INFOS
Culture | De notre correspondant à Tizi Ouzou Malik Boumati | 20-04-2017

La contribution de plusieurs secteurs est nécessaire

L’art et la culture ont besoin d’un environnement favorable

Le président Bouteflika a honoré une trentaine d’artistes et hommes de lettres en leur attribuant la médaille Achir qui constitue un hommage à ces femmes et ces hommes qui ont donné leur vie à la culture et aux arts. Mais ce n’est qu’un hommage et il ne peut être une fin en soi. C’est un geste symbolique censé faire plaisir au récipiendaire, mais pas plus. Mais il reste tellement à faire pour conforter la situation des artistes et surtout socialiser la culture et les arts. Ceci est une œuvre de longue haleine et ce n’est pas une médaille Achir qui va la concrétiser.

Le président Bouteflika a honoré une trentaine d’artistes et hommes de lettres en leur attribuant la médaille Achir qui constitue un hommage à ces femmes et ces hommes qui ont donné leur vie à la culture et aux arts. Mais ce n’est qu’un hommage et il ne peut être une fin en soi. C’est un geste symbolique censé faire plaisir au récipiendaire, mais pas plus. Mais il reste tellement à faire pour conforter la situation des artistes et surtout socialiser la culture et les arts. Ceci est une œuvre de longue haleine et ce n’est pas une médaille Achir qui va la concrétiser.

Un artiste a besoin de voir ses œuvres valorisées et diffusées et ce n’est ni le rôle du chef de l’Etat, ni celui du seul ministre de la Culture. L’artiste a besoin de vivre de son art et de faire vivre son art, et ce n’est pas une médaille Achir qui va l’y aider. Il faut dire que l’artiste algérien est loin de ces attentes. De ces besoins. Tout simplement parce que l’environnement tel qu’il a été construit au fil des ans, ne permet pas un véritable épanouissement de l’artiste. D’abord, l’artiste ne peut évoluer sans liberté de pensée parce que c’est le seul état qui lui permet de créer. D’être créatif. De produire de belles œuvres.

En plus de la libre pensée, l’artiste a besoin d’un environnement favorable à l’art et à la culture, à commencer par l’existence d’un public susceptible d’apprécier ses œuvres. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Comme résultat de la période d’instabilité des années quatre-vingt-dix, le public a déserté la chose culturelle et artistique. Pendant de longues années, il n’y a eu de public que pour la chanson festive, celle qui offre l’occasion aux gens de danser et de se défouler malgré la médiocrité des textes et l’horreur des mélodies. Depuis quelques années, certains chanteurs produisant de la qualité attirent de plus en plus le public. C’est de bon augure, surtout que ce nouveau public est constitué essentiellement de jeunes.

Mais ce début de «renaissance» ne concerne que la chanson. Les autres disciplines culturelles et artistiques souffrent toujours de l’absence de public. Un signe que l’éducation artistique a cessé d’exister en Algérie. Et ce, depuis que l’école algérienne a décidé d’abandonner cet aspect de l’éducation, à des fins idéologiques. Ils sont malheureusement rares les gens qui s’intéressent à des vernissages, qui se bousculent dans les salles de cinéma ou qui se ruent vers les théâtres. Les artistes ont besoin de ce public pour faire vivre leur art et pour vivre de leur art, mais ils ont aussi besoin d’infrastructures pour travailler dans de bonnes conditions.

Cela montre qu’il faut plusieurs secteurs pour que l’artiste évolue dans les meilleures conditions. Dans un meilleur environnement. C’est la meilleure façon de contribuer à l’édification d’une culture authentique et majeure. Une culture capable de s’enrichir des autres cultures et les enrichir sans perdre son identité. C’est la meilleure façon surtout de résister à toutes ces vagues de culture fast-food qui participe à la destruction de la culture et des arts et à la socialisation de la déculturation et de l’acculturation.

M. B.

Réactions (0)