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Evénements | Par Bahia Aliouche | 21-03-2017

Pour consolider la résilience de l’Algérie au choc pétrolier

Le FMI recommande une combinaison de politiques économiques

«L’Algérie devrait choisir une combinaison de politiques économiques qui facilite l’adaptation durable de l’économie au choc pétrolier, au moindre coût en termes de croissance et d’emploi», a déclaré le chef de mission du Fonds monétaire international (FMI) en Algérie, Jean François Dauphin, qui animait hier une conférence de presse dédiée à faire le point sur les résultats préliminaires des consultations de 2017 du FMI. M. Dauphin conduisait une délégation dans le cadre des visites annuelles menées dans les États membres du Fonds pendant lesquelles une évaluation de la situation économique et financière est faite et des mesures sont recommandées pour promouvoir la croissance et la stabilité économique, et ce, au titre de l’article IV.

«L’Algérie devrait choisir une combinaison de politiques économiques qui facilite l’adaptation durable de l’économie au choc pétrolier, au moindre coût en termes de croissance et d’emploi», a déclaré le chef de mission du Fonds monétaire international (FMI) en Algérie, Jean François Dauphin, qui animait hier une conférence de presse dédiée à faire le point sur les résultats préliminaires des consultations de 2017 du FMI. M. Dauphin conduisait une délégation dans le cadre des visites annuelles menées dans les États membres du Fonds pendant lesquelles une évaluation de la situation économique et financière est faite et des mesures sont recommandées pour promouvoir la croissance et la stabilité économique, et ce, au titre de l’article IV.

Lors de sa rencontre avec la presse, le chef de délégation du FMI a tenu d’abords à saluer les efforts consentis par l’Algérie à l’effet d’enrayer la baisse des cours du pétrole. Des efforts qui ont, selon lui, permis de rendre l’économie algérienne «résiliente»: «L’activité économique a été globalement résiliente», a indiqué M. Dauphin pour qui la croissance s’est toutefois ralentie dans le secteur hors hydrocarbures sous l’effet de la réduction des dépenses. Une réduction estimée en 2016 à 3,4%. Parmi les indicateurs qui sont passés au rouge, en 2016, le chef de délégation du FMI cite aussi le taux d’inflation qui a grimpé de 4,8% en 2015 à 6,4% en 2016. En janvier dernier ce taux s’est chiffré à 8,1%, en glissement annuel.

S’agissant des déficits budgétaires, le représentant du FMI estime qu’ils restent «larges», et ce, malgré un certain redressement des finances publiques. Les réserves extérieures du pays, bien qu’encore «abondantes», ont chuté de 30 milliards de dollars et se chiffrent actuellement à 113 milliards de dollars (hors DTS).

Pour faire basculer les indicateurs économiques du rouge vers le vert, l’Algérie, selon lui, poursuit ses efforts d’ajustement au choc pétrolier et a adapté un «ambitieux» plan de redressement des finances publiques pour la période 2017-2019. Selon le représentant du FMI, ce redressement devrait s’inscrire dans la durée. Car, explique t-il, «les cours pétroliers devraient rester bas et les réserves d’hydrocarbures ne sont pas inépuisables». Ainsi, il recommande, au titre du redressement des finances publiques, l’élargissement de l’assiette fiscale, grâce notamment à l’amélioration du recouvrement de l’impôt et à la rationalisation des exonérations fiscales. Autres recommandations: la maîtrise des dépenses courantes, le remplacement progressif des subventions à l’énergie. Sur ce dernier point, M. Dauphin dira: «Les ménages les plus riches sont ceux qui profitent des subventions à l’énergie.» Pour appuyer ses propos, M. Dauphin se réfèrera à des études selon lesquelles 20% des ménages démunis consomment six fois moins d’énergie que les 20% de ceux aisés». C’est pourquoi, selon lui, il est recommandé de diminuer «progressivement» ce type de subventions et les remplacer par les transferts sociaux destinés aux couches défavorisées, et ce, afin de réaliser, selon lui, un certain «équilibre social».

Toujours dans le chapitre des suggestions, M. Dauphin estime, que l’Algérie pourrait se permettre d’engager un redressement «un peu plus progressif» des finances publiques que ne le prévoit le budget à moyen terme. Et ce, en prenant en considération une gamme plus large d’options de financement y compris les emprunts extérieurs et la cession d’actifs publics. Améliorer le climat des affaires, renforcer la gouvernance, faciliter l’accès au crédit…, telles sont les réformes structurelles que devraient mener l’Algérie. «Il convient d’agir sans tarder, car il faut un certain temps pour que les réformes structurelles produisent leurs effets», a-t-il souligné avant d’ajouter : «Les politiques monétaires, financières et de change devront soutenir cet ajustement.» Selon le chef de mission du FMI en Algérie, la poursuite des efforts en vue d’aligner le dinar sur la situation fondamentale de l’économie, combinés à des mesures visant à la résorption du marché parallèle des changes, favoriserait l’ajustement budgétaire extérieur». Les conclusions préliminaires du FMI font aussi ressortir que le secteur bancaire est dans l’ensemble «bien capitalisé» et «rentable». Toutefois, selon M. Dauphin, le choc pétrolier a accru les risques de liquidité, de taux d’intérêt et de crédit. C’est pourquoi, selon lui, il est suggéré d’affermir le rôle de la politique macro prudentielle, de renforcer la gouvernance des banques publiques, mais aussi de mettre en place un cadre de résolution des crises». 

B. A.

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