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Sport | Par Kamel Amghar | 19-03-2017

Une nouvelle ère s'ouvre pour le football africain

Le nouveau président de la CAF a du pain sur la planche

Ahmad Ahmad, l'ex-président de la Fédération malgache (FMF), a été élu, jeudi dernier à Addis Abeba, nouveau président de la Confédération africaine de football (CAF) pour un mandat de 4 ans. Il a battu à plate couture le tout-puissant Issa Hayatou, qui postulait pour son huitième mandat successif. Sur les 54 voix de l'assemblée générale élective, le nouveau patron du foot africain en a obtenu une majorité écrasante de 34 votes favorables pour évincer le vieux camerounais qui a régné sans partage sur cette puissante instance durant 30 années d'affilée. Désormais, une ère nouvelle s'ouvre pour le sport-roi en Afrique.

Ahmad Ahmad, l'ex-président de la Fédération malgache (FMF), a été élu, jeudi dernier à Addis Abeba, nouveau président de la Confédération africaine de football (CAF) pour un mandat de 4 ans. Il a battu à plate couture le tout-puissant Issa Hayatou, qui postulait pour son huitième mandat successif. Sur les 54 voix de l'assemblée générale élective, le nouveau patron du foot africain en a obtenu une majorité écrasante de 34 votes favorables pour évincer le vieux camerounais qui a régné sans partage sur cette puissante instance durant 30 années d'affilée. Désormais, une ère nouvelle s'ouvre pour le sport-roi en Afrique.

Entraîneur de carrière, le nouveau président a déjà occupé plusieurs hautes fonctions dans son pays avant de se faire introniser à la tête de la CAF. Il a dirigé, bien sûr, la FMF, avant d'être nommé secrétaire d'Etat aux sports, puis ministre de la Pêche. Il est actuellement sénateur et vice-président du Sénat à Madagascar. A l'évidence, Ahmad Ahmad affiche un CV plus étoffé que celui de son prédécesseur et compte agir en connaissance de cause pour réformer la CAF et développer le football africain.

En plus de la compétence et de l'intégrité prêtées à sa personne, Ahmad Ahmad a également bénéficié du vent de changement et de réforme qui avait précédemment emporté Josph Blatter (Fifa) et Michel Platini (Uefa). La corruption et la gestion mafieuse des instances du football mondial ont, pour rappel, suscité l'immixtion énergique de la justice dans nombre d'Etats pour réclamer des comptes à ces anciens responsables. Poursuivis en Suisse, aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, le réseau de Blatter, constitué de plusieurs autres «dignitaires» des instances continentales, siégeant à ses côtés au Comité exécutif de la Fifa, ont été pris en flagrant délit et défaits. De sérieux soupçons pèsent sur Issa Hayatou et d'autres dirigeants encore en fonction.

Cet air de démocratie et de transparence a, donc, lourdement pesé dans la consécration du Malgache qui a fait de la transparence et de la décentralisation de la décision son cheval de bataille électorale. Dans son programme, le nouvel «homme fort» de la CAF propose plus place aux présidents des Fédérations (membres du Conseil confédéral), en réduisant les prérogatives hégémoniques, accordées jusque-là au Comité exécutif. Ainsi, il voudrait que les pays organisateurs de diverses compétitions continentales soient désignés au vote à bulletins secrets par les membres du congrès (assemblée générale) et non par l'Exécutif comme c'est le cas aujourd'hui. Il promet aussi de la transparence et de la clarté dans la cession des droits TV et la passation de contrats de sponsoring. Ce dernier point suscite l'ire de millions de fans à travers le contient, fâchés par les coûts exorbitants des droits de diffusion des compétitions africaines qui, curieusement, plafonnent loin au-dessus de ceux réclamés pour la retransmission du Mondial ! L'exclusivité de ses droits a été réservée, faut-il le souligner, par Hayatou et son cercle proche, dans l'opacité totale, au groupe français Lagardère jusqu'en 2028 ! Résultat : les peuples africains sont, de fait, exclus de leurs propres compétitions sportives. A telle enseigne que l'Union africaine (UA), lors de sa dernière session ordinaire, a mis l'accent sur cette triste réalité.

La transparence promise par Ahmad Ahmad se vérifiera, d'abord, à ce niveau justement. Le nouveau patron de la CAF ne peut échapper à cette question qui taraude des dizaines de millions d'Africains. Lors de la prochaine CAN, qui aura lieu au Cameroun en 2019, le problème se posera inévitablement à nouveau. Ahmad Ahmad devrait penser à éplucher tous ces dossiers lourds, encore en vigueur, et épurer parfaitement la situation pour être à la hauteur des espérances qu'il incarne. Sinon, son mandat risque d'être «sapé» par ces affaires scabreuses que la CAF traîne comme un boulet au pied. La transparence dans la gestion des affaires, l'implication et la responsabilisation de tous les membres la CAF, l'investissement dans la jeunesse et le respect scrupuleux de l'éthique sportive sont les quatre valeurs indispensables à l'essor véritable et à la promotion du football africain.

Tous les pays du contient noir, dont l'Algérie, attendent beaucoup de cette nouvelle ère qui s'ouvre à la CAF. Ahmad et ses collaborateurs n'ont pas le droit à l'erreur. A coup sûr, ils n'auront pas toute l'indulgence accordée à leurs prédécesseurs et seront sévèrement jugés sur leurs actes. Autres temps, autres mœurs.

K. A.

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