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Economie | Par Bahia Aliouche | 20-03-2017

En dépit des efforts consentis pour améliorer l’environnement des affaires

Les freins à l’investissement demeurent nombreux    

Face à l’étendue des enjeux des PME dans le développement économique du pays, il est plus que jamais nécessaire de lever toutes les contraintes et les handicaps structuraux qui pèsent sur leur épanouissement. Un défi que les autorités ont tenté de relever depuis des années sans vraiment atteindre les objectifs escomptés. Des mesures et des actions demeurent et doivent être entreprises, puisqu’il existe un potentiel énorme de nouveaux porteurs de projets

Des efforts sont en train de se déployer, depuis ces dernières années à l’effet d'impliquer la petite et moyenne entreprise (PME) dans le développement de l'économie nationale. Néanmoins, il s'avère clair que l'environnement des affaires en Algérie demeure hostile à leur développement. L'entreprise algérienne souffre ainsi d'une panoplie de freins ne lui permettant pas d'évoluer dans son domaine d'activité. Des freins majoritairement liés aux incertitudes concernant le marché, difficultés d'accès notamment aux financements, lourdeurs administratives, au secteur informel...

L’administration continue à entraver l’investissement

La bureaucratie et les lourdeurs administratives figurent ainsi parmi les principaux obstacles qui entravent le bon déroulement du processus de création d'entreprise en Algérie où l'administration reste un passage obligé pour tout investisseur pour avoir des autorisations. Toutefois, les investisseurs se plaignent de la lenteur des procédures et des documents demandés. Chose qui freine l'élan de l'investisseur voulant réaliser son projet dans les meilleurs délais.

Les chefs d'entreprises, les organisations patronales, sans omettre les jeunes promoteurs n'ont cessé de tirer la sonnette d'alarme sur l'impact négatif de ce fléau sur l'évolution de l'entreprise, mais en vain. Le Premier ministre, Abdelmalek Sellal n'a pas cessé, lui aussi, d'appeler les responsables locaux à adopter une approche économique et non pas administrative dans la gestion des projets d'investissements. Mais en dépit de ces appels, la bureaucratie constitue toujours une pierre d'achoppement aux investisseurs aussi bien nationaux qu'étrangers. Moult propositions ont été émises par le patronat national à l'effet de débureaucratiser l'acte d'investir. L'on cite la proposition du président de la Confédération nationale du patronat algérien (Cnpa), Mohand-Saïd Naït Abdelaziz, selon qui «la bureaucratie est davantage un problème de gouvernance de l'économie». Pour y remédier, il est ainsi nécessaire de passer par «la mise à niveau de l'administration», suggère M. Naït Abdelaziz.

L’accès au financement, la bête noire de l’entreprise

Depuis 1990, des évolutions considérables ont été enregistrées dans le secteur bancaire. Toutefois, il n’en demeure pas moins que beaucoup reste à faire notamment en matière de conditions de financement des activités économiques nationales, du fonctionnement de notre marché financier ou encore de la relation reliant l’entreprise à la banque.

Les chefs d’entreprises ne cessent de se prononcer sur ce point épineux en dénonçant la difficulté et parfois l’inexistence d’accès au financement. Ces entrepreneurs soulèvent, entre autres, la question des garanties demandées lors d’une opération de demande de crédit. Ils trouvent, extrêmement exagéré de demander des garanties qui dans des cas atteignent 170% du coût du projet.

Selon un expert financier, l’absence d’un système bancaire concurrentiel, a fait de l’accès aux financements une des contraintes les plus ardues qui entravent aujourd’hui, l’investissement. De l’avis de cet expert, les banques algériennes publiques dont les actifs sont détenus à 100% par l’Etat, et dont la mission est de financer les investissements publics et privés pour relancer la croissance économique, peinent à atteindre leur pleine efficacité.

D’où sa proposition de discriminer positivement l’investissement productif pour accompagner l’investisseur.

Un autre expert pense lui, que le crédit bancaire reste l’unique source de financement des projets d’entreprise, alors qu’il existe d’autres formes de financement plus adaptées, à l’image du financement via le marché boursier. Toutefois, le marché boursier, est aujourd’hui, peu développé.

L’informel à l’origine de la hausse du taux de mortalité des PME 

Alors que les sociétés légalement constituées sont tenues de respecter scrupuleusement les lois en vigueur en déclarant leurs chiffres d’affaires, leurs travailleurs, en payant leurs impôts et autres charges, les entreprises informelles esquivent elles, à toutes ces lois et règlements, ouvrant ainsi la voie à une concurrence déloyale qui finira par décourager, les entreprises enregistrées au registre de commerce.

La compétition de l’informel est, non seulement, à l’origine de milliers de faillites mais, plus grave encore, de l’hésitation de très nombreux entrepreneurs, à se lancer dans les affaires légales.

Selon les estimations d’experts, l’économie informelle priveraient le pays d’environ 30 000 nouvelles naissances d’entreprises légales et feraient disparaître entre 40 et 45 000 petites et moyennes entreprises en activités, chaque année.

Aujourd’hui, pour éviter la faillite ou le changement d'activité, il est prévu une stratégie de développement des PME par la triptyque «création-développement-perennité», et ce, au titre de la nouvelle loi d'orientation sur le développement des Petites et Moyennes entreprises (PME).

Selon le ministre de l'Industrie et des Mines Abdesselam Bouchouareb, l’objectif escompté est de soutenir ces entreprises à différentes étapes de leur vie.

Cette stratégie, selon M. Bouchouareb, implique la mise en place d'un système de protection qui aide les PME à travers l'accompagnement et non par le refinancement, ce qui permet d'éviter la faillite ou le changement d'activité. Mieux encore, cette stratégique devrait permettre à la PME d’apporter sa pleine contribution dans la construction d’une économie tournée résolument vers les défis majeurs qu’impose le nouveau contexte économique. Néanmoins, l’Etat devrait accélérer la cadence pour ouvrir la voie à la PME à se déployer.     

B. A.

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