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Sport | Par Malik Boumati | 14-05-2017

Seul le football intéresse l’Etat, les sponsors et la presse

Les sports aquatiques négligés

Toutes les quatre années, les Algériens suivent avec intérêt et beaucoup de plaisir le déroulement des Jeux olympiques d’été. Il est question de la participation algérienne bien entendu, surtout si elle enregistre des athlètes exceptionnels susceptibles de décrocher des médailles à l’instar de Makhloufi et Bouraada. Mais l’intérêt des Algériens ne se limite pas aux athlètes de leur pays. Ils s’intéressent aux Jeux même après l’élimination de tous les participants algériens, parce que c’est un rendez-vous qui leur permet de découvrir des disciplines sportives, en plus de suivre le parcours des plus grandes stars de la plus grande rencontre sportive du monde.

Toutes les quatre années, les Algériens suivent avec intérêt et beaucoup de plaisir le déroulement des Jeux olympiques d’été. Il est question de la participation algérienne bien entendu, surtout si elle enregistre des athlètes exceptionnels susceptibles de décrocher des médailles à l’instar de Makhloufi et Bouraada. Mais l’intérêt des Algériens ne se limite pas aux athlètes de leur pays. Ils s’intéressent aux Jeux même après l’élimination de tous les participants algériens, parce que c’est un rendez-vous qui leur permet de découvrir des disciplines sportives, en plus de suivre le parcours des plus grandes stars de la plus grande rencontre sportive du monde.

Ils découvrent différentes disciplines aquatiques inexistantes en Algérie comme la natation synchronisée, ou même le waterpolo. Mais ils découvrent aussi que celles qui existent dans leur pays sont loin de connaître une réelle prise en charge. De nombreux acteurs sportifs tirent la sonnette d’alarme sur le sort réservé à ces disciplines. Les barrages sont nombreux et l’aviron peine à décoller. Avec un littoral de 1 200 kilomètres, la voile reste une discipline négligée. Et paradoxalement, il n’y a que la natation qui a droit de cité au moment où l’Algérie manque terriblement de piscines. Cependant, l’Etat ne s’occupe que de l’équipe nationale de cette discipline. Encore une fois, c’est la vitrine qui prime, comme c’est déjà le cas en football.

Les pouvoirs continuent à tourner le dos à l’activité sportive en général. Ils n’ont d’yeux que pour le football, l’opium du peuple. La crise financière n’est pas faite pour arranger les choses. Les disciplines aquatiques ne figurent même pas parmi leurs soucis majeurs. Pourtant, certaines expériences ont montré que des disciplines sont susceptibles de faire flotter l’emblème national et de faire retentir l’hymne national. A l’instar de la voile qui a connu une certaine promotion durant les années quatre-vingt-dix. A l’époque et malgré la tourmente que notre pays subissait à cause de la violence terroriste et de la crise économique, l’Algérie disposait de dizaines de clubs de voile. Le championnat national et la coupe d’Algérie de voile attiraient beaucoup de monde et prédisaient un avenir radieux pour cette discipline.

La wilaya de Tizi Ouzou comptait au moins sept clubs exerçant la voile et participant aux compétitions nationales. La ville balnéaire de Tigzirt a même abrité des compétitions nationales. Mais aujourd’hui, tous ces clubs ont disparu. Il ne reste que le club de Tigzirt qui vit des difficultés qui le menace jusqu’à son existence. A l’image de la ligue de voile de la wilaya qui souffre de l’inaction de ses membres et la division entre eux qui l’éloigne de ses meilleurs éléments. Et quand on sait que les pouvoirs publics ne peuvent pas (crise) et ne veulent pas mettre la main dans la pâte pour développer ces disciplines qu’on appelle les sports d’eau, comment peut-on espérer que les sponsors privés s’y mettent ? Pourtant, il est primordial aussi que les opérateurs économiques s’intéressent un peu aux activités sportives pour soutenir les clubs et permettre aux disciplines de survivre. Il faut dire cependant que les sponsors ne peuvent mettre la main dans la poche si les médias marginalisent ce genre d’activités sportives. Effectivement, la presse ne fait pas grand-chose pour les autres sports et imite maladroitement les pouvoirs publics qui donnent tout au football et rien aux autres disciplines.

M. B.

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