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Au fil des jours | Par A. Samil | 21-03-2017

Contre qui, le «complot» ?

Le successeur de l’inénarrable Amar Saâdani au secrétariat général du FLN se répand dans plusieurs de ses déclarations, depuis quelques jours, sur un «complot» fomenté contre l’Etat algérien par des… comploteurs. Et qu’il aurait déjoué, seul, grâce à son flair et à son passé de moudjahid condamné à mort par le pouvoir colonial pour son combat pour l’indépendance du pays. Arrivé à un âge où, en principe, on n’est plus quémandeur de glorioles qui ne sont rien, comparées à la reconnaissance que confèrent les souffrances endurées, Djamel Ould Abbès livre quelques éléments d’explication de la tentative de «pronunciamiento». En l’état, ces éléments se révèlent insuffisants pour comprendre ce qu’il s’est passé réellement et encore moins qui sont précisément les «conjurés». Il y aurait en effet une grande différence entre un «complot ourdi» par des personnes organisées à cette fin et pouvant donc disposer de ramifications et d’appuis dans les structures de l’Etat d’une part, et des éternels «fauteurs de troubles» se désignant eux-mêmes comme des «redresseurs, d’autre part».

Mais en essayant de mettre en perspective les indications éparses livrées par le secrétaire général du FLN, on parvient à comprendre que, globalement, le «complot» est en lien direct avec la confection des listes du parti majoritaire pour les législatives du 4 mai prochain. Djamel Ould Abbès n’ignore rien des turbulences chroniques qui agitent son parti et qui, depuis déjà le «coup d’Etat scientifique» de 1996 (et même bien avant) contre Abdelhamid Mehri, font partie du désordre entropique du parti du FLN. Que ce soit aux élections locales ou parlementaires, la sélection des candidats (toujours trop nombreux par rapport à l’offre) aux mandats donne toujours lieu à un rude crêpage de chignon avant que n’intervienne un arbitrage au sommet du parti qui calme le jeu… jusqu’à la prochaine joute. Voilà qui ne serait en somme qu’une agitation passagère tout à fait ordinaire dans la vie d’un parti politique. Du reste, le FLN n’est pas le seul à être confronté au redoutable cap de la validation des candidatures aux mandats électifs. La plupart des formations politiques subissent une même remontée de mécontentement de la base et des échelons intermédiaires. Certaines de ces formations accusent alors le pouvoir de manœuvrer pour les déstabiliser. Puis les choses rentrent dans l’ordre pour un réveil à l’approche d’une autre échéance.

Alors, complot contre Djamel Ould Abbès en tant que secrétaire général du FLN jouissant de la confiance du président Bouteflika, par ailleurs président d’honneur du vieux parti, ou complot contre l’Etat ? Dans la première hypothèse, rien que de très normal, dans la seconde, les services de sécurité intérieure et extérieure sont fondés à mener les investigations nécessaires et débusquer les «comploteurs» pour préserver la sécurité de l’Etat et, partant, la quiétude des citoyens.

Il reste la question, souvent évoquée par le secrétaire général du FLN, de la pratique installée dans le parti, consistant à monnayer en milliards de centimes les mandats électifs. Il semblerait, d’après ses dernières déclarations, que des barons de la «Chkara», qui avaient le vent en poupe sous l’ancienne direction, ont essayé de circonvenir son fils pour le discréditer lui, personnellement, en sa qualité de haut responsable politique. Si c’est de cela dont il s’agit, la solution la plus indiquée serait alors nécessairement judiciaire.

A. S.

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