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Sport | Par Kamel Amghar | 12-03-2017

Pour une relance pérenne du sport algérien

Chaque maillon doit se mettre à jour



Le sport algérien est en crise. Ses performances sont en net recul dans toutes les disciplines. La formation a été abandonnée. L'éthique et les bonnes valeurs sont foulées au pied. La mauvaise gestion s'est répandue à tous les échelons. Le manque de contrôle et le laisser-aller des pouvoirs publics sont à l'origine de cette déliquescence généralisée. Tous les acteurs du secteur dénoncent cette triste situation qui génère la violence dans les gradins, les combines et la corruption. Le mal, de l'avis de tous, a atteint un seuil intolérable. Le ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS) s'emploie à reprendre les choses en main pour stopper ce pourrissement.

En premier, la tutelle durcit le ton à l'endroit des Fédérations, jugées défaillantes dans l'utilisation des substantielles subventions qui leur sont allouées par l'Etat pour développer la pratique sportive, améliorer la qualité de la prise en charge des athlètes et former une élite nationale digne. En application des lois de la République en la matière, le MJS réclame des comptes précis aux fédéraux sortants et prient les responsables déficients à passer le flambeau à des successeurs motivés et plus compétents.

Les Fédérations, à leur tour, rejettent la responsabilité de l'échec sur les clubs et les associations qui auraient laissé tomber la détection de petits prodiges et polluer les compétitions nationales par des pratiques  suspectes. Les responsables des clubs se démarquent aussi en accablant les staffs techniques et les athlètes de tous les maux. Maillon le plus faibles, ces derniers sont poussés, au final, à la démission.

En principe, tous ces acteurs (tutelle, comité olympique, fédérations, ligues, clubs, associations, techniciens, athlètes) devraient travailler en symbiose pour donner au sport algérien une bonne relève et des performances à la hauteur de son histoire et de ses ambitions. Mais pour cela, il est absolument nécessaire que chaque partie s'acquitte convenablement de sa tâche, en motivant ses choix et en justifiant, au dernier centime, ses dépenses. La montée au créneau du MJS, en exigeant une gestion irréprochable des derniers publics, est un préalable à la relance durable du sport algérien. Cette obligation de résultat est une saine tradition que les Fédérations et les clubs  se doivent d'adopter aussi à leur niveau pour que les responsabilités soient clairement définies.

Revenant sur le processus d'évaluation menés par ses services à l'occasion du renouvellement des instances sportives nationales, le ministre de la Jeunesse et des Sports, Ould Ali El Hadi, a réitéré que l'opération a été faite conformément aux missions réglementaires dévolues à son département et que, dorénavant, le ministère procédera annuellement à ce contrôle. Il est dans ses droits de réclamer des comptes pour ramener les Fédérations à remplir pleinement leur rôle. Ces dernières ont été appelées à mettre en place des structures adéquates (un vrai collège technique, une commission de financiers spécialisés, un conseil de juristes pour veiller sur l'éthique…) afin de garantir un fonctionnement harmonieux, basé sur le savoir et un juste partage des responsabilités.

Les clubs et les associations ont aussi intérêt à faire appel aux spécialistes en toutes choses pour éviter de tomber si facilement dans les erreurs, asseoir la stabilité et entrer dans la modernité et l’efficacité. Cette reprise en main, à travers un meilleur accompagnement des Fédérations et des clubs, est indispensable pour sortir de l'improvisation et de l'amateurisme (au sens rétrograde du terme) qui clouent présentement tout le système sportif national.

Quand ses standards fondamentaux de gestion seront, enfin, respectés à tous les échelons de la hiérarchie, les acteurs du sport algérien pourraient travailler en symbiose et en bonne entente dans ces règles clairement établies. Alors, un responsable quelconque, passible d'une faute grave, aurait la décence de s'assumer et de se retirer. Aujourd'hui, on n'en est pas encore là. L'anarchie ambiante et la dilution de la responsabilité incitent les dirigeants les plus médiocres à rester, toute honte bue, en poste et continuent à dilapider impunément l'argent public. Il faut, tout d'abord, que tout un chacun soit mis au devant de ses responsabilités et rende des comptes pour ses actes et sa gestion.

K. A.

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