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Culture | Par Sihem Bounabi | 20-04-2017

Consécration des artistes par le président de la République Abdelaziz Bouteflika

Un acte de reconnaissance et un signal fort pour les institutions

Dimanche dernier, l’opéra d’Alger a accueilli la cérémonie de remise des médailles de l’Ordre de mérite national Athir et Achir que le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a décerné à 31 hommes et femmes de lettres, de l'art, des chercheurs et des académiciens, distingués par le Président, en vertu de deux décrets présidentiels publiés dans le journal officiel n°20.

Dimanche dernier, l’opéra d’Alger a accueilli la cérémonie de remise des médailles de l’Ordre de mérite national Athir et Achir que le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a décerné à 31 hommes et femmes de lettres, de l'art, des chercheurs et des académiciens, distingués par le Président, en vertu de deux décrets présidentiels publiés dans le journal officiel n°20.

Pour la première fois, cette reconnaissance officielle de l’état algérien, de l’apport des personnalités culturelles et des académiciens dans la construction de la nation est une consécration à la hauteur de ces grands hommes et femmes.

Certes, c’est un grand pas en avant pour la reconnaissance des artistes par l’Algérie officielle. Mais cela devrait impulser une réelle prise de conscience au niveau des institutions étatiques tout secteur confondu.

Il s’agit de mettre en place une réelle politique intersectorielle pour une réelle prise en charge des conditions socioprofessionnelles des artistes à travers une batterie de mesures qui vont au-delà des simple prérogatives du ministre de la Culture.

Il faut reconnaître qu’après plus d’un demi-siècle de revendications pour la reconnaissance de leur statut, la protection des conditions sociales des artistes a marqué un pas en avant, avec notamment le décret exécutif n°14-69 du 9 février 2014, publié au Journal officiel fixant la protection sociale de l'artiste.

Ainsi, en plus de la délivrance de la carte professionnelle de l'artiste, ce décret permet pour la première fois la prise en charge de la couverture sociale par la Cnas de l’ensemble des artistes et des auteurs rémunérés dans le cadre des activités artistiques.

Pour la première fois, la carte professionnelle remise par le Conseil national des arts et des lettres permet l’adhésion à la Caisse d’assurances sociales grâce à l’implication du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale,

Depuis des milliers de cartes ont été distribuées à travers tout le territoire national, mais le chemin reste encore long.

Il faut savoir qu’au jour d’aujourd’hui, un artiste n’a pas le droit légal d’établir une facture en son nom et doit impérativement passer par un tiers pour être rémunéré. Dés lors, l'artiste algérien, qui a joué un rôle historique dans la nation est encore sous tutelle de tiers pour légitimer son dû. Le Conseil national des arts et des lettres avait déjà d’ores et déjà annoncé, il y a plusieurs années qu’il œuvre à l’élaboration d’un projet de loi, pour l’élaboration d'un autre décret sur les relations du travail, à travers un arsenal juridique avec pour objectif la promotion des intérêts socioprofessionnels de l'artiste dont la possibilité d’établir des factures en tant qu’artiste.

Il y a également d’autres aspects qui devront être pris en charge pour offrir aux artistes les conditions idoines pour que l’art et la culture puissent exister en toute plénitude en Algérie.

Ainsi le ministère des Finances devait se penser sur la catégorie des artistes et des métiers d’art, en proposant des facilitées fiscales sur les divers produits et matériels utilisés. Que cela soit les matières premières tel que le papier, ou les différentes formes de matériels techniques car il devient ubuesque d’aligner les artistes sur le même barème d’un commerçant ou un importateur.

Le ministère de l’Education devrait également s’impliquer d’avantage car au-delà des signatures des conventions et des partenariats avec le ministère de la Culture, la concrétisation sur le terrain tarde à voir le jour.

Aujourd’hui, avec l’implication du plus haut représentant de l’Etat pour la reconnaissance de l’artiste en tant que l’un des maillons forts de la nation, un signal fort est donné à toutes les institutions et à tous les secteurs de s’impliquer d’avantage dans la reconnaissance du statut de l’artiste. Il s’agit d’être lucide que ce qui est en jeu, c’est la formation des nouvelles générations qui devront incarner l’âme de la patrie et représente l’ultime rempart contre l’obscurantisme et la déstabilisation de l’Algérie.

S. B.

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