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Sport | Par Malik Boumati | 07-05-2017

Violations, contournements et piétinements des textes

La loi est faite pour être respectée, sinon imposée



Comme des dizaines de pays dans le monde, l’Algérie dispose d’un ensemble de textes de loi qui régissent toutes les questions de la communauté nationale. Et dans tous les secteurs d’activités. Une réglementation qui peut être contestée ou discutée. Qui peut être amendée ou améliorée. Qui peut être encensée ou critiquée. Mais la réglementation existe et il n’est pas normal que beaucoup font comme si elle n’existait pas. Dans le secteur des sports, les entorses à la réglementation sont tellement nombreuses que l’on se demande souvent s’il existait des textes de loi qui régissaient les activités. Que les amoureux des sports et des disciplines sportives spécifiques, que les athlètes et les supporters sachent que des textes de loi existent bel et bien et si des dysfonctionnements sont visibles, ce n’est pas faute de réglementation.

Effectivement, les textes existent. Il faut peut-être les amender en vue de les améliorer mais ils existent bel et bien. Et si cela ne marche pas, c’est parce que ces mêmes textes ne sont pas respectés. Ils ne sont même pas appliqués dans certaines situations. Comment pouvons-nous espérer un développement de l’activité sportive quand nous nous permettons de violer les textes que nous avons, nous-mêmes, élaborés et adoptés ? Les entorses à la réglementation sont nombreuses mais elles ne trouvent personne pour dénoncer et réagir en conséquence. Même les pouvoirs publics laissent faire, comme s’ils étaient tétanisés. Cela quand ce ne sont pas eux carrément qui piétinent la réglementation.

Si la réglementation était appliquée, jamais le sport algérien n’aurait connu le règne de la chkara. Jamais l’on entendra parler d’un joueur de football transféré dans un autre club dans une transaction qui a coûté plus d’un milliard alors qu’elle a coûté plus. Ou moins. Des dénonciations ont déjà eu lieu dans ce sens mais personne n’a pas levé le petit doigt pour vérifier la véracité des déclarations et sanctionner les auteurs, y compris le parquet qui use rarement de sa prérogative de l’autosaisine. De même que les salaires des joueurs ont rarement constitué le thème d’un véritable débat public qui doit être mené en toute sérénité, surtout que cette question est étroitement liée à celle au paiement des cotisations sociales et des impôts. Parce que la population en général et les supporters en particulier ont le droit de savoir combien un joueur paie-t-il d’impôts, et surtout savoir s’il est utile à la communauté.

En outre, le récent épisode du renouvellement des instances de la Fédération algérienne de football (FAF) a montré tout le mépris qu’un certain nombre de reponsables ont pour la réglementation. Certes, il y a eu un correctif en cours de route, mais cet épisode a rappelé à tout le monde que la vigilance doit rester de mise pour empêcher que les textes de loi ne soient utilisés à mauvais escient. Et nous sommes justement au milieu d’une polémique qui risque de ternir encore davantage l’image du sport algérien. Le renouvellement des instances du Comité olympique algérien a donné naissance à un bras de fer entre un président sortant qui ne veut pas sortir et un ministre de la Jeunesse et des Sports qui lui montre la porte de sortie. En dehors de la question de la légitimité des uns et des autres, la loi doit être respectée par Mustapha Berraf et par El Hadi Ould Ali. Personne ne doit être au dessus de la loi.

M. B.

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