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Culture | De notre correspondant à Constantine Nasser Hannachi | 13-04-2017

Constantine

La formation in situ pour un essor théâtral qualitatif



Gauche exutoire. La révision des budgets alloués au secteur de la culture en ces temps durs édictés par la rationalisation des dépenses n’a pas apporté l’effet escompté. L’audimat reste statique. Le palmarès des productions aussi. A contrario, des affiches stériles souvent importées siphonnent toujours des sous sans générer la moindre recette au double plan didactique ou d’audience. La formation, ce pivot indispensable à tout essor artistique, demeure inexploitée dès lors que les feux des projecteurs balayent intensément les zones financières au détriment des jalons porteurs de projets à long terme.

C’est le théâtre qui paye actuellement les frais de la métamorphose, voire la diminution pécuniaire. Avec les récentes décisions du ministère de la Culture, le 4e art se fragiliserait davantage si ses adeptes n’envisagent pas des prévisions fraîches à la lumière de la nouvelle donne budgétaire. Si certaines sphères, dont le responsable du secteur, pointent du doigt la mauvaise gestion dont souffre la majorité des scènes régionales, d’où de nouvelles mesures de management, le constat ne devra pas affecter les soubassements des planches. «Il ne faudra pas que les frais des mauvaises gestions retentissent sur l’activité théâtrale. Celle-ci doit se maintenir avec la mise en place d’une nouvelle stratégie qui n’altère en rien les productions et les initiatives», admet un homme de théâtre de Constantine. D’autres spécialistes suggèrent des conventions entre les instituts et départements universitaires pour tisser des liens en matière d’écriture et de scénarios. Une option qui ne requiert pas autant de dépenses offre une multitude d’imaginations. Ils appellent à des formations in situ pour conforter le background des comédiens et jeunes talents. Jusqu’ici que des bribes de perfectionnements ont émané de quelques instructeurs étrangers qui s’étaient invités au TRC pour des sessions d’initiations, sans lendemain.

Les aspects liés à la gratitude et hommage récurrents envers les anciennes figures supplantent à chaque fois le zest théâtral et son âme. Dissocier les rôles demeure une alternative importante pour redonner un souffle aux plateaux. La direction et comédien doit se saisir chacun de ses prérogatives pour entrevoir une nouvelle perspective dans le domaine sous cette frêle impulsion budgétaire. Seuls les artisans du théâtre sont habilités à confectionner leurs compositions. L’administration ne fait que manager pour permettre aux plans d’être exécutés. La moindre interférence pourra affecter le produit culturel, voire le retarder ou le détourner de sa vocation spontanée, soit la quintessence du 4e art. Les associations à l’échelle nationale ou locale sont bourrées d’imagination. Il suffit de leur accorder une autre vision, distincte, loin des cadrages traditionnels, ennemis de l’expression, pour qu’elles remplissent les odéons et places publiques. Sans cette orientation, approuvent des observateurs, le théâtre restera cadenassé et figé dans des esquisses banales déconnectées des inspirations que lui procure la société, «son générateur naturel».

Plutôt que de casser la tirelire pour des affiches d’un jour vaudra mieux jeter son dévolu sur la formation et le perfectionnement au sein de l’institution théâtrale. L’option ménagera d’important coût. Elle ouvrira la voie à la diversité et à la production prolifique. Se focaliser sur la restriction budgétaire sans débattre, en parallèle des programmes et perspectives, n’apportera pas de valeur ajoutée aux œuvres étalées.

N. H.

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