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Culture | De notre correspondant à Constantine Nasser Hannachi | 20-04-2017

Les distinctions exhortent à plus de créativité

La culture requiert une synergie intersectorielle

Quelle gratitude pour les artistes et les hommes et femmes de culture de se faire remettre, par le président de la République, une médaille de l’Ordre du mérite national pour leur contribution à la promotion culturelle. La distinction donne des ailes et rassure. Et permet des inspirations, des imaginations qui consolident l’émancipation et l'innovation en la matière. D’autant qu’elle est estampillée du sceau du chef de l’Etat. Ce groupe honoré de la médaille Achir constitue un échantillon méritoire parmi toutes les potentialités existantes dans cette vaste Algérie.

Quelle gratitude pour les artistes et les hommes et femmes de culture de se faire remettre, par le président de la République, une médaille de l’Ordre du mérite national pour leur contribution à la promotion culturelle. La distinction donne des ailes et rassure. Et permet des inspirations, des imaginations qui consolident l’émancipation et l'innovation en la matière. D’autant qu’elle est estampillée du sceau du chef de l’Etat. Ce groupe honoré de la médaille Achir constitue un échantillon méritoire parmi toutes les potentialités existantes dans cette vaste Algérie.

Mais plasticiens, écrivains, musiciens, comédiens... Tous demeurent aux aguets pour une réelle prise en charge dépassant le geste de gratifier pour une pérennité artistico-culturelle. Le marché de l’art et la régulation sans heurts des activités à l’échelle locale restent deux axes partiellement traités. Voire effleurés par des mesures ministérielles. Des textes bondissent. Le concret ne se fait pas sentir dès lors que la mobilisation et l’implication ne suivent pas à la base. Combien d’artistes peintres vivent dans la précarité optant souvent pour le porte-à-porte pour céder leurs toiles. La disponibilité des espaces à Constantine n’a pas permis cette métamorphose faute de propositions adaptées adressées aux sphères centrales. Les secteurs du tourisme et de la culture visent des actions éphémères figées dans des programmes «fourre-tout». Ils affichent leur incapacité à établir un canevas en collaboration avec les acteurs principaux afin d’ouvrir la voie à la commercialisation appropriée des œuvres. Idem pour le marché livresque qui souffle le chaud et le froid malgré les lois promulguées.

L’anarchie persiste. Les mobilisations pour l’essor escompté demeurent minces. L’interconnexion entre les tutelles concernées par la promotion de la culture est quasi absente sur terrain. Hormis les débats organisés à la capitale, ayant mis un peu de lumière sur les diverses disciplines (théâtre, cinéma et domaine livresque), les interventions intersectorielles régionales se cherchent désespérément. Une démarche judicieuse pour cerner les vraies préoccupations auxquelles le secteur est confronté. L’impact n’a pas été suivi. Il faudra asseoir une réelle politique loin des constats de bureau impliquant principalement les concepteurs de projets pour pouvoir aspirer à une entreprise persuasive et durable prenant en compte entre autres la socialisation et les attentes de l’artiste. Tout comme les goûts du citoyen lambda.

C’est l’avis de la majorité des artisans dans le microcosme didactique Constantinois. La réorganisation du secteur tarde à voir le jour malgré la multiplication des entrevues et des textes élaborés par le ministère. Une hirondelle ne fait pas le printemps. Il échoit à tous les départements concernés par l’acte culturel de proposer des esquisses aptes à améliorer la situation socioprofessionnelle des artistes et du coup générer un déclic permanent dans les espaces d’expression associant modernité et authenticité sans exclusion. Une invitation aux cultures du monde pour un brassage universel qui profite aux populations. En déperdition d’appui budgétaire, la culture se doit dans cette conjoncture un nouveau souffle pour perdurer avec des mannes «restaurées» et affectées dans le contexte officiel des évènements. Sous peine de demeurer au contraire du principe de la socialisation et de la promotion. Et l’artiste, comédien, peintre… se fige dans son atelier loin des feux des projecteurs. Pis il pourrait raccrocher faute d’une attention permanente des décideurs.

N. H.

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