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Sport | Par A. Lemili | 07-05-2017

En dépit d’une réglementation très précise

Le football dans les fonds abyssaux de l’anarchie

Ce que tout le monde sait sur les travers, les dérives et les dépassements dans le monde du sport en général et le football en particulier, les instances le savent également. Pourtant, depuis le changement de statut du football d’élite, il y a plus de cinq années maintenant, tout est encore approximatif pour ne pas dire nébuleux. Les footballeurs-salariés sont recrutés sans qu’au moins l’un d’eux soit destinataire d’une copie du contrat de travail allègrement signé sans lecture et plus particulièrement des dispositions qui les désavantagent sciemment. Les footballeurs sont également l’objet de mesures coercitives prises à leur encontre selon un règlement intérieur dont ils n’ont d’abord jamais été mis au courant et qui parfois n’existe que dans l’imagination des responsables avec en plus un mépris total des dispositions légales dés l’instant où des sanctions sont prises.

Selon sa dénomination, son statut, son organisation et son fonctionnement, un club de football professionnel est censé procéder de la même réglementation qu’une entreprise économique. Autrement dit, l’organisation y est pyramidale, les responsabilités sont partagées selon l’ordre hiérarchique et les attributions de chacun de ses membres et/ou salariés sont connues.

De l’expression des besoins au recrutement, la démarche est claire, nette et précise. Ainsi tout footballeur et en même temps salarié est enrôlé en tant que tel avec ses droits et ses devoirs comme son employeur est tenu par les mêmes responsabilités envers de tierces parties représentant notamment les pouvoirs publics et/ou privés. Nous n’en citerons que les principales : Caisse de sécurité sociale, service des impôts, prestataires de services et autres fournisseurs, banques…

En tant que salarié et au même titre que l’entraîneur dont les conditions d’emploi, l’exercice dans les détails de cet emploi lesquels sont ironiquement respectés, le footballeur perçoit un salaire selon ses compétences lesquelles peuvent être négociées de part et d’autre. De ce salaire sont extraites des charges que l’employeur après ponction directe à la source verse donc à la caisse de sécurité sociale, aux impôts comme il s’acquitte de la part qui lui incombe. Jusque là, tout est d’une simplicité enfantine et au-delà il y a le salaire du salarié qui lui est versé dans un compte bancaire personnel. Comme est tout autant claire le recrutement des entraîneurs.

Que se passe-t-il donc pour que tout ne marche pas ainsi ? En effet, chaque jour les médias répercutent la situation désespérante de footballeurs qui n’ont pas été payés depuis des mois. Régulièrement des plaintes de footballeurs sont enregistrées au niveau de la ligue au moment où la commission nationale de résolution des litiges fonctionne presque sans discontinuer tant le volume de réclamations a pris de l’importance. Et selon l’humeur et/ou une conjoncture ponctuelle la caisse de sécurité sociale rue dans les brancards pour se rappeler au bon souvenir des instances sportives nationales, exigeant en ce qui la concerne une solution quant aux créances faramineuses qu’elle détient sur la majorité des clubs de Ligues 1 et 2 Mobilis.

Ce que tout le monde sait donc, ces mêmes instances le savent. Pourtant, depuis le changement de statut du football d’élite, il y a plus de cinq années maintenant, tout est encore approximatif pour ne pas dire nébuleux. Les footballeurs/salariés sont recrutés sans qu’au moins l’un d’eux soit destinataire d’une copie du contrat de travail allègrement signé sans lecture et plus particulièrement des dispositions qui les désavantagent sciemment. Les footballeurs sont également l’objet de mesures coercitives prises à leur encontre selon un règlement intérieur dont ils n’ont d’abord jamais été mis au courant et qui parfois n’existe que dans l’imagination des responsables avec en plus un mépris total des dispositions légales dés l’instant où des sanctions sont prises. Nous en donnons pour exemple, celles sanctionnant une faute, un écart de conduite et où il est question de dizaines de millions de centimes sans que toute cette anarchie n’ait jamais interpellé aucune partie et encore moins incommodé les premiers concernés.

Et si jusqu’aux règlements généraux des instances sportives nationales sont ignorés, voire bafoués comment tous les acteurs impliqués dans la discipline condescendraient-ils alors à respecter les décisions ponctuelles prises spécifiquement telles que les désignations de stades devant abriter une rencontre précise, celle d’arbitre, etc.

En fait un capharnaüm qui n’arrête pas de durer, qui plus grave encore modifie les cas d’exception en règles et qu’à chaque fois qu’il se termine il ouvre une autre plus cafouilleuse encore. Désormais, la Fédération algérienne de football a une autre composante, celle-ci est-elle à même de tirer des enseignements des situations chaotiques qui se sont empilées les unes sur les autres ? Cela sera jugé sur pièces à l’aune de la saison prochaine.

A. L.

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