INFOS
Culture | Par Sihem Bounabi | 16-03-2017

Exposition  de  l’artiste «Sneak» à découvrir jusqu’au 25 mars

«Sneacatacombes»,  univers multidimensionnel à découvrir en 3 volumes

Un deuxième volume de l'exposition se déroulera au Sous-marin le 18 mars  prochain à 14 heures, un rendez-vous incontournable pour découvrir  l’univers surprenant et fascinant de Sneak; dont le talent captive le regard, l’esprit et l’âme

La sacralité de l’art, du verbe, du mouvement de la ligne  dans la dimension moderne d’une urbanité dont  l’art est de transgresser  les carcans en quête de créativité régénératrice  sont au cœur de l’exposition-vente intitulée «Sneacatacombes»,  par l’artiste graphiste «Sneak» au café littéraire le «sous marin».

Sneak  de son vrai nom Amine Aitouche,  conjugue ses  talents dans les différentes disciplines de  graphisme,  de street art,  de calligraphie et sa passion de l’histoire et de la musique  pour offrir aux visiteurs  un voyages au cœur d’un univers inédits où l’art s’exprime dans ses différentes dimensions matérielles et spirituelles qui nous mène de l’Egypte antique, en passant  par l’art musulman jusqu’au tags moderne.

L’art de l’écriture  est également dans les  textes de présentation où l’artiste cisèle le verbe pour une prose en parfaite harmonie avec  son univers artistique. Ainsi il  écrits dans la page dédiée à l’événement, il souligne que «Depuis le crépuscule de la civilisation égyptienne et en mémoire de la grandeur de son règne, les pharaons ont creusé, bâti et retracent du coup de calames leurs ères immortelles. Ordonnant de graver chacun de leurs gestes, chacune de leurs pensées conjuguées à l'infini.» Il ajoute que «l’espace d’une fraction de seconde, les époques sont résolues, les tombes profanées et les trésors volés ! Seules la beauté et l'histoire qu’ont relaté ces scribes oubliés, avec la bénédiction de Thot, certaines sont restées intacte pour nous narrer d'une langue mystique les secrets de ces dieux humains. 5 000 ans plus tard, comme un voyage dans l'espace et le temps, un descendant de Shashnak le roi qui a vaincu les dieux du mystérieux désert d'Égypte, est ici, à Alger creusant sa catacombe. Pour cette fois le mot d'ordre est l’éphémère face aux perpétuelles 3 saisons de l’année égyptienne»

De Shashnak au Streets-art d’Alger

Dès lors, c’est tout naturellement que Sneak ; va écrire une partie de son histoire en se réappropriant  les mythes anciens,  pour écrire  sa propre histoire  à travers 12 toiles principales œuvres saisissantes. L’artiste à réussi à créer une véritable atmosphère digne des temples anciens, en optimisant l’espace du café littéraire «le sous-marin» transcender en temple artistique. Le lieu même où se situe le «sous marin», en sous-sol, est idéal pour refléter cette impression de catacombes, puis dans une galerie toute en longueur  où le sol est recouvert de sable, les toiles se révèlent l’une après l’autre, éclairée par des bougies  jusqu’à parvenir à l’installation d’une momie, ou des clins d’œil tel le spectre pharaonique  et la bombe aérosols d’égales à égales. Il rend  ainsi hommage à l'ouvrier en plaçant tel des offrandes funéraires des outils de construction au pied de la momie.  L’artiste a décliné ces toiles à travers les trois saisons qui marquent les fluctuations du Nil symbolisé à travers les camaïeux de bleu,  de vert et de jaune. Sur les toiles cohabitent des tags,  des graphismes, des divinités, des hiéroglyphes et de la calligraphie dans une symbiose déconcertante.   Il y a également la présence récurrente du doré, symbole du «raffinement absolu».

Sneak explique également que ces toiles sont  inspirées  de cette époque environnement où l’art était pratiqué par une élite, en l’occurrence les scribes à l'occasion des rituels pour accompagner les morts dans l'au-delà.

 Ainsi, il écrit dans la présentation du volume 1 inaugurée le 11 mars passé qu’«aujourd'hui, quelques pas en arrière face à mon ancêtre, j'aperçois derrière lui un monde, sous un règne chiffré, maudit par l'abstraction des esprits, où nombreux ont écrit en vain des commandements indispensables pour une compréhension meilleure de l'existence, oubliés et que seul le temps s'en souvient, les invoquant et l'ère où le verbe dessinait et se faisait dessiner aux pieds des morts, loin des étoiles, des saisons et du delta ... Aux catacombes des scribes».

 

Contrasté les extrêmes pour créer l’harmonie 

Les œuvres de l’artiste  sont toutes imprégnées de cette valse entre passé et présent entre perfection et débordement entre sacralité et sacrilège.

Sneak  explique  à propos des contrastes omniprésents que  «L'approche du contraste me vient de la nécessité de reconnaître un extrême pour en mettre en valeur un autre, ce qui permet une harmonie constante et alternée entre des éléments opposés, par exemple le statique et le mouvementé j'ai alterné entre les hiéroglyphes qui ont une allure symbolique figée représentés par des objets stylisés plus ou moins reconnaissables et la calligraphie en freestyle a l'allure mouvementée et abstraite, on y retrouve deux contrastes, le fixe et le mobile, l'abstrait et le reconnaissable». Il poursuit en précisant que  «la même chose s'applique sur les autres composantes des œuvres proposées, les fonds houleux qui se dégagent de l'imperfection sont des graphiques abstraits que j'ai contrasté avec de la calligraphie plus au moins soignée et régulière. Idem entre la figure et le signe. C'est pour moi la même approche de ne pas peindre avec du noir sur du noir».

Cette démarche de traverser les siècles, ou la course du temps est figée dans des œuvres intemporelle et également illustrées par la répartition de l’exposition qui se décline en trois volumes. Ainsi l’artiste graphiste  présente un univers à plusieurs dimensions  où le travail sur l’espace est renforcé par le travail sur le temps.  Il souligne à cet effet que «pour les volumes, j'ai repris la même structure lunaire du mois, vu que j'ai travaillé sur la répartition du temps. Le vol 1 est le début du mois. Le volume 2 sa moitié et le volume 3 c'est la fin du mois et la clôture de l'exposition»

 Artiste urbain, il est diplômé de l'Ecole supérieur des Beaux-arts d'Alger. Il a participé à plusieurs expositions collectives à Alger et pris part à plusieurs événements internationaux en France et en Espagne, en particulier.

Il est à préciser que Sneacatacombs, sa première exposition individuelle  est en place jusqu'au 25 mars prochain et qu’un deuxième volume de l'exposition aura lieu au Sous-marin le 18 mars a 14 heure. Un rendez-vous incontournable pour découvrir  l’univers surprenant et fascinant de Sneak qui au-delà d’une exposition  d’œuvres picturales, convie les visiteurs à un voyage multidimensionnel à travers l’espace et le temps où chaque élément des différentes expressions artistiques, aussi paradoxales soit-elle,  se complète avec harmonie pour que la magie opère et captive le regard, l’esprit et l’âme.  

 

S. B.  

Réactions (0)