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Sport | Par A. Lemili | 18-04-2017

La violence s’invite dans les stades français

Les stadiers du SC Bastia agressent les footballeurs de l’O Lyon

Dans un contexte du genre et à la fin du match ayant opposé son équipe à l’Olympique lyonnais à la phase aller et perdu 2-1 par les Corses, François Ciccolini, l’entraîneur du SC Bastia (une connaissance du public algérien puisqu’il a eu à entraîner la JS Kabylie) avait alors tenu des propos qui avaient carrément fait tomber à la renverse le monde du football hexagonal

Bien des responsables du football national, entre représentants des instances sportives nationales, dirigeants de clubs, footballeurs et supporteurs éprouveraient un sentiment de réjouissance après les évènements qui ont secoué le football français ces quatre derniers jours. Les violences qui ont marqué le match comptant pour l’Europa-League entre l’Olympique lyonnais et le club turc du Besiktas ont certes étonné bien du monde à commencer par les Français eux-mêmes.

Cette rencontre s’est finalement jouée sur le résultat que tout le monde connaît mais ce qui est le plus à craindre reste évidemment l’ambiance dans laquelle va se dérouler celle (rencontre) du retour. Et c’est pourtant cette ambiance que les dirigeants devraient préserver de toute pollution. Or, il semblerait que la raison ne règne plus nulle part dés l’instant où une équipe joue, non pas sa réputation sur le plan sportif, mais celle de dirigeants qui, parce qu’eux-mêmes pressés, voire sous le diktat des supporteurs notamment les ultras, ne se résolvent pas à accepter tout résultat qui ne conduirait pas à la victoire et surtout à une qualification le cas échéant.

Dans un contexte du genre et à la fin du match ayant opposé son équipe à l’Olympique lyonnais à la phase aller et perdu 2-1 par les Corses, François Ciccolini, l’entraîneur du SC Bastia (une connaissance du public algérien puisqu’il a eu à entraîner la JS Kabylie), avait alors tenu des propos qui avaient carrément fait tomber à la renverse le monde du football hexagonal. «Lyon a des ressources et nous en avons un peu moins et cela nous embête un peu… Mais après, il va falloir venir chez nous. Il ne faut pas avoir la grippe. Quand il faudra venir à Bastia, il ne faudra pas avoir la grippe, ni la gastro. Parce que cela va se régler comme d'habitude, comme des hommes, comme des Corses et voilà».

Or, dimanche passé ça ne s’est pas vraisemblablement réglé comme des Corses et encore moins comme des hommes dans la mesure où les coéquipiers de Fékir ont été agressés et par le public descendu des tribunes et surtout les… stadiers. Stadiers… de quoi mettre un peu de baume au cœur des «nôtres» comparés à des voyous et pourquoi pas justifier le laxisme des dirigeants locaux responsables de l’organisation des matchs.

Des propos auxquels J. M. Aulas, le président du club lyonnais, avait réagi avec une assurance… olympienne : «On va mettre ça sur le dos de l’énervement. Les Corses sont nos amis dans la vie de tous les jours donc il m’étonnerait fort qu’on lui laisse reproduire des intentions qui ne sont pas bonnes, a tempéré Aulas face à la presse. De la même manière quand je dis des choses que je ne pense pas vraiment, il faut lui donner le droit de s’être emporté et trompé et j’imagine qu’on ira en Corse dans de bonnes conditions. La Corse est trop belle et les Corses trop sympas pour que ça se passe comme ça».

Si le match retour s’est déroulé effectivement dans des conditions dantesques, il y a quand même lieu de souligner que celui qui avait allumé la mèche en l’occurrence le coach bastiais a entre-temps été licencié par le club pour… mauvais résultats.

En fait, les évènements qui ont marqué la soirée de dimanche ont eu un tel impact que les réseaux sociaux se sont enflammés faisant laisser libre cours aux internautes dont des personnalités du football à réagir comme l’a fait Ikar Casillas, l’ancien portier du Réal Madrid qui avait twitté «Lamentable » alors que Nathalie Boy de la Tour, présidente de la LFP se disait horrifiée par ce qui s’est passé à Furiani «il y a beaucoup de tristesse, d'incompréhension... Les mots sont faibles en général pour qualifier ce genre de comportement. Trop, c'est trop, il s'agit de faits inqualifiables. Des supporteurs qui agressent des joueurs, c'est du jamais vu dans l'histoire de la Ligue 1. Ca nous choque profondément. Nous déplorons que le SC Bastia donne une image horrible de notre football, cela nuit à l'image du football professionnel, qui ne mérite pas cela.»

A tous les égards, la formation du SC Bastia est multirécidiviste. En effet, le club a manqué de peu de ne pas évoluer en Ligue 1 en raison des réserves de la Direction nationale du contrôle de gestion (DNCG) en raison de garanties financières insuffisantes qui a d’ailleurs contraint sa direction à «vendre» Ryad Boudebouz pour renflouer ses caisses et résorber partiellement son déficit pour finalement être autorisé à évoluer parmi l’élite.

La récurrence des affaires disciplinaires des Bastiais est de notoriété publique et rien que pour cette saison, leurs écarts ont été étudiés à quatre reprises, le dernier en date étant celui de l’attitude raciste des supporteurs à l’endroit du footballeur niçois d’origine italienne Mario Balotelli alors que le dossier Bastia-Nantes est toujours pendant.

S’agissant enfin des suites qui seraient accordées aux évènements qui ont émaillé la rencontre de dimanche passé, la présidente de la LFP a tenu à préciser que «la commission de discipline est indépendante, je ne voudrais pas donner l'impression que je m'immisce dans ses décisions. Je lui laissé le soin de choisir la sanction appropriée. Par ailleurs, il est bon de rappeler qu'une enquête en flagrance a été ouverte par le procureur de la République à Bastia. Il faudra utiliser tous les moyens juridiques à notre disposition pour identifier les fauteurs de troubles».

A. L.

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