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Culture | De notre correspondant à Constantine Nasser Hannachi | 16-04-2017

Le wali aurait rassuré la famille du 4e art

La baptisation du TRC au nom de Mohamed Tahar Fergani écartée

Certains soutiendront que le théâtre ne devrait pas porter le nom d’un musicien, quand bien même ce fut un géant qui a mis ses performances au service de la préservation du patrimoine andalou et a contribué à sa renommée internationale. Le théâtre «devra garder son essence et son âme. Fergani était bon dans son exercice musical. Le théâtre a ses comédiens et artistes spécifiques. Il ne faut pas mélanger les genres», s’accordent à dire des comédiens

«Nous avons eu écho de la visite du ministre de la Culture, mais elle a été reportée», affirme le directeur du Théâtre régional de Constantine (TRC), M. Zetili. Cette visite devait, entre autres, être ponctuée par la pose de la plaque de baptisation du théâtre au nom du défunt maître de la musique et chanson malouf, hadj Mohamed-Tahar Fergani. Mais une polémique est née autour de cette baptisation, des artistes s’y étant opposés. Ainsi, le comédien Djamel Dekkar s’est montré confiant quant au renoncement de la dénomination de l’organisme en question. «On nous a rassuré que le théâtre ne portera pas le nom de feu Fergani. C’est ce qu’a laissé entendre le wali, en visite de travail au centre-ville, après une brève concertation avec deux comédiens du TRC», a-t-il déclaré à la Tribune. Mais cette affirmation n’a été ni confirmée ni infirmée officiellement. «Tant que la direction n’a pas été destinataire d’aucun document, la promesse demeurera en suspens», tempèrent d’autres comédiens. Et la direction de la culture de la wilaya, jusqu’à preuve du contraire, n’a pas été saisie. Toutefois, il semblerait que la volteface des autorités locales s’est manifestée après la mobilisation intense qui s’est érigée en particulier hier matin à Constantine contre l’option de baptiser le Théâtre régional de Constantine au nom du maitre incontestable du malouf. Un regroupement a été organisé devant le bâtiment concerné, en présence de nombreux comédiens, hommes de culture et représentants de la société civile. Jusque-là, le TRC était tout simplement le «Théâtre de Constantine» pour les uns ou le «Théâtre Reda-Houhou» pour d’autres. Et ce sont les deux dénominations, parmi d’autres, qui ont été proposées par la famille du 4e art et le mouvement associatif. Et en cas de divergence, Constantine devrait garder son «théâtre» dénué de toute désignation allant à l’opposé des uns et des autres, suggère-t-on. Certains soutiendront que le théâtre ne devrait pas porter le nom d’un musicien, quand bien même ce fut un géant qui a mis ses performances au service de la préservation du patrimoine andalou et a contribué à sa renommée internationale. «C’est absurde», lâchent la plupart des acteurs qu’on a abordés après le regroupement. «Ce repère pour la ville, qui a un lien direct avec la société, devra garder son essence et son âme. Fergani était bon dans son exercice musical. Le théâtre a ses comédiens et artistes spécifiques. Il ne faut pas mélanger les genres», s’accordent à dire des comédiens. In fine, la réaction artistique aura jugulé une décision aléatoire des autorités et, peut-être, réussira à les inciter, à l’avenir, à plus de réflexion et de concertation quand elles devront prendre des décisions qui impliquent et concernent différentes parties, d’autant plus que ce n’est pas la première fois que des polémiques éclatent suite à une décision de baptiser ou débaptiser un site public.

N. H.

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