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Théma | Par A. Lemili | 15-03-2017

Environnement et citoyenneté

Une société civile démissionnaire

Depuis une décennie, le gouvernement a graduellement réagi en prenant des mesures coercitives le cas échéant mais beaucoup plus d’autres incitatives à une prise de conscience citoyenne pour la protection de l’environnement. Les résultats ne sont en réalité pas visibles en raison justement de la persistance de la démographie accélérée, l’urbanisation fulgurante et surtout non maîtrisée, une industrie déconnectée de la culture écologique, une gestion du foncier non viable…, mais également et surtout en raison de la démission quasi-générale des représentants de la société civile dans un défi dont la dimension planétaire n’a jamais été aussi essentielle aux yeux des dirigeants de chaque pays. En effet, est-il besoin de rappeler que l’environnement, ce n’est pas uniquement le traitement des déchets au sens le plus simpliste qui lui est donné par la majorité des populations mais également tout ce qui touche à l’aménagement du territoire, la protection et la valorisation du littoral, du concept même de réalisation et d’aménagement de nouvelles cités, voire villes, de la gestion de l’eau, l’électricité, l’exploitation ou autrement dit les moyens pour ce faire des richesses du sous-sol (gaz et pétrole) l’énergie et tout ce qui pourrait leur être proposé comme substituts et/ou palliatifs.


Peut-on imaginer un seul instant une politique de l’environnement sans vraie… politique ? Il ne suffit pas en effet qu’un ministère réfléchisse et décide des voies, moyens et procédures de gérer la cité, au sens grec du terme, pour que la question soit considérée comme résolue.

Dans un pays développé, l’environnement ne peut-être autrement appréhendé que par un partenariat contributif de la société civile, quoi que celle-ci a désormais compris que cela ne suffit pas si celui-ci n’est pas pris en charge… politiquement. D’où dans les pays européens, le graduel glissement du civil vers le politique comme seul moyen d’être un partenaire fréquentable et qui surtout pèse effectivement dans la gestion politique générale. Or, il n’existe pas de formation politique algérienne dans ce sens et à l’exception de Génération Ecologie, un parti né dans l’euphorie de la loi portant multipartisme au début des années 1990 et qui d’ailleurs vivra le temps que vit la rose, il n’y a plus eu d’expérience dans le genre. Quant aux associations autant dire que même si elles existent, parfois à foison, dans de nombreuses wilayas notamment parmi les plus importantes, elles n’activent, dans leur majorité, et ne se sentent concernées que la journée durant laquelle est commémorée celle (journée) de l’arbre, de l’eau, de l’enfant et forcément de l’environnement. Elles peuvent se manifester exceptionnellement et ponctuellement par une campagne de reboisement…

Ce qui en soi explique l’omniprésence de l’administration ministérielle et par extension celle des pouvoirs publics locaux dans la gestion quasi-permanente de l’environnement encore que cette présence suractivée ne s’est jusque-là limitée qu’à celle du traitement des déchets et autres ordures qui pourrissent l’image des villes notamment celles surexposées ou seulement exposées à de tiers regards dans le sens où elles seraient éligibles au climat des affaires avec les pays européens en l’occurrence Alger, Annaba, Oran.

Mais pourrait-il en être autrement compte tenu de la démographie accélérée que connaît l’Algérie, l’urbanisation fulgurante et surtout non maîtrisée, une industrie déconnectée de la culture écologique, une gestion du foncier non viable, etc. ?

Depuis une décennie, le gouvernement a graduellement réagi en prenant des mesures coercitives le cas échéant mais beaucoup plus d’autres incitatives à une prise de conscience citoyenne pour la protection de l’environnement. Les résultats ne sont en réalité pas visibles en raison justement de la persistance sournoise des facteurs précédemment évoqués mais également et surtout en raison de la démission quasi-générale des représentants de la société civile dans un défi dont la dimension planétaire n’a jamais été aussi essentielle aux yeux des dirigeants de chaque pays. En effet, est-il besoin de rappeler que l’environnement ce n’est pas uniquement le traitement des déchets au sens le plus simpliste qui lui est donné par la majorité des populations mais également tout ce qui touche à l’aménagement du territoire, la protection et la valorisation du littoral, du concept même de réalisation et d’aménagement de nouvelles cités, voire villes, de la gestion de l’eau, l’électricité, l’exploitation ou autrement dit les moyens pour ce faire des richesses du sous-sol (gaz et pétrole) l’énergie et tout ce qui pourrait leur être proposé comme substituts et/ou palliatifs.

De ce magma, il est aisé d’évaluer la difficulté d’installer un cadre normal de gestion de l’environnement même s’il paraît plus facile pour les pouvoirs publics nationaux et locaux d’agir par la contrainte sur ceux qui ne respectent pas les mesures officiellement dictées par le gouvernement à l’image d’une fiscalisation à hauteur du degré de pollution, toutes natures confondues, ceci même si elle (pollution) n’a de fortes chances de se trouver des solutions qu’à travers un respect et/ou des engagements moraux, déontologiques et éthiques de l’ensemble des acteurs de la société.

En créant en 2007, le ministère de l’Environnement, l’Etat algérien a très nettement fait connaître ses intentions en la matière et le train de mesures officielles prises à partir de cette date ont permis à ce que le pays, même si les impacts ne sont pas visibles, de préserver l’essentiel de son environnement naturel et surtout de préserver l’intégrité physique et la santé de ses populations.

Il n’en demeure pas moins toutefois que si la société civile ne bouge pas, les pouvoirs publics locaux sont encore plus inertes dans le sens où malgré l’existence d’une batterie de textes législatifs, ces derniers persistent, et pour cause les exigences du pouvoir central, à privilégier ce qui officiellement constitue l’urgence, voire les urgences relatives au développement local et toutes les nuisances que cela laisse supposer.

A. L.

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