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Sport | Par Malik Boumati | 12-03-2017

Ministère, fédérations, ligues, clubs, comité olympique…

Des débats transparents pour faire disparaître les coups bas



Le sport va mal en Algérie. Il va très mal. Les Fédérations sportives collectionnent les échecs et personne ne trouve à redire. L’Etat a longtemps épousé la position de l’attentisme, assimilée à du laxisme, alors que son action aurait pu sauver les meubles. Il est vrai qu’il y a une réglementation internationale qui interdit aux pouvoirs publics de s’immiscer dans la gestion des fédérations, mais l’Etat aurait pu agir au moins dans le sens du respect de la réglementation nationale qui a été foulée aux pieds pendant des années. La médiocrité dans le secteur des sports est tellement frappante que l’Algérie a été contrainte «d’importer» des joueurs pour former son équipe nationale de football.

L’inertie des pouvoirs publics a encouragé les coups bas et toute sorte de pratiques malsaines au sein des fédérations, mais aussi autour de toutes les instances en charge du sport. Particulièrement les structures qui présentent une certaine aisance financière, à l’instar de la Fédération algérienne de football (FAF) qui s’est enrichie grâce à la double participation aux Mondiaux de 2010 et 2014. Il s’est trouvé même des gens qui espéraient secrètement la défaite et l’élimination des Fennecs pour pouvoir s’attaquer au président de la FAF Mohamed Raouraoua. C’est très vil de la part de ceux qui sont censés réfléchir à la meilleure manière de développer le football en particulier ou le sport en général.

Toutes ces pratiques se passaient au moment où la qualité du championnat national poursuivait sa descente aux enfers, malgré l’introduction du professionnalisme intervenu il y a six années. Pendant des années, les conflits de personnes empêchent des fédérations de fonctionner normalement. Des dissensions entre structures donnent une image hideuse du sport et des instances en charge du sport. Au même moment, le sport n’arrive toujours pas à relever la tête. A se relever de la médiocrité dans laquelle il a été noyé. C’est pratiquement le topo au niveau de toutes les Fédérations sportives, mais aussi au niveau des différentes ligues. Les accusations sont lancées de toutes parts. A croire les déclarations des uns et des autres, tout le monde est responsable de l’échec sportif national, mais en même temps personne n’a de responsabilité dans cet échec.

Mais ce qui fait le plus mal au sport algérien, c’est l’opacité qui caractérise cette lutte pour les postes de responsabilité. Certains prétendants n’assument pas leur envie de devenir président de telle ou telle fédération. Il n’y a pas de débat public sur les intentions des uns et des autres. Sur les programmes des uns et des autres. Quand l’intention de briguer un poste n’est pas assumée, c’est naturel qu’aucun programme ne soit présenté. Et dans ce cas, il n’y a que les coulisses qui fonctionnent, avec généralement des coups bas dont sont victimes, non seulement les personnes ciblées, mais aussi les disciplines sportives concernées en particulier et la pratique sportive en général. Et dans ce genre de situation, les pouvoirs publics ont un rôle important à jouer, dans la mesure où ils ont les moyens d’imposer les débats publics transparents, comme garants de la bonne tenue de toutes les compétitions menant vers les postes de responsabilité. Parce que sans débat transparent, les coups bas se poursuivront et le niveau sportif continuera à flirter avec les profondeurs.

M. B.

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