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Monde | Par Rabah Iguer | 20-04-2017

L’alliance américano-saoudienne de nouveau revigorée

Washington-Ryadh : haro sur l’Iran

Les dirigeants saoudiens ne font plus secret de leur hostilité à l’Iran. Quasiment tous les conflits régionaux sont lus au travers de ce prisme. D’autant plus que Ryadh trouve une oreille désormais plus favorable à Washington avec l'administration Trump, qui ne cesse de dénoncer «l'influence néfaste» de l'Iran au Moyen-Orient

La visite du secrétaire américain à la Défense Jim Mattis à Ryadh s’inscrit dans l’objectif de pour revigorer une alliance américano-saoudienne qui s’accorde sur la fameuse «menace» de l'Iran. L'Arabie saoudite n’a que trop peu apprécié la négociation de l'accord sur le nucléaire iranien, signé en juillet 2015 par l'administration Obama. Aujourd’hui les choses semblent changer. La rencontre de Jim Mattis avec le roi Salmane, le prince héritier Mohammed ben Nayef et le puissant vice-prince héritier Mohammed ben Salmane est symbolique du réchauffement des relations passées par un froid durant la période Obama et la signature de l’accord sur le nucléaire. Les dirigeants saoudiens ne font plus secrets de leur hostilité à l’Iran. Quasiment tous les conflits régionaux sont lus au travers de ce prisme. Le Bahreïn, le Liban ou bien le Yémen, pays déchiré par une guerre civile meurtrière entre les Houthis, accusés de liens avec l'Iran, et les forces pro-Hadi soutenues par l'Arabie saoudite. Les Saoudiens trouvent une oreille désormais plus favorable à Washington avec l'administration Trump, qui ne cesse de dénoncer «l'influence néfaste» de l'Iran au Moyen-Orient. La nouvelle administration a notamment imposé de nouvelles sanctions à Téhéran prétextant des essais iraniens de missiles balistiques en février. Les militaires américains voient mal désormais les activités des Houthis au Yémen, accusés de «menacer» la libre circulation dans le détroit stratégique de Bab Al-Mandeb reliant la mer Rouge à l'océan Indien. Ils accusent directement l'Iran d'avoir fourni aux Houthis des armes qui menaceraient cette voie stratégique du commerce mondial. L’administration Trump ne cache plus son hostilité à l’Iran. «Téhéran a pour objectif de devenir le pouvoir prédominant» au Moyen-Orient, avait déclaré le général Joseph Votel, le chef du commandement des forces américaines au Moyen-Orient. Un discours apprécié dans les pays du Golfe. L'administration Trump en use volontiers en annonçant par exemple lever le gel d'une livraison de bombes à guidage de précision à l'Arabie saoudite, décidé par l'administration Obama en décembre, en raison du nombre élevé de victimes civiles au Yémen. De même, l'administration Trump pourrait décider de renforcer le soutien apporté à la coalition saoudienne au Yémen. Le dossier syrien est évidement l’un des principaux sujet de discussion. Pour la première fois en six ans, l'armée américaine est intervenue directement contre la Syrie avec un bombardement de 59 missiles Tomahawk visant une base aérienne syrienne, une agression applaudie par les dirigeants saoudiens. Après l’Arabie saoudite, Mattis rencontrera le Premier ministre Benjamin Netanyahu, ainsi que le président israélien Reuben Rivlin, et son homologue Avigdor Lieberman. Certains observateurs estiment que les Etats-Unis travaillent à la constitution d'un front commun entre Israël et les pétromonarchies du Golfe prenant comme prétexte l’épouvantail iranien.

R. I.

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