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Théma | Par A. Lemili | 12-04-2017

Les services de l’Etat à rude épreuve

Complexe problème des parkings sauvages

Daho Ould Kablia, ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales dans le gouvernement Ouyahia, avait déclaré, il y a cinq ans, au cours d’une réunion regroupant quinze walis de l’est et en présence du directeur général de la Sûreté nationale (DGSN), que les parkings seront placés sous l’autorité des services de sécurité et c’est, il faudrait en convenir une bonne solution d’autant plus qu’elle permettrait aussi bien à l’institution concernée une entrée d’argent qui servirait à rétribuer autrement et en dehors de la rémunération mensuelle les heures effectuées au titre d’une telle prestation par les agents concernés. Sinon, il y a cette autre possibilité qui consisterait à céder ces espaces à des jeunes qui seraient organisés en coopératives, recensés et/ou inscrits au registre du commerce même si leur activité devrait être exemptée de redevances fiscales. En fait, dans un tel cas de figure et jusqu’au Trésor public toutes les parties impliquées seront gagnantes

Il y a près de cinq ans, au cours d’une importante rencontre regroupant quinze walis de l’est et en présence du directeur général de la Sûreté nationale (DGSN), un membre du gouvernement Ouyahia occupant la fonction régalienne de ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales déclarait : «Il n’est plus possible de continuer à s’accommoder du comportement de jeunes gens qui s’autoproclament gardiens de parkings et qui constituent parfois un danger pour les automobilistes.»

Dans la pratique, cet engagement consistait en une mesure, de même nature que celle concernant le commerce informel réputé éradiqué, autrement dit une action officielle qui permettrait «de rassurer les automobilistes sans être à la merci de jeunes désœuvrés s'autoproclamant gardiens», et pour donner encore plus de cohérence à cet engagement, Daho Ould Kablia conclura : «Ces parkings seront placés sous l'autorité des services de sécurité.»

Bien entendu, il n’en sera rien et il suffit aujourd’hui de balayer du regard l’environnement immédiat en milieu urbain pour constater qu’effectivement les parkings sauvages sont toujours là et se sont même multipliés. Pourtant le mot «rassurer» est celui qui convient et a dû logiquement faire pousser un «ouf» de soulagement aux automobilistes lesquels ne craignent pas pour leur intégrité physique au cas où ils rechigneraient à s’acquitter de la dîme mais plus pour leur véhicule. Effectivement, à l’occasion ces racketeurs du bitume peuvent s’en prendre carrément au véhicule. Or, tout automobiliste sait qu’entre 100 dinars de «droit» de stationnement et au minimum 20 000 dinars pour un phare il n’y a pas photo. Ceci dit, il serait trop facile de rétorquer que dans un tel cas de figure la meilleure des démarches serait de s’adresser à la police et la réponse la plus plausible serait d’en tomber à la renverse de rire ou de désespoir pour ce que tout le monde sait quelle serait la réaction des représentants des services de sécurité évoqués par le ministre lors de sa rencontre avec les 15 walis de l’est du pays.

En fait, ce risque de détérioration de véhicule est également courant même à hauteur du domicile de tout propriétaire de véhicule qui ne disposerait pas d’un espace propre pour ce faire dans la mesure où dans les cours de cités et peu importe que celui-ci (propriétaire de véhicule) y réside, le garage de nuit est également payable et pour les mêmes raisons. Celles qui consistent à payer pour éviter quelques inconvénients : éraflures de peinture sur l’ensemble du véhicule, essuie-glaces tordus, pneu entaillé, pare-brise ou lunette arrière légèrement brisé, etc.

Daho Ould Kablia avait déclaré au cours de cette rencontre que les parkings seront placés sous l’autorité des services de sécurité et c’est, il faudrait en convenir une bonne solution d’autant plus qu’elle permettrait aussi bien à l’institution concernée une entrée d’argent qui servirait à rétribuer autrement et en dehors de la rémunération mensuelle les heures effectuées au titre d’une telle prestation par les agents concernés. Sinon, il y a cette autre possibilité qui consisterait à céder ces espaces à des jeunes qui seraient organisés en coopératives, recensés et/ou inscrits au registre du commerce même si leur activité devrait être exemptée de redevances fiscales. En fait, dans un tel cas de figure et jusqu’au Trésor public toutes les parties impliquées seront gagnantes.

Pourtant pour moult raisons notamment sociales, cela pourrait ne reposer que sur le discours sachant que les cas des parkings sauvages n’est pas prêt de connaître une quelconque solution et il ne restera aux donc aux propriétaires de véhicules que de faire contre mauvaise fortune bon cœur et «gérer» ce caillou dans la chaussure avec un brin de philosophie.

Pour l’anecdote, en Tunisie, ce phénomène est né quelques mois après la révolution du jasmin. Ce qui laisse supposer que pour les mêmes raisons sociétales prévalant en Algérie, les autorités tunisiennes ont fait le choix de regarder ailleurs. Mieux encore, la pratique (parking sauvage payant) a été exportée par des Algériens qui ont trouvé la meilleure des astuces pour passer des vacances dans la durée dans le pays voisin notamment à Nabeul, Sousse et Hammamet. Ils ont par la suite été boutés par les jeunes tunisiens lesquels, à leur tour, ont appris à être quelque peu violents et épaulés par les pouvoirs publics locaux jusqu’à interdire que d’autres marchent sur leurs plates-bandes et donc récupérer lesdits espaces non seulement durant les vacances d’été mais tout au long de l’année notamment à hauteur des grandes surfaces et marchés.

A. L.

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