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Société | Par Algérie presse service | 15-04-2017

La wilaya mise sur l’industrie forestière

Cap sur le tourisme vert à Constantine

Agrégat intarissable de la sphère économique, «l’or vert» suscite un intérêt manifeste des forestiers de Constantine engagés dans un processus de valorisation de ce gisement naturel en mettant en avant le concept du tourisme vert. Maître de l’économie verte, l’écotourisme est actuellement en pôle-position du plan d’action de la Conservation des forêts de Constantine qui a retenu le principe de création de nouvelles forêts récréatives.

Agrégat intarissable de la sphère économique, «l’or vert» suscite un intérêt manifeste des forestiers de Constantine engagés dans un processus de valorisation de ce gisement naturel en mettant en avant le concept du tourisme vert. Maître de l’économie verte, l’écotourisme est actuellement en pôle-position du plan d’action de la Conservation des forêts de Constantine qui a retenu le principe de création de nouvelles forêts récréatives. S’étalant sur 29 000 hectares, le patrimoine forestier de la capitale de l’Est devrait compter prochainement 5 forêts récréatives, a affirmé Kheireddine Saighi, responsable de la protection de la faune et de la flore à la Conservation des forêts de Constantine. M. Saighi a précisé que les dossiers sont actuellement «en cours de validation» au niveau de la Direction générale des forêts (DGF) pour la création d’espaces récréatifs dans les forêts d’El Baâraouia (El Khroub), El Mountazah (Aïn Smara), Hadj Baba, Bekira (Hamma-Bouziane) et Ain Bornaz (Ain Abid). Ces forêts s’ajouteront à celle d’El Meridj (El khroub), créée en 2012 sur une superficie de 30 hectares.

Attestant que la forêt récréative joue «un rôle très important dans le développement de l’écotourisme», l’Association de la protection de la nature et de l’environnement (Apne) affirme que ce vecteur économique doit, toutefois, intervenir dans «un cadre organisé, sécurisé et balisé», pour que les visiteurs ne puissent pas accéder à des zones forestières renfermant des espèces végétales rares. La forêt de Djebel Ouahch, 4 500 hectares, comptait durant les années 1980 «plus de 3 000 espèces de plantes médicinales», alors qu’actuellement on n’en dénombre que 1 500 environ. Certaines espèces végétales ont «complètement disparu» à cause des incendies, des maladies, des massacres occasionnés par les citoyens, de certains individus qui les cueillent à des fins commerciales ainsi que les changements climatiques, ajoutera l’Apne. Bénéficiant d’une attention particulière des services de la wilaya qui promettent notamment «une plus grande sécurisation des lieux», la forêt de Djebel Ouahch, est en phase d’accueillir un projet de «création d’un jardin botanique» où de nombreuses variétés de plantes y seront cultivées, indique-t-on.

Renouant avec la forêt, les familles constantinoises commencent peu à peu à «réinvestir les lieux», en attendant la remise en exploitation du parc d’attraction de Djebel Ouahch, fermé début des années 1990, qui sera confié en concession pour une durée de 33 ans. Cette renaissance, tant attendue, du parc renseigne sur la volonté des autorités à encourager les porteurs de projets à investir dans les filières des produits forestiers, génératrices d’emploi et de richesses, à l’instar du secteur de l’apiculture où 500 bénéficiaires de parcelles de terrains forestiers ont permis de produire 7 quintaux de miel en 2016. La forêt de Djebel Ouahch renferme, en effet, un patrimoine sylvicole considérable, comme le pistachier, le pin pignon, le cèdre et le liège, nécessitant, soutient l’Apne, un «recensement exhaustif» et une exploitation rationnelle dans le respect de la forêt et de la nature, car «une mauvaise exploitation des produits forestiers peut entraîner un déséquilibre de l’écosystème».

Ce déséquilibre est induit surtout par le pillage de ces richesses par des individus qui, selon un garde forestier, «subtilisent» de grandes quantités de pignons de pin à la faveur de la nuit, pour les écouler sur le marché local ou les acheminer «clandestinement» vers des pays voisins pour les vendre. Ces personnes, a-t-il relevé, procèdent à la collecte des pignons en «méconnaissance totale» de la période de maturation de ces fruits à coque, pouvant occasionner des dommages irréversibles à l’arbre, d'autant que les changements météorologiques ne favorisent pas la culture de certaines espèces d’arbres qui requièrent des conditions climatiques particulières.

En 2016, les services de la Conservation des forêts ont enregistré 106 coupes d’arbres illicites ayant ciblé des espèces comme le cyprès et le pin d’Alep, deux occupation illicite de deux du domaine forestier, deux cas de pacage de 100 têtes de moutons, un cas de labour illicite sur un hectare de terrain forestier et un cas de construction d’une clôture sur un hectare de terrain forestier. Un garde forestier, considère, à ce propos, que les infractions commises sont sanctionnées par des amendes «insignifiantes», n’excédant pas 2 000 DA, avant de soulever le problème lié aux «conditions difficiles» dans lesquelles ils exercent leur métier, en sus de l’absence de moyens coercitifs susceptibles de «contrer les trafiquants en tout genre du patrimoine forestier».

APS

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