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National | Par Karima Mokrani | 17-04-2017

À l’initiative du ministère du Commerce

Un numéro vert pour faire face aux pratiques commerciales illicites

Un numéro vert, le «1020» est mis à la disposition des citoyens pour signaler les dépassements commis par les commerçants en ce qui concerne particulièrement les produits de large consommation. C’est une initiative du ministère du Commerce. Le département ministériel l’a annoncé hier à travers un communiqué.

Un numéro vert, le «1020» est mis à la disposition des citoyens pour signaler les dépassements commis par les commerçants en ce qui concerne particulièrement les produits de large consommation. C’est une initiative du ministère du Commerce. Le département ministériel l’a annoncé hier à travers un communiqué. «Lancé dans le cadre du contrôle des pratiques commerciales, la lutte contre la spéculation, le contrôle de la conformité des marchandises et la répression des fraudes, ce numéro vert central sera généralisé prochainement à l’ensemble des wilayas du pays», indique le département ministériel dans le même communiqué. Une initiative louable qui pourrait aboutir à des résultats assez probants, ne serait ce qu’en contribuant un tant soit peu à freiner la spéculation, la hausse des prix et à limiter les dégâts occasionnés par la contrefaçon. Cette mesure fait suite à d’autres décisions prises récemment par le gouvernement visant à lutter efficacement contre les pratiques mafieuses de nombreux commerçants avides du gain facile. Force est de reconnaître que la mise à la disposition des populations, à travers le pays, de numéros verts (Gendarmerie nationale, Sûreté nationale, Protection civile) et récemment de numéros verts pour signaler les cas de kidnapping d’enfants et  au niveau du ministère de l’Intérieur, pour demander des renseignements administratifs, mais aussi faire part à l’administration de différentes préoccupations citoyennes» a grandement aidé à la résolution d’un nombre de problèmes et améliorer la qualité du service public. Des citoyens s’impliquent de manière directe ou indirecte dans la gestion des affaires de la localité et les autorités font montre de disponibilité au dialogue et à l’échange. Les deux parties travaillent en complémentarité. Concernant toutefois le commerce, la tâche paraît ardue. Pour cause, les problèmes en la matière sont connus de tous, signalés maintes fois et avec insistance par les citoyens, par les médias et d’autres intervenants mais peu de choses sont faites concrètement pour y remédier. Récemment, le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, interpellé sur la hausse faramineuse du prix de la pomme de terre, a ordonné le déstockage d’une quantité importante et de la distribuer dans des points de vente fixes, à un prix de 40 DA au lieu de 80 DA. L’opération a donné très peu de résultats pour ne pas dire carrément qu’elle n’a pas abouti, du fait que la marchandise mise sur le marché s’est avérée de mauvaise qualité, en plus du fait que l’opération de vente s’est-elle déroulée dans de mauvaises conditions (longues files d’attente devant les points de vente, anarchie et autres), si bien que les citoyens ont fini par y renoncer et beaucoup se sont tournés vers les commerces qui la proposent à 80 DA. Depuis, l’on n’en parle pratiquement pas pour la simple raison que c’était un grand échec. Dans leurs missions quotidiennes, les directions du Commerce à travers les 48 wilayas du pays, envoient leurs agents dans les marchés de gros et ceux de détails pour ce qui est appelé «la répression de la fraude». Les agents font leur travail, signalent des cas, sanctionnent des commerçants mais juste pour une période. Les dossiers arrivés à la justice s’arrêtent là, constatent et dénoncent de nombreux citoyens. Sans compter les menaces sur les agents eux-mêmes. Il y a eu des agressions à l’arme blanche, ce n’est un secret pour personne.  D’autres faits sont à signaler pour dire que ce n’est pas une simple décision ministérielle ou gouvernementale, encore moins un numéro vert, qui sera à même de mettre fin aux pratiques mafieuses, de plus en plus nombreuses et répandues dans ce domaine qu’est le commerce. Un débat sérieux, franc, regroupant tous les acteurs (producteurs, commerçants de gros et ceux de détails, consommateurs…et représentants du gouvernement) doit être engagé de manière à traiter tous les problèmes en relation avec cette activité. Et que cela soit fait régulièrement et de façon continue.

K. M.

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