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Théma | De notre correspondant à Tizi Ouzou Malik Boumati | 12-04-2017

Tizi Ouzou

La réorganisation de l’activité tarde à venir

Comme de nombreux fléaux, celui des gardiens de parkings informels ou ce que les Algériens appellent les «parkingueurs», est né durant l’anarchie des années quatre-vingt-dix. Du jour au lendemain, les automobilistes ont découvert qu’ils devaient payer pour que leurs véhicules soient protégés. La dégradation de la situation sociale de la population a amené certains à se débrouiller, qui pour nourrir leurs familles, qui pour aider leurs parents dans la difficulté. La situation était telle que certains «parkingueurs» se transformaient en délinquants dès que des automobilistes exprimaient leur mécontentement. De nombreux automobilistes agressés, dont certains mortellement. L’absence de l’Etat à l’époque a permis à l’activité de se propager sur tout le territoire national et de perdurer, au point où on la retrouve vingt-cinq années plus tard.

Mais ces dernières années avec le retour progressif de l’autorité de l’Etat, l’idée de trouver une solution à ce qui est appelé «les parkings sauvages» a fait son chemin. Les responsables de l’Etat en charge de la mise en œuvre de cette démarche sont conscients de la difficulté de cette mission, avec notamment des individus qui ont passé plusieurs années à faire les «parkingueurs» dans les mêmes endroits. Avec aussi des personnes dont l’activité est vitale pour des familles entières. Mais l’idée de mettre fin à ce fléau a commencé à être concrétisée, notamment dans la capitale, où les automobilistes ont retrouvé la joie de stationner leurs véhicules sans que l’on vienne leur exiger des sommes, parfois inadmissibles. Dans certains cas, des automobilistes sont contraints de payer deux fois, voire trois fois, le stationnement dans la même journée, ce qui ferait aujourd’hui quelque 300 dinars rien que pour le parking.

Mais cette heureuse situation n’a pas duré dans tous les quartiers de la capitale. Cependant, cette mesure n’a pas connu de mise en œuvre dans toutes les wilayas. A Tizi Ouzou, les «parkingueurs» continuent à imposer leur diktat dans chaque coin et recoin de la ville. Les automobilistes doivent débourser au minimum 50 dinars dans cette ville qui subit une énorme pression sur le stationnement au point où dans certaines ruelles étroites, le stationnement est toléré sur les deux côtés de la chaussée. Il est vrai que la violence autour des places de parking et du paiement pour le droit de stationnement ont quasiment disparu, mais la tension est toujours palpable et les altercations verbales ne se sont pas encore estompées. Les pouvoirs publics n’arrivent toujours pas à réaliser un parking à étages, pour manque de financement. L’ancien wali a même provoqué la colère des élus de l’APW quand il a suggéré le financement d’un tel projet avec l’argent destiné à l’aide aux associations, aux clubs sportifs et même aux APC.

Cela dit, il est vrai que rien n’a été fait pour mettre fin aux parkings sauvages dans la ville des Genêts, mais l’idée a fait son bonhomme de chemin dans les rouages de la mairie, mais aussi dans les rues de la ville. Il était question d’organiser les parkings. Des agents de la commune ont même laissé des inscriptions sur les trottoirs annonçant une réorganisation des stationnements dans la ville de Tizi Ouzou. Mais il n’en fut rien. Le projet a été mis en veille pour on ne sait quelle raison. Les conditions ne sont pas encore réunies pour la mise en œuvre de ce projet, estime un cadre de la mairie qui a requis l’anonymat, précisant cependant qu’il est toujours question de réorganiser cette activité pour le bien de la collectivité. Probablement quand le parking à étages sera réalisé et mis en service.

M. B.

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