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Evénements | Par Hassan Gherab | 20-05-2017

Bouteflika, à l’occasion de la Journée nationale de l’étudiant :

«L’Algérie a besoin de son élite pour sortir de la crise»



Le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, qui a toujours accordé de l’attention à la jeunesse algérienne, a saisi, hier, l’occasion de la Journée nationale de l’étudiant (19 mai) pour lui adresser un message. Avant d’entrer dans le vif du sujet, le chef de l’Etat commencera par la glorification de l’action des étudiants algériens le 19 mai 1956 qui a fait de cette journée un repère mémoriel et historique dans la mémoire collective. Cette prise de conscience qui a amené les étudiants et les élèves à abandonner les bancs des écoles et les amphithéâtres des universités pour rallier les rangs de combattants face au colonisateur français, a écrit une belle page d’histoire dont les jeunes d’aujourd’hui devraient s’inspirer, indique le Président.

 «Cette conscientisation est d’autant plus nécessaire que le pays est engagé dans une autre bataille, où la matière grise, les compétences et la savoir ont un rôle déterminant à jouer. Cette place stratégique de la connaissance a d’ailleurs amené l’Etat à consentir tous les efforts pour prémunir le système éducatif des effets de la crise. «Malgré l’existence d’une crise économique mondiale accablante qui a eu des répercussions négatives notamment sur les économies des pays en développement dont le nôtre, l’Etat a néanmoins maintenu sa politique et sa vision de prise en charge du système éducatif et poursuivi ses choix stratégiques, conscient de cette vérité absolue qu’il n’y a pas d’Etat fort, ni de peuple développé ni une économie fructueuse en dehors des hydrocarbures, sans un investissement sérieux et efficace dans le savoir que les générations montantes doivent obligatoirement acquérir», affirme M. Bouteflika. Sur ce point, le Président détaille sa conception de l’appréhension du savoir. «L’un de nos objectifs est que l’école doit rester un espace de réflexion et de dialogue, d’apprentissage de la culture de la démocratie et du respect de l’autre. Elle doit permettre de sortir de la répétition, de l’imitation et du simple apprentissage pour passer à la réflexion, l’argumentation et l’application.» C’est en tous points, la politique adoptée par la ministre de l’Education nationale, qui a ainsi un soutien appréciable du président de la République, soutien dont elle a grandement besoin face à ses nombreux détracteurs.

Le chef de l’Etat revient par la suite sur les «dangers de la mondialisation qui sont de nature à oblitérer l’identité nationale et culturelle, saper leurs fondements linguistiques et religieux pour consacrer l’hégémonie économique», avant d’exhorter les jeunes «à préserver l’identité nationale et son héritage civilisationnel pour contrer tous les dangers qui planent sur notre pays et garantir son immunité». «La remémoration, en ce jour, de la gloire de notre Révolution et de la contribution de l’élite intellectuelle, étudiants et élèves, aux sacrifices consentis pour la liberté et l’indépendance nationale est une aubaine pour m’adresser à notre élite intellectuelle au moment où notre pays est confronté à des défis majeurs. En effet, chaque pays a une élite formée de ses diplômés et de ses enfants, filles et garçons, excellant dans les écoles et les universités et l’Algérie a déployé des efforts colossaux qui lui ont permis de se doter de millions de diplômés issus de ses établissements de formation. Des établissements qui comptent encore des dizaines de millions d’étudiants et d’élèves de notre système d’éducation ainsi que des stagiaires de notre dispositif de formation professionnelle», ajoutera-t-il. Evidemment, l’Algérie attend un retour sur investissement qui doit se matérialiser dans une récolte conséquente de compétences qui contribueraient à la sortie du pays de la mauvaise passe dans laquelle il se trouve et à son développement. «Confrontée à la chute des prix des hydrocarbures, à ses retombées socio-économiques et à des défis nouveaux pour dépasser cette conjoncture, l’Algérie a besoin de son élite pour expliquer les raisons de la crise et réfléchir aux moyens et solutions de s’en sortir. La contribution de notre élite sous forme d’expertises auxquelles peuvent recourir le gouvernement et toutes les institutions en charge de la gestion du pays est une nécessité impérieuse. Parallèlement, la sensibilisation aux nouveaux défis et ce qu’ils impliquent en termes de détermination et d’adhésion de la part de la société constitue une entreprise importante dans la mobilisation de notre pays face à la conjoncture actuelle. Le concours de l’élite nationale permettra incontestablement d’élever le niveau de conscience au sein de la société et, partant, de barrer la route aux manœuvres, orchestrées tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, dans le but de semer le doute et le désespoir. Expliquer l’impératif pour l’économie de notre pays de se libérer de la dépendance excessive aux hydrocarbures et de tirer avantage de ses nombreuses et énormes potentialités pour un processus de développement durable et la pérennité de nos choix sociaux et solidaires sont autant d’apports que notre élite de diplômés et d’étudiants peut promouvoir au sein de son milieu familial et social, et partant dans l’ensemble du pays. C’est ainsi que seront mobiliser les volontés et libérer les initiatives pour atteindre l’effort escompté et la détermination espérée pour venir à bout de nos difficultés financières actuelles», soutient M. Bouteflika.

H. G.

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