années, a vraisemblablement contribué à occulter non seulement les contre-performances sportives des autres disciplines mais surtout insidieusement aidé à installer une gestion initialement passive, complaisante et volontairement interlope par la suite. Ce qui a été justifié également à une date récente l’intrusion du ministère de la Jeunesse et des Sports dans le refus de candidature de certains présidents de fédérations. Faudrait-il alors s’étonner sur le fait que les présidents de clubs ne soient pratiquement plus élus par des assemblées générales, que leurs bilans passent comme une lettre à la poste parce qu’approuvés par des personnes qui n’appartiennent justement pas à l’assemblée générale, que les présidents de clubs prennent un club sans un sou dans les poches et le quittent riches comme Crésus, que majoritairement le football est pratiqué par des tocards, d’apprentis-entraîneurs, pseudo-dirigeants et des publics immatures ?




Depuis le quasi-échec de la délégation d’athlètes algériens aux derniers jeux de Rio, des langues se sont déliées, de mauvaises habitudes éventées, des responsables se disent outrés, d’autres plus placides n’admettent l’échec que sous un prisme, le leur. Les choses se sont par la suite tassées d’autant plus que rejoignant dans leurs propos le chef de la délégation, le président du Comité national olympique, le ministre de la Jeunesse et les Sports a comme classé l’affaire en évacuant du revers de la main toute enquête administrative sur ce qui s’était passé au Brésil.

Toutefois, les évènements qui se sont additionnés de jour en jour depuis les premiers couacs, leur médiatisation parfois exagérée et à la limite de la désinformation ont inauguré une rupture relationnelle entre les responsables, les athlètes et une opinion publique lassée de prendre à l’infini des vessies pour des lanternes. La réaction mitigée des pouvoirs publics a, quelque part, contribué, si l’expression est de circonstance, à l’émergence de résistances, voire d’attitudes négatives au sein de l’ensemble du microcosme sportif à telle enseigne qu’athlètes en activité et à la retraite ont fait fi des valeurs sportives et morales en ajoutant au désordre existant par des déclarations intempestives et parfois irresponsables. Ce qui parfois n’était pas dénué de vérité sachant que le délitement qui frappait le secteur des sports, toutes disciplines confondues n’était pas nouveau.

En réalité, le secteur n’avait récolté que ce qu’il avait semé. En effet, ne corrigeant pas la trajectoire depuis plus de deux décennies, l’Etat ou le département ministériel qui en est l’expression n’était pas en mesure de s’immiscer dans n’importe quelle discipline au nom de la supranationalité des Fédérations internationales et plus particulièrement du retour de flamme qui pouvait s’en suivre telles les mesures de rétorsion en cascade : suspension, radiation, etc.

Le récent incident entre le président de la FAF et le ministre de la Jeunesse et les Sports en est le meilleur exemple notamment après la sortie médiatique musclée d’un cadre de la fédération à l’endroit d’un grand commis de l’Etat en l’occurrence le ministre de la Jeunesse et des Sports et plus paradoxal encore le rétropédalage de celui-ci auquel il ne manquait presque plus que de s’excuser. Ses spin-doctors lui ayant sans doute rappelé l’affaire Saïd Amara et l’intrusion énergique, voire les menaces de la Fifa.

En fait, même si les approximations du ministère de la Jeunesse et des Sports ne datent pas d’aujourd’hui, c’est surtout tant que tout semblait bien marcher, ce qui n’est d’ailleurs pas vrai,  son manque de présence effective à hauteur de l’ensemble des fédérations que lui confère le droit de contrôle que lui confèrent les lois intérieures.

Le football en tant que sport le plus populaire et l’attention particulière qui lui était accordée par les instances sportives nationales depuis une dizaine d’années a vraisemblablement contribué à occulter non seulement les contre-performances sportives des autres disciplines mais surtout insidieusement aidé à installer une gestion initialement passive, complaisante et volontairement interlope par la suite. Ce qui a été justifié également à une date récente, l’intrusion du MJS dans le refus de candidature de certains présidents de fédérations.

Faudrait-il alors s’étonner sur le fait que les présidents de clubs ne soient pratiquement plus élus par des assemblées générales, que leurs bilans passent comme une lettre à la poste parce qu’approuvés par des personnes qui n’appartiennent justement pas à l’assemblée générale, que les présidents de clubs prennent un club sans un sou dans les poches et le quittent riches comme Crésus, que majoritairement le football est pratiqué par des tocards, d’apprentis-entraîneurs, pseudo-dirigeants et des publics immatures.

C’est de cette association surréaliste que se sont installées les désormais nouvelles règles que la gesticulation des responsables, à quelque niveau qu’ils se situent et quelle que serait l’étendue de leurs attributions n’arrivera jamais à déboulonner. Ils partiront un jour forcément et seront remplacés par des personnes qu’ils auront entre-temps cooptées et comme le souligne bien le dicton les loups peuvent ne pas s’entendre mais «ils ne se battent jamais entre eux».

A. L.

Réactions (0)