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Théma | De notre correspondant à Constantine Nasser Hannachi | 12-04-2017

Constantine

Les autorités peinent à réguler les espaces de stationnement



«Combien de temps resteriez-vous ?» C’est la question qui tourne en boucle chaque matin dans les diverses aires de stationnement à Constantine. Il faudra se lever tôt pour caser son véhicule dans un parking aux abords des administrations et commerces. 50 DA ou 100 DA et même 200 DA sont exigés pour que le parkingeur vous déniche une place et vous garde votre véhicule. Et le tout sans contrôle ni inspection. Les gardiens dictent leur loi. Les pouvoirs publics ont mené une stratégie, il y a plus de trois années, du temps de l’ex-ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, afin de mettre terme à l’anarchie qui surgit au quotidien suite à la prolifération des parcs-autos sauvages. Des secteurs urbains étaient chargés de répertorier les jeunes habilités à disposer de quelques endroits n'interférant pas avec la circulation et quais pour en faire du moins «un métier» : garer des voitures. Autant de latence et de laisser-aller ont gelé l’option jusqu’à l’étouffement des rues et boulevards de Constantine où le diktat des gardiens est imposé, sans aucune garanties que vous n’aurez pas au final à poncer des éraflures sur votre véhicule. Le centre-ville suffoque et les quelques espaces disponibles sont pris d’assaut aux premières heures de la journée. Tout mètre carré est exploité pour être rentabilisé. «La prison du Coudiat aurait servi d’un grand parking si ce n’est les interférences et courants hétéroclites qui contrecarraient sa démolition», regrettent quelques citoyens. Le flux motorisé demeure optimal à quelques mètres de cette structure. Aux alentours des directions de l’éducation, des travaux publics, de la Sûreté nationale… La place est précieuse et le gardien s'affiche en «patron» pour quelques heures. Biens de l'hôtel de ville, les parkings profitent moins aux usagers automobiles et génèrent un faible revenu pour la municipalité alors qu’ils affichent complets le long de la journée pour des prix improvisés n’obéissant à aucune norme. Point de ticket. L’avant-dernière session de l’APC a vu le traitement d’une trentaine de dossiers. Des aires éparpillées dans la périphérie, jusqu’ici, régies aléatoirement et baignant dans l’informel ont été organisées. Des enquêtes et commissions menées par la Sûreté nationale et les services compétents ont permis de les céder, selon un bail déterminé. Leur fonctionnement génère une mince recette pour l'APC pour un premier temps. Ils ont été loués à un prix presque dérisoire sans avoir recours aux enchères qui auraient accru les rentrées. Un autre espace, le parking à étage d’El Kantara devrait, de l’avis d’une source communale, passer par des procédures administratives obéissant au code des marchés. «L’acquéreur aura demandé au départ un allègement étant donné les recours introduits. Ce que la commune approuva. Maintenant au terme de 6 années d’exercice, l’espace devra passer systématiquement par les enchères pour être à nouveau loué comme c’est le cas pour les autres structures dans les autres secteurs», éclaire notre même source, indiquant que la municipalité continue d’opter pour des majorations progressives au lieu de s’aligner sur les alinéas du code des marchés. «Ce n’est pas de la sorte qu’on réévalue le patrimoine communal édicté par les pouvoirs publics», martèlera-t-il. Un autre son de cloche laisse supposer qu’avec la fourchette actuelle aucun souscripteur ne daigne louer l’espace en question, distant du centre-ville et l’idée de maintenir cet acquéreur avec des augmentations restait la meilleure formule.

En définitive la capitale de l’est avec toutes ses administrations intramuros et son parc roulant allant crescendo devra revoir autant de paramètres liés à la problématique de stationnement pour en finir avec l’anarchie , le brouhaha les mots acerbes proférés chaque jour. De légères délocalisations administratives permettraient d’alléger la situation. Un plan absent des agendas pour le moment. Qu’il soit sauvage ou standard le parking à Constantine ne procure aucun apaisement ni pour le conducteur ni pour le véhicule. Le diktat tient les commandes. Les responsables évitent ce sujet qui fâche...

N. H.

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