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Culture | Annaba / M. Rahmani | 16-03-2017

Tourisme culturel

Cette inertie qui tue

La promotion du tourisme passe d’abord par la culture, elle en est le premier vecteur et le premier pourvoyeur par le fait de son immatérialité et de son itinérance, n’étant pas ainsi soumise aux formalités.

Les destinations touristiques les plus prisées qui drainent des millions de visiteurs se servent de leurs cultures qu’ils mettent en avant pour séduire et attirer sachant que l’homme où qu’il soit en exprime le besoin. Ce besoin de voyages, de découvertes d’horizons nouveaux, d’autres ethnies et peuples, leur mode de vie, leur folklore. Les exemples où la culture sert de passerelle et attire sont légion, l’Egypte avec son histoire datant de plus de 5 000 ans, ses Pharaons, ses vestiges, ses pyramides, ses hiéroglyphes sa vallée des rois a de tout temps séduit. Même Napoléon Bonaparte est tombé d’admiration devant ces pyramides lors de sa campagne d’Egypte «Du haut de ces pyramides, 40 siècles de civilisation contemplent», avait-il lancé à ses soldats. C’est dire tout le respect et toute l’importance qu’il accordait à ces monuments témoins de l’Histoire. Champollion père de l’égyptologie avait réussi à déchiffrer les fameux hiéroglyphes, ce qui ouvrit la porte à des études plus poussées de l’Histoire de ce pays. L’Egypte est devenue aujourd’hui La Mecque des touristes du monde entier et chaque année ce sont des millions qui y font leur pèlerinage. La Grèce avec son histoire, sa culture, sa mythologie, sa célèbre Acropole, Persépolis en Iran, La Chine avec sa grande muraille, la France avec sa tour Eiffel, l’Irak avec la civilisation mésopotamienne, Hammourabi et ses tables de la loi et bien d’autres exploitent leur histoire et les vestiges encore debout pour d’une part «faire le plein» de touristes et d’autre part développer tout un éventail d’activités, festivals, conférences mais aussi l’artisanat  qui se trouve ainsi boosté par une demande croissante.

 

En Algérie, notre histoire antique est riche d’événements dont l’influence a dépassé les frontières mais cela n’a jamais été exploité auparavant pour enclencher une dynamique visant à l’essor et au développement du tourisme qui  est encore à l’état embryonnaire malgré les mesures prises par l’Etat visant à une refondation de ce secteur. Les responsables en place retranchés derrière leurs bureaux ne prennent pas d’initiative et ne s’y intéressent guère attendant «la nuit du destin» alors que les espaces culturels périclitent et sont menacés de disparition.

 

A Annaba, les lieux historiques qui pourraient servir de point de départ à la relance du tourisme ne manquent pas mais ceux-ci sont boudés, voire abandonnés. La vieille ville «la Médina» datant de l’époque ottomane avec ses ruelles, ses balcons, ses maisons de maître, son souk et ses places publiques, ses petits commerces et ses artisans est mise entre parenthèses vivant à l’écart de la ville moderne. Elle continue à survivre suivant son bonhomme de chemin ignorant superbement ces édifices en acier et en béton s’accrochant à sa tradition plus que millénaire.

 

Les ruines de l’Antique Hippone à l’entrée est de la ville sont quasi désertes, pas l’ombre d’un touriste, des vestiges envahis par les mauvaises herbes et que les phénomènes naturels tuent à petit feu au fil du temps. Le musée situé sur la colline toute proche, un  musée qui recèle bien des richesses, pièces archéologiques rares, statuettes et outils d’époque est lui aussi vide, on ferme comme on ouvre, rien ne s’y passe. La Basilique Saint Augustin, plantée sur un promontoire surplombant les ruines est, quant à elle, fréquentée par les fidèles et quelques touristes de passage à la recherche de leurs racines cultuelles.

 

Il n’y a pas eu à ce jour une quelconque promotion de ces sites culturels ne serait-ce que pour les habitants locaux pour lancer un tourisme domestique qui pourrait stimuler une activité et ainsi drainer plus tard des milliers de touristes. On continue à se complaire dans cette situation sans se soucier de ces biens qui peuvent pourtant être source de richesses et de relance locale

 

M. R.

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