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Monde | Par Rabah Iguer | 19-04-2017

Les prisonniers palestiniens poursuivent leur grève

Apartheid judiciaire dans les geôles israéliennes

Parmi les 6 500 Palestiniens actuellement détenus dans les prisons israéliennes, figurent 62 femmes et 300 mineurs (garçons et filles). Environ 500 d'entre eux sont sous le régime extrajudiciaire de la détention administrative qui permet une incarcération sans procès ni inculpation

La grève de la faim entamée lundi dans les geôles israéliennes par plus d'un millier de détenus palestiniens réclamant la fin des  conditions de détention insupportables et illégales et dénonçant un apartheid judiciaire, se poursuit. Environ 1 300 détenus palestiniens ont commencé leur grève de la faim illimitée dans le cadre de ce mouvement collectif sans précédent, lancé par le parti Fatah et dirigé par l'un des plus emblématiques  prisonniers palestinien Marwan Barghouthi, auquel se joindront des centaines de détenus de tous partis. La grève de la faim vise à «mettre fin aux abus» de l'administration pénitentiaire israélienne, a expliqué l'initiateur de ce mouvement, Marwan  Barghouthi, dans une tribune envoyée au quotidien New York Times depuis sa prison où il est condamné à la perpétuité. «Les prisonniers palestiniens souffrent de torture, de traitements  dégradants et inhumains et de négligence médicale, certains ont été tués en détention», a dénoncé Marwan Barghouthi. Il a, en outre, dénoncé «un apartheid judiciaire qui garantit une  impunité pour les Israéliens ayant commis des crimes contre des  Palestiniens et criminalise la résistance palestinienne». Depuis 1967 et l'occupation par l'armée israélienne des Territoires  palestiniens, plus de 850 000 Palestiniens ont été emprisonnés par l’Etat colonial israélien. Ces dernières années, plusieurs détenus se sont lancés dans des grèves de la faim individuelles pour protester contre leur détention arbitraire. Pour eux, la seule arme reste la grève de la faim, ils en ont mené de nombreuses au fil des décennies d'occupation, certaines très longues, beaucoup d'entre elles victorieuses. Parmi les 6 500 Palestiniens actuellement détenus dans les prisons  israéliennes, figurent 62 femmes et 300 mineurs (garçons et filles). Environ 500 d'entre eux sont sous le régime extrajudiciaire de la détention administrative qui permet une incarcération sans procès ni  inculpation. Treize députés palestiniens sont aussi emprisonnés. La Journée des prisonniers palestiniens célébrée lundi permet de mettre à nu les exactions auxquelles se livre l’occupation israélienne au mépris des lois et valeurs universelles, en autorisant toutes sortes de violations à l’encontre des détenus, notamment la torture, l’alimentation forcée et l’arrestation d’enfants. Les prisonniers palestiniens revendiquent le respect du droit à des visites familiales, la fin de la politique de l’isolement et de la détention administrative. Par ailleurs, la présidence palestinienne a appelé les autorités d'occupation israéliennes à répondre à ces demandes pour «la liberté et la dignité des prisonniers».

R. I.

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