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Théma | De notre correspondant à Tizi Ouzou Malik Boumati | 19-04-2017

Tizi Ouzou

Entre mauvaise gestion et comportement exécrable du personnel

Il y a plus de dix années que le gouvernement a initié une réforme dans son système de santé. Après des flottements éreintants pour les initiateurs de la réforme hospitalière et pour les malades, l’opération a fini par avoir lieu mais pas totalement, certains aspects de la réforme ayant été abandonnés en raison de la résistance de la population. Il reste que grâce à cette réforme, le système de santé a connu des améliorations certaines.

Il y a plus de dix années que le gouvernement a initié une réforme dans son système de santé. Après des flottements éreintants pour les initiateurs de la réforme hospitalière et pour les malades, l’opération a fini par avoir lieu mais pas totalement, certains aspects de la réforme ayant été abandonnés en raison de la résistance de la population. Il reste que grâce à cette réforme, le système de santé a connu des améliorations certaines. Et la situation financière en vigueur à l’époque en Algérie a été d’un apport considérable, surtout que les responsables du secteur de la santé ont décidé de doter les établissements hospitaliers d’un grand nombre d’équipements de pointe. L’acquisition de tous ces équipements de dernière génération a été accompagnée par une réorganisation du fonctionnement des différents établissements pour une «meilleure efficacité».

Néanmoins, malgré la nette amélioration apportée dans les établissements, la persistance des lacunes est une réalité amère. Deux paramètres demeurent des points noirs dans une bonne partie des établissements hospitaliers du pays ; à savoir la gestion des équipements acquis et le comportement à la limite de l’humain de certains membres du personnel à l’égard des malades. Il y a effectivement des habitudes néfastes qui sont difficiles à changer dans un milieu où la pression est grande et dure à gérer. Mais le changement est d’une nécessité vitale, non seulement pour les patients, mais aussi pour les établissements eux-mêmes, notamment de peur qu’ils soient boudés par la population au profit des établissements de plus grande envergure, tels que les CHU et les EPH.

En effet, de nombreux établissements hospitaliers en Algérie souffrent du phénomène de la panne répétitive des équipements. Au point où les citoyens soupçonnent une volonté de réorienter les malades vers les cliniques et autres cabinets privés. Parfois, l’on ne se contente pas de soupçons mais d’accusations qui font état de complicité de dirigeants, de médecins ou d’infirmiers avec des opérateurs privés. Combien de fois, les scanners et les IRM sont annoncés en panne, contraignant les patients, pris par l’urgence, de se diriger vers le privé pour débourser entre 18 000 et 30 000 dinars. Des sommes difficiles à avoir pour les petites bourses qui souffrent déjà de la cherté de la vie quotidienne.

En outre, il faut dire que la réorganisation des établissements hospitaliers, notamment avec la création des Etablissements publics de la santé de proximité (EPSP), aux côtés des EPH, des EHS et des CHU, a grandement amélioré la prestation au profit de la population. Mais pas entièrement, puisque le dispatching des médecins spécialistes à travers les différents établissements n’a pas été fait de façon à ce que les différentes régions bénéficient de chaque spécialité. Il n’est pas facile de doter chaque polyclinique de toutes les spécialités médicales, et cela réduit de sa valeur auprès de la population de la localité couverte par cet établissement. C’est ce qui conduit les malades et leurs proches à privilégier les EPH ou même les CHU pour des soins disponibles au sein des polycliniques.

Mais ce qui exécrable dans les hôpitaux algériens, c’est l’attitude inhumaine de certains membres du personnel, qu’ils soient médecins ou infirmiers, à l’égard des malades. Ces derniers sont parfois maltraités psychologiquement. Parfois, ils sont mal pris en charge en raison de négligences avérées. Cela parce que certains membres du personnel ne sont pas à leur place réellement. Ils n’ont pas choisi ce métier par amour ou passion, mais parce que c’est le seul secteur où ils disposent de connaissances et de piston. Une attitude exécrable qui donne une mauvaise image des établissements hospitaliers en général et de leurs collègues en particulier, car au sein de la communauté médicale et paramédicale, il existe des personnes dotées d’humanisme, mais aussi d’amour pour le métier qu’elles exercent.

M. B.

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