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International | Par Moumene Belghoul | 21-03-2017

Agression israélienne, interventionnisme des Turcs, influence des Américains

Syrie : jeu d’échec entre puissances

La riposte de la défense syrienne aura été d’ailleurs considérée comme une évolution qualitative dans la guerre déjà ancienne contre l’ennemi israélien. Les menaces de Netanyahu et de Libermann de détruire les systèmes de défense syrienne démontrent qu’Israël ne s’attendait guère à une telle réaction. Le fait que Moscou ait convoqué l’ambassadeur israélien pour des explications sur cette agression, une première dans l’histoire, est également une évolution remarquée dans le rapport hérissé de ces puissances en jeu dans une Syrie particulièrement fragilisé par sept ans de guerre

La crise syrienne tend à devenir de plus en plus complexe au fil des années, s’ouvrant à d’autres transformations. Les dernières évolutions sur le terrain donnaient l’air d’un début de victoire du camp syrien avec ses alliés et l’esquisse de la gestion de l’après-guerre selon les règles de la partie victorieuse. Mais les nombreux adversaires de la Syrie ne semblent pas vouloir l’entendre de cette oreille. La situation dans le nord du pays particulièrement dans les zones kurdes, le long de la frontière avec la Turquie, constituent à l’évidence le théâtre d’un bras de fer géostratégique d’une grande ampleur qui peut être visible aujourd’hui sur le terrain. L’intervention de l’armée turque à l’intérieur du territoire syrien, sans nul doute avec un accord tacite avec Moscou, constitue déjà élément de tension à part. Ankara acteur important dans cette tragédie syrienne n’entend pas rester loin des évolutions de cette zone qui la concernent directement. Le gouvernement Erdogan, en difficulté sur le plan interne dans son objectif de mener à bien le référendum sur le système politique turc, place ses pions dans l’échiquier régional. Tant en Syrie qu’en Irak ou également les zones kurdes sont au cœur d’un bras de fer et de lutte d’influence entre différents acteurs. Au même moment les Américains, pour qui la question kurde relève également de la stratégie, sont passés du soutien logistique indirect et discret à une présence militaire plus visible. Les images des blindés portant drapeau américain circulant dans les zones kurdes ne sont pas passées inaperçues aux yeux des observateurs. Même si les Américains affirment que ces blindés de type SUV sont livrés aux forces kurdes les fameuses «forces démocratiques syriennes»  FDS, il est évident que ce soutien visible tend à faire passer certains messages aux autres acteurs, dont la Turquie et la Russie.

Israël au secours de Daech

Alors que Damas tente de reprendre les choses en mains sur son territoire, Israël n’hésite point à violer l’espace aérien et procéder à des agressions en territoire syrien. La dernière en date semble avoir évoluée différemment. Quatre avions israéliens ont violé l'espace aérien via le territoire libanais et bombardé près de Palmyre. L'armée gouvernementale syrienne a annoncé avoir abattu un des avions de combats israéliens en question. La riposte de la défense syrienne aura été d’ailleurs considérée comme une évolution qualitative dans la guerre contre l’ennemi israélien. Les menaces de Netanyahu et de Libermann de détruire les systèmes de défense syrienne démontrent qu’Israël ne s’attendait guère à une telle réaction. Le fait que Moscou ait convoqué l’ambassadeur israélien pour des explications sur cette agression est également une évolution remarquée dans le rapport hérissé de ces puissances en jeu dans la région. L'armée gouvernementale syrienne a réaffirmé «sa détermination à faire face à toute tentative d'agression par l'ennemi sioniste contre n'importe quel point du territoire national». L’avertissement est on ne peut plus clair envers Israël qui jouie de l’impunité dans la région. Les différentes agressions de l’aviation israélienne ne sont jamais condamnées à l’international. Notamment par les puissances considérées comme les garants de la légalité internationale. Depuis six ans, jamais une agression israélienne en Syrie n’avait été aussi clairement revendiquée par l’Etat hébreu. Selon Damas, les quatre avions israéliens ont visé une «cible militaire» près de la ville de Palmyre, dans le centre du pays. Rappelons que Palmyre vient d’être libéré par l’armée syrienne des mains du groupe Daech. L’armée syrienne a répliqué à cette agression en tirant plusieurs missiles antiaériens, les avions israéliens ont fait demi-tour. La réaction de la Syrie a tellement étonné qu’Israël a déployé le système «Arrow». Il s’agit de la première utilisation connue de ce système de défense sophistiqué, utilisé pour contrer des missiles balistiques de moyenne portée à très haute altitude. Le système «Arrow 3» a été conçu avec les Etats-Unis et mis à disposition de l’Etat agresseur. Il vient s’ajouter à d’autres dispositifs, comme le Dôme de fer. Mais malgré ces capacités de défense renforcées ces dernières années et l’assistance des Américains, c’est les aptitudes du mouvement de résistance libanais Hezbollah qui alarment. Les agressions israéliennes contre la Syrie fragilisée par la guerre se sont multipliées ces derniers temps. Les observateurs et médias les plus objectifs l’on relevé depuis le début de la tragédie : Daech, Israël même combat.

R. I.

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