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Monde | Par la Rédaction Internationale | 20-04-2017

Voulant avoir les mains plus libres pour négocier le Brexit

Les législatives anticipées de Theresa May font polémique

L'organisation d'élections législatives anticipées le 8 juin, élections demandées par la Première ministre conservatrice Theresa May au motif d'avoir les mains plus libres pour négocier le Brexit fait déjà polémique. May a besoin de l'aval des deux tiers de la chambre basse du parlement de Westminster pour appeler les Britanniques aux urnes avec trois ans d'avance.

L'organisation d'élections législatives anticipées le 8 juin, élections demandées par la Première ministre conservatrice Theresa May au motif d'avoir les mains plus libres pour négocier le Brexit fait déjà polémique. May a besoin de l'aval des deux tiers de la chambre basse du parlement de Westminster pour appeler les Britanniques aux urnes avec trois ans d'avance. Un résultat qui paraît a priori acquis, Jeremy Corbyn, le chef du Parti travailliste, la principale formation d'opposition, ayant annoncé qu'il y était favorable même s'il joue sa tête. Le Labour est en effet distancé de 21 points par les conservateurs dans les derniers sondages et en cas de défaite sévère, Corbyn partira, selon les observateurs. Une faiblesse dont Mme May veut profiter pour conforter sa majorité, actuellement de 17 sièges. Après des mois passés à démentir vouloir bouleverser le calendrier électoral pour ne pas ajouter l'instabilité politique à l'inconnu du Brexit, elle a expliqué que ses opposants ne lui avaient pas laissé le choix, lors de son annonce surprise mardi qui a sonné comme «un coup de tonnerre dans un ciel bleu» selon le Telegraph. Malgré le soutien apporté en mars par le Parlement au déclenchement de la procédure de divorce avec l'UE, Mme May a dit craindre des blocages qui affaibliront la position de Londres dans les négociations avec Bruxelles qui doivent démarrer début juin. «Il y a le potentiel clair d'un vote contre la loi mettant en œuvre la sortie de l'UE et contre l'accord final» avec Bruxelles, a-t-elle expliqué dans un entretien au tabloïd The Sun. Corbyn a mis en garde contre la tentation de faire du Royaume-Uni un paradis fiscal, tandis que la question du sort des immigrés européens divise jusque dans son propre camp. «Nous voulons la meilleure position de négociation avec l'Union européenne», s'est encore justifiées May auprès du Sun, affirmant qu'elle serait «bien plus libre» après les élections. Le quotidien The Guardian estime qu'avec ce scrutin anticipé May veut montrer que le Brexit est irréversible. Tim Farron, le chef du parti libéral-démocrate, pro-UE, préfère y voir une «chance pour changer la direction» prise par le Royaume-Uni et «éviter le désastre d'un Brexit dur», impliquant une sortie du marché unique. Pour le quotidien Evening Standard le jeu n'est pas dénué de risques pour May, en particulier en Ecosse où le Parti national écossais (SNP, au pouvoir), pro-UE, «pourrait maintenir et même accroître son avance», lui donnant davantage d'arguments pour obtenir le nouveau référendum d'indépendance qu'il réclame. May pourrait aussi être confrontée à la lassitude des électeurs, qui vont connaître leur quatrième vote crucial pour l'avenir du Royaume-Uni en quatre ans, après le référendum sur l'indépendance de l’Ecosse en 2014, les législatives de 2015 et le référendum sur le Brexit en juin 2016. Alors que la campagne électorale n'est même pas encore lancée, elle a déjà provoqué la polémique en laissant entendre qu'elle ne prendrait pas part à un débat télévisé avec les autres chefs de partis, qui l'ont accusée de «déni démocratique».

R. I.

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