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Culture | Par Noureddine Khelassi   | 13-04-2017

Aux femmes et hommes de culture, la République reconnaissante


 

Dans notre belle et généreuse Algérie, où l’on a un sérieux problème de reconnaissance du mérite des meilleurs contributeurs à l’essor du Bien commun, les femmes et hommes de culture meurent deux fois. Une fois durant leur vie où ils sont «tués» par l’oubli et l’ingratitude des leurs. Et une seconde fois, après leur vraie mort où on les enterre définitivement dans le linceul d’un oubli cette fois-ci éternel. Ah, bien sûr, de temps en temps, et de leur vivant, les pouvoirs publics locaux ou même nationaux organisent, ici où là, une cérémonie protocolaire pour eux, histoire de se donner bonne conscience à bon compte. Mais rarement des signes d’une vraie reconnaissance, celle qui a en tout cas valeur de fort symbole. Mais cette fois-ci, le président Abdelaziz Bouteflika a dérogé à la règle générale en usant beaucoup de la puissance du symbole. Et il l’a fait en élevant toute une charrette d’artistes, écrivains, poètes, penseurs, chercheurs, linguistes, académiciens, traducteurs, cinéastes, à la dignité de «Athir» et «Achir», prévue par l’Ordre du Mérite national instauré en 1984 sous la présidence Chadli. Pour mieux apprécier la distinction présidentielle, il faudrait bien savoir que l'Ordre du Mérite national récompense les services éminents rendus au pays dans une fonction civile, publique ou privé, ou encore militaire, ainsi que les services exceptionnels rendus à la Révolution que fut la guerre d’indépendance. Il a donc été conçu pour honorer aussi les Algériennes et les Algériens, de même que des étrangers, qui ont contribué d’autre part à rehausser le prestige du pays. L’Ordre national du Mérite comprend en fait trois grades (Achir, Djadir, Ahid) et trois dignités (Athir, Amid, Sadr) dont les sens en langue arabe renvoient à une certaine échelle de la haute considération que se fait la République de ses citoyens les plus méritants. C’est ainsi que le président Bouteflika a décerné les rangs de «Athir» et «Achir», de leur vivant ou à titre posthume, à un nombre élevé de femmes et d’hommes de culture. Au premier rang de la dignité «Athir», Boualem Bessaïh, homme de lettres et écrivain avant d’être un grand moudjahid et un serviteur permanent de l’Etat à différents titres de la haute Fonction publique et aux plus haut niveaux de l’Etat. Le Président a également élevé au rang de «Achir», à titre posthume, MM. Abderrahmane Hadj Salah, académicien et chercheur linguistique, Abou Laïd Doudou, écrivain, traducteur et académicien, Nabhani Kribaâ, philosophe et penseur, Cheikh Bouamrane, philosophe, penseur et académicien, ancien président du Haut conseil islamique. Mouloud Mammeri, penseur, écrivain de renom international et anthropologue exceptionnel. De même que Chaâbane Ouahioune, journaliste, écrivain et romancier, Djamel Amrani, poète, journaliste et moudjahid, Brahim Beladjrab, artiste et chercheur en patrimoine, Amar Aït Zaï (Amar Ezzahi), artiste populaire et icône du chaâbi, Tayssir Akla, musicien et artiste, Ahmed Ben Bouzid (Cheikh Attalah), homme de théâtre, Mohamed Slim Riad, réalisateur de cinéma, Hadj Rahim, metteur en scène cinématographique. Sans oublier la psychiatre et immense écrivain Yamina Mechakra, Baya Mahieddine (Fatma Hadda), artiste peintre. Au même niveau de «Achir», Cheikh Saïd Kaâbache, exégète coranique, mais aussi une pléiade de chanteurs de genres musicaux divers et en langues maternelles arabe et amazighe, tels Abdelmadjid Meskoud, Houari Blaoui, Akli Yahiatene, Lounis Aït Menguellet et Mohamed Lammari. On compte aussi à ce même palier, Mounir Bouchenaki, archéologue, les écrivains Larbi Dahou, et Mohamed Salah Seddik, le plasticien Choukri Mesli, Nacerddine Saïdouni, historien, le poète Mohamed Abou El- Kacem Khemmar, Fadhel Noubli, compositeur ainsi que Mmes Hasna El-Bacharia, interprète et Djouher Amhis Ouksel, écrivain et pédagogue. Il ne faut donc pas confondre le succès et le mérite, disait Jean Rostand, écrivain, moraliste, biologiste, historien des sciences et académicien français. Dans le cas des récipiendaires des médailles de l’Ordre du Mérite national, ainsi honorés par le chef de l’Etat, il ne s’agit pas tant d’avoir distingué le succès et la notoriété y afférente. Bien au contraire, à travers le président Bouteflika, la République a davantage reconnu solennellement le mérite et exprimé de la sorte sa pleine reconnaissance. Ce mérite est celui de celles et de ceux qui ont voué leurs vies respectives au Bien commun et au bonheur collectif.

N. K.  

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