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Sport | Par A. Lemili | 19-03-2017

Reconfiguration de la Confédération africaine de football

CAF : quelles prébendes pour l’Algérie ?

L’Algérie va-t-elle être livrée à elle-même en l’absence de représentant au sein de la Confédération africaine de football ? Cela ne peut pas se résumer ainsi, même s’il est toujours bon, voire conseillé d’en disposer au sein des institutions sportives pour influer un tant soit peu sur le cours des choses et/ou du moins jouer les sentinelles tant, sans conteste, il est réel que tout n’est pas clean dans le fonctionnement de structures dont la réputation de sanctuaire de la morale et des valeurs sportives est totalement galvaudée. Toutefois, cette démarche doit obligatoirement être reconstruite et non pas bâtie sur un homme, c’est-à-dire le ponctuel représentant algérien au cours d’un mandat, deux ou trois si nécessaire, mais sur l’importance de ses autres représentants que sont les compétitions d’abord et leur qualité, celle (qualité) de leurs représentants lors des manifestations sportives respectives, de la sélection nationale et enfin du poids politique du pays concerné, d’abord sur le plan continental mais aussi mondial

Au cours de ces dix dernières années, il a beaucoup été dit de l’influence du poids de la voix algérienne au sein de la Confédération africaine de football, voire également au niveau de la Fédération internationale. «On» n’hésitait pas à dire ici et là également que cette voix avait l’oreille du président Hayatou, comme elle était loin d’être ignorée dans les travées de la Fifa compte tenu de l’activité hors norme du représentant algérien pour ne pas citer Mohamed Raouraoua. Dans ces mêmes colonnes, nous avons évoqué un certain temps l’obligation de faire partie des groupes d’influence pour ne pas dire des lobbies pour espérer avoir droit à être pris en considération. C’est ce qu’avaient compris les dirigeants algériens mais finalement sans trop accorder une réelle importance à ce qui semblait être une nécessité et non pas à quelque chose de ponctuel qui ne sera plus si pour une raison ou une autre il y a rupture de la chaîne.

Plus que jamais la question se pose aujourd’hui, Raouraoua n’est plus président de la FAF et au micro de nos confrères de la Chaîne III de la Radio algérienne n’avait pas hésité à dire son désir de préserver le siège qu’il occupait au sein du comité exécutif de la Confédération africaine après avoir abandonné celui occupé à la Fifa. Toutefois, celui qui allait devenir le mal-aimé des Algériens, n’était pas certain de son fait dans la mesure où il déclarait au cours de l’entretien précédemment évoqué qu’aux yeux de l’opinion continentale «… Les médias algériens avaient assassiné sa candidature».

A partir de maintenant, le nouveau président de la CAF est Ahmad Ahmad, d’emblée il est clair pour celui-ci de faire le ménage autour de lui et ceci à commencer par tout ce qui pourrait avoir un quelconque lien avec son prédécesseur. L’élection de Faouzi Lekdjaâ, le Marocain à une très large différence de voix (41 contre 7) témoigne, on ne peut mieux, des distances prises par anticipation par la majorité acquise au Malgache par rapport à la minorité-vestige d’Issa Hayatou.

L’Algérie va-t-elle être livrée à elle-même en l’absence de représentant au sein du système ? Cela ne peut pas se résumer ainsi même s’il est toujours bon, voire conseillé d’en disposer au sein des institutions sportives pour influer un tant soit peu sur le cours des choses et/ou du moins jouer les sentinelles tant, sans conteste, il est réel que tout n’est pas clean dans le fonctionnement de structures dont la réputation de sanctuaire de la morale et des valeurs sportives est totalement galvaudée. Toutefois, cette démarche doit obligatoirement être reconstruite et non pas bâtie sur un homme, c’est-à-dire le ponctuel représentant algérien au cours d’un mandat, deux ou trois si nécessaire mais sur l’importance de ses autres représentants que sont les compétitions d’abord et leur qualité, celle (qualité) de leur représentants lors des manifestations sportives respectives, de la sélection nationale et enfin du poids politique du pays concerné d’abord sur le plan continental mais aussi mondial.

Sans avoir l’insidieux besoin de tirer sur l’ambulance, il y a lieu de rappeler que durant le «règne» du précédent président de la CAF, il a fallu certainement beaucoup de doigté à Mohamed Raouraoua pour arriver à «plaire» à un Hayatou foncièrement calculateur, imprévisible dans ses réactions, vindicatif, rancunier à telle enseigne que l’avenir d’un club, d’une sélection nationale pouvait ne relever que d’une question d’humeur.

Néanmoins, tout cela ne se fait pas sans appuis connexes à commencer par la nécessité de disposer d’une bonne organisation de la discipline sur le plan interne, c’est-à-dire de disposer d’un bon championnat national, de structures d’accompagnement qui fonctionnent aux normes à commencer par celles directement rattachées sinon hiérarchiques de la discipline telles les ligues, la fédération, les commissions… Comme il serait loisible, voire même impératif d’avoir une institution nationale, et c’est heureusement le cas depuis quelques temps du ministère de la Jeunesse et les Sports, qui veille sur leur bon fonctionnement.

Nonobstant toutes ces considérations, il ne faudrait pas oublier néanmoins qu’en tant que membre de la CAF, l’Algérie est en droit de se faire entendre par les moyens légaux lors des assemblées générales ordinaires et autres.

S’agissant enfin des attentes légitimes des pays membres, le nouveau président se dit conscient et les résument par d’abord son intention de marquer une rupture par rapport au passé soulignant sa capacité à «répondre aux fortes attentes du terrain, sur le besoin de changement, de renouveau. Une refondation de la CAF s'impose. Nous avons longuement réfléchi sur une gestion moderne, dynamique et transparente de la CAF qui place les associations nationales au cœur de toutes nos initiatives. Des contrôles d'éligibilité et d'intégrité seront exigés pour tous les dirigeants de la CAF, les structures permanentes seront repensées, les procédures et lourdeurs administratives allégées. Tout cela avec l'implication d'un Collège spécial des présidents (CSP) qui se réunira 2 fois par an».

A. L.

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