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Evénements | Par Karima Mokrani | 20-05-2017

Le Conseil constitutionnel a annoncé jeudi les résultats définitifs des législatives

Le FLN perd 3 autres sièges au profit du MSP, TAJ et du FNA

Deux semaines après la tenue des législatives 2017, le Conseil constitutionnel en a rendu, jeudi, les résultats définitifs. Le FLN perd trois sièges au profit du MSP, TAJ et le FNA, avec un siège chacun et cela dans la wilaya de Blida. C’est là le seul changement par rapport aux résultats provisoires proclamés par la même instance présidée par Mourad Medelci, le 8 mai dernier, trois jours après d’autres résultats provisoires annoncés par le ministère de l’Intérieur. Pour le reste, aucune autre modification en ce qui concerne le nombre de sièges octroyés aux autres partis. Ni d’ailleurs dans le taux de participation au scrutin et le nombre des bulletins nuls.

Ainsi, le nombre de sièges «remportés» par le FLN est de 161 au lieu de 164. Le vieux parti perd trois autres sièges, après la quarantaine d’autres de perdus, en comparaison avec le scrutin de 2012, mais il garde sa place de première force politique. Une position dont il n’est pas trop fier vu le nombre considérable de sièges qu’il a perdus donc par rapport aux scrutins précédents, mais aussi du fait que le parti traverse une crise sérieuse, à un mauvais moment, et qui risque de lui coûter cher sinon au meneur d’orchestre, Djamel Ould Abbès, qui a cumulé les erreurs, montrant que la gestion et le leadership ne sont pas son affaire. Dès le départ, le successeur de Saâdani aurait dû confier la tâche à d’autres plus expérimentés, et surtout plus lucides et plus sereins.

Pour le RND, le nombre de sièges à la nouvelle chambre basse du Parlement est le même que celui proclamé le 8 mai dernier par la même instance présidée par Mourad Medelci, soit exactement 100 sièges. Moins que le FLN mais avec près de 50% de sièges de plus qu’en 2012. Ahmed Ouyahia, le SG du parti, a mené une bonne campagne, selon les observateurs. Contrairement à Ould Abbès, il a surtout fait montre d’une grande sérénité et d’une grande intelligence.

Derrière le RND, on retrouve toujours le MSP. Ce dernier gagne un siège de plus par rapport au chiffre annoncé le 8 mai dernier. De 33 sièges, il passe donc à 34. Faible par rapport aux chiffres des deux premières formations mais assez suffisant pour que les décideurs proposent au parti de faire partie du prochain gouvernement. En effet, il y a près d’une semaine, le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, en sa qualité de chargé de mission par le président de la République - et non en tant que nouveau Premier ministre ou chef d’un nouveau gouvernement - a reçu le président du MSP, Abderrezak Makri, et lui a demandé à ce que le MSP intègre le prochain gouvernement. Sellal a précisé que c’était le souhait du chef de l’Etat. Le chef du parti islamiste n’a pas répondu sur place à la demande de Sellal, lui expliquant que cela relève d’une décision du Majliss Echoura. Il a toutefois fait comprendre à l’opinion publique que c’est loin d’être son intention. Pas question que le MSP fasse partie de l’équipe gouvernementale, a soutenu Makri. Et si jamais le Madjliss Echoura décide du contraire, à l’issue de sa réunion, programmée justement pour hier (vendredi), Makri démissionnera du parti. Il l’a dit en ces termes. Contrairement à lui, l’ancien ministre et ancien président du parti islamiste, Aboudjerra Soltani, accueille très favorablement l’offre de Sellal. Ce serait même le résultat de tractations passées entre les deux parties, bien avant la tenue de ces élections. Soltani n’a jamais caché son désir de revenir, lui ou un membre du parti, dans le gouvernement. Le parti du défunt Mahfoud Nahnah, miné de l’intérieur, comme c’est le cas depuis des années, est sur le point de connaître une nouvelle implosion.

TAJ de l’ancien ministre Amar Ghoul, a gagné un autre siège, passant de 19, dans l’ancienne assemblée, à 20 dans la nouvelle. Très encourageant pour la formation islamiste qui maintient sa position initiale, avant même la création de TAJ, à savoir le soutien indéfectible au président Bouteflika et à son programme. Le FNA de Moussa Touati récupère son siège annoncé initialement par le ministère de l’Intérieur et annulé par le Conseil constitutionnel lors de son annonce des résultats provisoires. Il l’avait gagné à Relizane. Il a donc perdu son siège dans cette wilaya (Relizane) mais a pu compenser avec un autre dans la wilaya de Blida. Cela va peut-être décider Moussa Touati à arrêter sa grève de la faim. Comme Naïma Salhi, il se dira lui-aussi qu’un seul siège est suffisant !

Pour les autres formations politiques, les résultats restent donc les mêmes : L’alliance Ennahda-FJD-El Bina : 15 sièges, le Front El-Moustakbel et le FFS : 14 sièges chacun, le MPA : 13 sièges, le PT: 11 sièges, le RCD : 9 sièges, l’ANR : 6 sièges…et ainsi de suite jusqu’au parti El Ferth, avec un seul siège pour ne citer que ce dernier parmi un grand nombre d’autres partis considérés «petits».

Dans son communiqué rendu public jeudi, le Conseil constitutionnel affirme avoir examiné 295 recours mais seuls 20 étaient «recevables», les autres ont été rejetés «pour défaut ou insuffisance de preuves ou pour moyens infondés». 4 recours ont été rejetés pour «manque de base légale». Autres chiffres, le nombre des sièges obtenus par les femmes est de 121, soit un taux de 26,19%. Il est en baisse par rapport à 2012. Les électeurs inscrits sont au nombre de 23 251 503, celui des votants est de 8 225 123, soit un taux de participation définitif de 35,37%. Les suffrages exprimés sont de 6 446 750, les bulletins nuls de 1 778 373.

K. M.

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