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Magazine | Par Alain Wagener | 17-05-2017

L’agriculture urbaine fait de plus en plus d’adeptes

Des sociétés technologiques s’occupent de vos salades !

De grandes sociétés technologiques comme Sony, Panasonic ou Sharp, lorgnent sur l’agriculture urbaine pour diversifier leurs activités. Leur savoir-faire propre appliqué à la culture de légumes donne déjà, alors qu’elles sont en phases de test, des résultats étonnants en chiffres de production

De grandes sociétés technologiques comme Sony, Panasonic ou Sharp, lorgnent sur l’agriculture urbaine pour diversifier leurs activités. Leur savoir-faire propre appliqué à la culture de légumes donne déjà, alors qu’elles sont en phases de test, des résultats étonnants en chiffres de production

La réaction à cette situation s’organise toutefois en de nombreux endroits. On observe un essor de l’agriculture urbaine, ou de projets s’y rapportant. L’Université de Liège a lancé le projet Verdir consistant à transformer d’anciens entrepôts et bâtiments industriels en zones de production, basés par exemple sur l’aquaponie et l’hydroponie.

Des exemples identiques se rencontrent aux quatre coins du globe. Fermes sur les toits, ou fermes verticales, espaces potagers au cœur des villes… les initiatives se multiplient pour donner naissance à un système alimentaire local résilient tout en réduisant l’empreinte écologique de notre alimentation.

Toutefois, il ne faut pas se leurrer, il n’y a sans doute pas assez de place dans les villes pour cultiver en pleine terre les céréales, fruits et légumes nécessaires pour nourrir les citadins.

L’avenir de l’agriculture urbaine passera probablement par une cohabitation d’une agriculture «conventionnelle» (et si possible raisonnée, voire mieux, bio) et d’une agriculture où la technologie permettra d’optimaliser la production. Je ne fais bien évidemment pas là référence aux OGM mais à l’utilisation de logiciels et outils de monitoring et de gestion de l’éclairage, du degré d’humidité, de la chaleur… C’est déjà une réalité. Certains y travaillent depuis longtemps mais l’accélération semble se produire, signe probable de la faisabilité économique de la chose. Pour preuve, l’implication de plus en plus marquée de grands groupes high tech. L’automation et des processus de production optimalisés, c’est leur marque de fabrique et c’est ce dont a besoin l’agriculture «indoor».

Panasonic a lancé à Singapour une unité de production de 10 sortes de légumes. L’entreprise espère rapidement pouvoir diversifier l’offre en la portant à 30 légumes différents d’ici trois ans. Aujourd’hui la capacité de production est de 3,6 tonnes annuelles.

Au Japon, Toshiba produit des légumes (épinards, salade…) à Yokosuka, dans une atmosphère stérile, et ce dans un bâtiment de 2000 m².

2000 m² aussi pour Fujitsu qui a transformé une usine de fabrication de puces électroniques en une unité de production de laitues «faibles en potassium», destinées aux personnes devant suivre un régime particulier en la matière.

De son côté, une ancienne usine Sony a été reconvertie en une ferme intérieure capable de produire 10 000 salades par jour ! C’est la plus grande ferme du type au monde. Les salades y poussent deux fois et demi plus vite que d’habitude, en utilisant à peine 1% de l’eau qui leur serait nécessaire en agriculture «classique».

Sharp fait pousser des fraises à Dubaï, avec l’objectif un peu fou d’avoir dans cette ville des Emirats Arables Unis des sites de production sans personnel et qui seraient gérés et contrôlés, télécommandés, depuis le Japon !

Ces sociétés internationales de renom savent produire et contrôler l’énergie, gérer de manière précise l’éclairage, la qualité de l’air et de l’eau… se lancer dans le business de l’agriculture urbaine ne constitue pas pour elles un énorme défi technologique mais plutôt une diversification assez naturelle de leurs activités.

Cette vision high tech permet une production importante de produits frais à proximité des villes, ce qui signifie que la consommation sera aussi une consommation de produits frais.

De plus, même s’ils sont hors terre ou qu’ils poussent dans un espace sans lumière du jour, ces légumes seront «locaux». Ils généreront moins de déplacements (ou des déplacements plus courts) pour les acheminer vers le consommateur. On peut aussi espérer que même si la technologie primera, ces fermes urbaines ultra-sophistiquées devraient générer des emplois locaux aussi.

A. W.

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