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Economie | Par Bahia Aliouche | 13-03-2017

Pour consolider la résilience du pays à la chute des cours du pétrole

L’État déterminé à substituer la production nationale à l'importation

Pour le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, aujourd’hui, importer pour importer n’est guère toléré. Cette anarchie dans le commerce extérieur n’a pas seulement fait saigner l’économie  nationale mais a, plus grave encore, paralysé l’appareil productif. C’est ainsi que moult mesures ont été mises en place dont l’instauration des licences d’importation. Des mesures louables, il reste seulement à réunir les conditions adéquates devant permettre aux opérateurs économiques de booster l’investissement productif



 

Les pouvoirs publics sont décidés à réduire de manière conséquente les  importations. Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal l’a bien indiqué, lors de la 20e  tripartite, tenue lundi dernier à Annaba : «Notre objectif en 2017 est de réduire à 30 milliards de dollars le volume de nos importations». Ainsi, après avoir ramené les importations de 66 milliards dollars en 2014 à 35 milliards dollars en 2016, le gouvernement Sellal compte, en 2017, poursuivre les efforts de rationalisation et encourager davantage la production nationale. Une politique économique «nouvelle» prônée par l’Etat après le choc pétrolier en 2014. Réduire les importations constitue ainsi l’un des remèdes pour consolider la résilience du pays à la chute des cours du pétrole. En clair, l’Etat a voulu en finir avec l’anarchie qui caractérise ce créneau. C’est ainsi qu’il a été décidé, en 2015, l’instauration des licences d’importation. Une décision rendue nécessaire par le manque de maîtrise des flux importants d'importations, alors qu’en parallèle les avoirs extérieurs du pays s’amoindrissent de plus en plus, résultat direct de l’effondrement des cours pétroliers.

Pour M. Sellal, aujourd’hui, importer pour importer n’est guère toléré. Cette anarchie n’a pas seulement fait saigner l’économie  nationale mais a, plus grave encore, paralysé l’appareil productif. Pour commencer, l’Etat a imposé aux opérateurs économiques les licences d’importation pour trois produits : les véhicules légers, le ciment et le rond à béton. En 2016, le contingent des véhicules a été fixé à 152 000 unités, alors que le nombre des véhicules importés en 2015 était de l'ordre de 300 000 unités (contre 439 637 unités en 2014). Ce contingent a concerné les véhicules automobiles pour le transport de dix personnes ou plus (chauffeur inclus), les véhicules de tourisme et autres principalement conçus pour le transport des personnes (y compris les voitures de type break et les voitures de course) et ceux servant au le transport de marchandises.

Concernant le contingent quantitatif du ciment portland gris, il a été fixé à 1,5 million de tonnes. Quant à l'acier rond à béton (comportant des indentations bourrelets, creux ou reliefs obtenus au cours du laminage ou ayant subi une torsion après laminage), son contingent a été fixé à 2 millions de tonnes.

Outre les véhicules neufs, le ciment et le rond à béton, les produits contingentés importés de l’Union européenne (UE), dans le cadre du système préférentiel conclu avec l’UE, sont également concernés par ce dispositif de licences d’importation. Il s’agit des produits agricoles et agroalimentaires, dont le montant avoisine le 1 milliard de dollars par an.

Outre les produits soumis, en 2016, au système de licence d’importation (ciment, voitures, rond à béton), d’autres vont s’ajouter, en 2017, à cette liste, selon le ministre de l’Industrie et des Mines, Abdesselam Bouchouareb.

Le lancement graduel de l'opération d'octroi des licences d'importation des différents produits soumis aux quotas a débuté hier. Leur attribution ne concerne, dans le premier temps que la banane. Le contingent quantitatif à l'importation des bananes a été  fixé à 90 000 tonnes. «En application des dispositions de l’article 9 du décret exécutif n° 15-306 du 24 Safar 1437 correspondant au 06 décembre 2015 fixant les conditions et les modalités d’application des régimes de licences d’importation ou d’exportation de produits et marchandises, il est ouvert, à compter du 11 mars 2017 à 8h00 jusqu’au 14 mars 2017 à 17h, à l’importation un contingent quantitatif de 90 000 tonnes de banane relevant de la sous position tarifaire 0803.90.10.00 ‘’ – – Autre’’, réparti en deux tranches de 45 000 tonnes chacune couvrant les deux premiers trimestres de l’année 2017», selon le communiqué du ministère du Commerce. Les quantités importées des bananes en 2016 s'étaient établies, rappelons-le, à 201 320 tonnes pour un montant de 142,3 millions de dollars, contre 247 027 tonnes pour 182,2 millions de dollars en 2015.

Par ailleurs, le site du ministère du Commerce n’a annoncé aucune date pour l’attribution des licences d’importation pour les véhicules.

Pour cette année, M. Sellal veut aussi réduire les importations, notamment dans l’électroménager. D’autant que de grandes quantités de produits électroménagers importés sont «non conformes» et «menacent la santé publique, causant dans de nombreux cas des décès», comme l’avait indiqué récemment le ministre de l'Habitat, de l'Urbanisme et de la Ville et ministre du Commerce par intérim, Abdelmadjid Tebboune, selon qui «le nouveau cahier des charges a fixé de nouvelles normes et exige à ce que tous les produits soumis à l'importation, soient conformes aux standards européens». Ces mesures sont louables, il reste seulement à réunir les conditions adéquates devant permettre aux opérateurs économiques de booster l’investissement productif.         

B. A.

  

 

 

 

 

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