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Brocante | Synthèse : A. Samil | 25-03-2017

AINSI VA LE MONDE, SELON LA PRESSE

LONDRES, ORLY, NICE... NOUVEAU MODE OPERATOIRE TERRORISTE / Pourquoi couteaux et voitures-béliers remplacent explosifs et fusils d’assaut

A l'image de l'attaque qui a frappé le centre de Londres mercredi, les terroristes de l'Etat islamique suivent un mode opératoire qui nécessite peu de moyens, mais au retentissement maximal. Frappez où vous pouvez, avec les moyens que vous avez : telle semble être le dernier commandement de l’organisation terroriste, considérablement affaiblie, «Etat islamique».


 

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Une voiture lancée sur des piétons, un policier tué à coups de couteau... Le mode opératoire de l'attentat survenu près du Parlement de Londres, mercredi 22 mars, rappelle les attaques perpétrées ces dernières années par le groupe Etat islamique (EI) dans plusieurs pays occidentaux : camions-béliers lancés dans la foule à Nice et Berlin, prêtre égorgé en Normandie en 2016, soldats attaqués à la machette au Louvre (Paris) en février...

A chaque fois, les moyens matériels et humains utilisés par les terroristes semblent très éloignés des attentats coordonnés et spectaculaires de Bruxelles en mars 2016 ou du Bataclan, à Paris, le 13 novembre 2015. Signe de l'affaiblissement du groupe terroriste ou simple pragmatisme de la part de ses membres ? Comment expliquer cette évolution ? Franceinfo fait le point.

«Si vous ne pouvez pas faire sauter une bombe ou tirer une balle, débrouillez-vous pour vous retrouver seul avec un infidèle français ou américain et fracassez-lui le crâne avec une pierre, tuez-le à coups de couteau, renversez-le avec votre voiture, jetez-le d'une falaise, étranglez-le, empoisonnez-le», exhortait le propagandiste de l'EI, Abou Mohammed Al-Adnani, dans un message audio, en 2014.

A l'époque, le «ministre des attentats» du groupe jihadiste, tué en 2016, appelait tous les «soldats du califat» à tuer, par n'importe quel moyen, les policiers, militaires et «simples» civils des pays de la coalition internationale, mobilisée contre l'EI en Syrie et en Irak, rappelle The GuardianDepuis cet appel, de nombreux attentats revendiqués par le groupe Etat islamique (Nice, Berlin, Saint-Etienne-du-Rouvray, Orlando...) ont été commis avec peu, voire pas, de moyens.

Ce nouveau mode opératoire est aussi une façon de répondre à l'affaiblissement de l'EI sur son territoire. «Paradoxalement, plus le territoire de l’organisation Etat islamique se réduit et plus les actions terroristes s’accroissent dans nos villes», précise Jean-Paul Bonnet, ancien commissaire de police, président d'un groupe de sécurité, au MondeEn difficulté sur le plan militaire en Irak et en Syrie, le groupe terroriste islamiste mise sur une stratégie fondée «sur la facilité, la vitesse, et la répétition presque à l’infini des actes terroristes» en Europe pour continuer de faire parler de lui.

Parce que ces objets du quotidien accroissent la terreur

Un couteau de cuisine, un camion, une voiture... Ces objets du quotidien ont été transformés en armes de terreur. «Leur utilisation est avant tout pragmatique, mais ce n'est pas forcément nouveau», explique Benjamin Oudet, doctorant à l'université de Poitiers, co-auteur de l'ouvrage Renseignement et sécurité (ed.Armand Colin) à FranceInfo.

Dans les années 1980 déjà, les révolutionnaires palestiniens utilisaient des pierres dans la bande de Gaza. «Le choix des armes est toujours un choix tactique et opérationnel en vue d’une fin politique. C'est une adaptation aux moyens utilisés par 'l'ennemi' pour les contrer», détaille Benjamin Oudet. «Une réponse du faible envers le fort.»

L'utilisation de ces objets du quotidien accroît aussi la peur au sein de la population. «Il ne faut pas oublier que l'objectif des terroristes du groupe Etat islamique est de créer la terreur, de contrer nos valeurs et de créer une inquiétude permanente au sein de la population», décrit Jean-Louis Bruguière, ancien juge anti-terroriste à FranceInfo. Ces armes sont à la fois «des procédés redoutables et efficaces» pour semer la terreur, mais elles sont aussi «très difficiles à prévenir» pour les autorités.

Parce que cela permet d'échapper aux services de renseignement

«Plus un attentat est compliqué à réaliser, plus on va détecter en amont ses préparatifs, atteste Yves Trotignon, ex-agent de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) à «Envoyé Spécial» en janvier 2015. La tactique choisie depuis de nombreuses années (...) est donc de privilégier les opérations des jihadistes d’intensité moyenne avec des équipes très autonomes, qui parfois ne se connaissent pas, et qui vont agir de façon très libre, en ayant une feuille de route très large.»

En France, depuis les attentats de Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015, le renforcement des dispositifs de sécurité autour de lieux (gares, aéroports…) et événements (Euro de foot, défilé du 14-Juillet) particulièrement sensibles a encouragé les terroristes à utiliser des «armes» plus difficiles à repérer. «Les terroristes s’adaptent en permanence, c’est la dimension 'créative' du terrorisme», détaille Benjamin Oudet.

Utiliser ces armes «rudimentaires», c’est «une façon de passer en dessous des moyens habituels de prévention (...) menés par la police pour prévenir les risques d'attentats, analyse Olivier Chopin, spécialiste du renseignement, sur France Culture. C'est le genre d’actions contre lequel tout système de sécurité est relativement démuni.»

Aujourd'hui, la faiblesse des services de renseignement n'est pas d'identifier les terroristes, mais leur passage à l'acte.

Résultat, les autorités misent désormais tout sur la réactivité en cas d'attaque de ce genre. Lorsque la Première ministre britannique, Theresa May, a indiqué qu'il faut apprendre à «vivre avec» ce type de menace, cela signifie que «les autorités ont intégré qu’elles ne pouvaient pas empêcher les attaques de se produire et qu'il fallait limiter au mieux le nombre de victimes en apportant une réponse efficace», explique le chercheur.

(Sources : Franceinfo et agences)

 

 

 

 

TRUMP, PERE ET FILS, A COT É DE LA PLAQUE

Le tweet «honteux» du rejeton du Président

Donald Trump Jr a critiqué le maire de Londres en ressortant une vieille citation de son contexte...

 

Le fils de Donald Trump, Donald Trump Jr. 

 

Moins de trois heures après l’attaque terroriste qui a fait cinq morts et 40 blessés à Londres, le fils de Donald Trump a attaqué Sadiq Khan, le maire de la capitale britannique. Et s’est fait remettre en place par les internautes et un parlementaire outrés.

 

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https://pbs.twimg.com/profile_images/766652495858896897/LjrJJB9a_normal.jpgDonald Trump Jr. 

✔@DonaldJTrumpJr

You have to be kidding me?! : Terror attacks are part of living in big city, says London Mayor Sadiq Khan.

5:58 PM - 22 Mar 2017

 

 

«C’est une plaisanterie ! ? Le maire de Londres Sadiq Khan dit que les attaques terroristes font partie de la vie dans les grandes villes», a écrit Donald Trump Jr, en partageant un article du quotidien The Independent.

Sauf que la citation n’est pas une réaction du jour à l’attentat. Il s’agit d’une déclaration du 22 septembre 2016. Et le maire de Londres expliquait, après une attaque à New York, que le risque terroriste «fait partie de la vie dans les grandes villes» et qu’il faut «être préparé et vigilant».

La récupération du fils de Donald Trump a fait réagir de nombreux internautes et un député britannique. «Vous utilisez une attaque terroriste contre notre ville pour attaquer le maire de Londres pour votre propre gain politique. Vous devriez avoir honte», a répondu Wes Streeting.

 

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https://pbs.twimg.com/profile_images/783807288960245760/DbNCpXhZ_normal.jpgWes Streeting MP 

✔@wesstreeting

@DonaldJTrumpJr You use a terrorist attack on our city to attack London's Mayor for your own political gain. You're a disgrace.

8:16 PM - 22 Mar 2017

«Est-ce utile, @DonaldJTrumpJr ? Est-ce que vous avez lu l’article avant d’attaquer le maire de Londres pendant un incident en cours ?», lui demande le journaliste de Channel 4 Ciaran Jenkins. Vu le temps au présent du tweet de Donald Trump Jr, il est probable que le fils du président américain ait cru qu’il s’agissait d’une déclaration de mercredi.

 

 

 

 

UN PROGRAMME DE REPAS AUX DEMUNIS MENACÉ

Trump s'en prend aux «petits vieux»

 

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De toutes les coupes budgétaires à la hache proposées par Donald Trump, ce sont celles qui menacent un programme de repas à domicile pour les personnes âgées qui ont le plus choqué.

(Lu dans L’OBS) Le dernier succès de Donald Trump, un hit incontesté, est un programme aux antipodes du bling-bling et des dorures kitsch qu'il affectionne : un programme de repas à domicile pour les petits vieux désargentés. Seul problème : c'est un succès malgré lui...

Jusqu'à jeudi dernier, Meals on Wheels («repas sur roues») était l'un de ces programmes d'aide sociale dont tout le monde pense du bien, mais à qui l'on oublie parfois de donner – populaire mais pas glamour. Dans tout le pays, les volontaires de Meals on Wheels livrent 219 millions de repas chaque année à 2,4 millions d'Américains de plus de 60 ans, trop vieux, pauvres ou frêles pour sortir de chez eux. La majorité de ces personnes âgées vivent seules, et cette livraison de repas est souvent leur seul contact avec le monde extérieur.

Qui serait contre un tel programme ? Donald Trump  Son budget, présenté il y a une dizaine de jours, taille à la hache dans une multitude de programmes domestiques, afin de financer une augmentation des dépenses militaires et de sécurité nationale. Parmi les coupes proposées, un programme fédéral obscur, les Community Developement Block Grants (CDBGs), qui donne des fonds aux Etats pour des projets locaux – dont Meals on Wheels. Une ville californienne comme San José, par exemple, reçoit 2,5 millions de dollars de ces fonds qu'elle consacre à l'aide aux SDF, aux programmes de lutte contre l'illettrisme, aux travaux à domicile pour les plus pauvres... Et, pour plus de 100.000 dollars, à Meals on Wheels.

Le programme est donc clairement menacé. Et d'un seul coup, c'est tout le pays qui redécouvre son attachement à cette variante yankee des Restos du cœur : jeudi 16 mars, après l'annonce du budget proposé par Trump, le montant des dons quotidiens à Meals on Wheels a été multiplié par 50, tandis que les inscriptions de volontaires étaient cinq fois supérieures à la normale. Et au Congrès, les Démocrates et même certains Républicains promettent déjà de se mettre en travers des rails et de sauver les petits vieux !

 

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