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Culture | De notre correspondant à Annaba Mohamed Rahmani | 20-04-2017

La consécration des artistes doit ouvrir la voie à la promotion de la culture

Acculturation et syncrétisme en vogue 

Le président de la République vient d’attribuer la médaille Achir à une trentaine d’artistes, une symbolique forte et une reconnaissance de l’Etat à ces hommes et femmes qui ont servi la culture nationale. Cette initiative pourrait être le point de départ d’un renouveau de notre culture dopée par cette distinction qui l’honore, un piédestal qui serait un phare pour tous nos écrivains, nos hommes de théâtre, nos musiciens, nos artistes peintres et tous ceux épris de Dame culture.

Le président de la République vient d’attribuer la médaille Achir à une trentaine d’artistes, une symbolique forte et une reconnaissance de l’Etat à ces hommes et femmes qui ont servi la culture nationale. Cette initiative pourrait être le point de départ d’un renouveau de notre culture dopée par cette distinction qui l’honore, un piédestal qui serait un phare pour tous nos écrivains, nos hommes de théâtre, nos musiciens, nos artistes peintres et tous ceux épris de Dame culture.

Les responsables de ce département, qu’ils soient au niveau central ou local, dans les wilayas et les communes, et d’autres ministères tout autant concernés, devraient en prendre l’exemple en sortant sur le terrain pour être près de ces hommes, les encourager et les soutenir dans leur œuvre. Œuvre qui ne se mesure pas à l’aune investissement-profit, car non quantifiable et intemporelle, elle traverse le temps et les générations pour constituer un patrimoine qui reste inestimable.

Ainsi, investir dans la culture revient à investir dans la société et pour la société pour bien asseoir son appartenance, son identité et lui assurer une pérennité lui jalonnant ainsi un parcours qui lui sied et qui la différencie des autres tout en étant ouverte sur le monde.

Mais à ce jour, notre culture se débat encore attaquée et agressée de toutes parts par des cultures étrangères qui la vident de son essence et la remisent dans la classe de celles «démodées et périmées» qui ne peuvent prétendre au raffinement et aux goûts en vogue. Cette invasion culturelle qui touche principalement les jeunes générations via le web et les réseaux sociaux est aussi soutenue par les médias lourds pour pénétrer jusque dans nos foyers où l’on se gave de ces cultures en déphasage total avec la réalité de notre société terrassée par ces supports électroniques car ne pouvant se défendre. Une défense qui, normalement, est du ressort des institutions dédiées à la culture. Ce ne serait pas du protectionnisme si l’on prenne des dispositions pour développer et diffuser sa propre culture en lui donnant les moyens pour s’affirmer et s’affermir et ainsi retrouver sa place qui lui revient de droit parmi les siens. Nos hommes de culture sont marginalisés et eux mêmes remisés dans des espaces qui ne sont pas les leurs au lieu d’être sous les feux de la rampe pour être présentés et voir leurs œuvres diffusées et reconnues. Cette catégorie particulière est l’expression d’une culture, d’une éminence, d’une élévation, elle devrait être respectée et reconnue car elle porte en elle l’essence de la société tout entière en préservant tout un patrimoine.

Le discours comme son nom l’indique reste un discours même s’il porte parfois en insistant sur la nécessité de protéger les cultures nationales car celui-ci n’est pas soutenu par des actions à même de concrétiser ces déclarations assimilées à des vœux pieux. L’invasion culturelle continue avec ses effets ravageurs, acculturation syncrétisme, effacement de la personnalité et de l’identité apparaissent dans les comportements et s’incrustent même dans le langage. Car tout simplement la culture nationale a été supplantée et remplacée non par une mais par d’autres si bien que l’on ne sait plus à quel référent nous avons affaire.

M. R.

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