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Société | Par Algérie presse service | 30-05-2017

Première femme en Afrique à posséder le brevet de plongeur niveau III

Tipasa : Samia Balistrou, une monitrice de plongée en «guerre» contre la  pollution marine

Cette lutte acharnée menée au quotidien, depuis plus d’une trentaine  d’années par Samia Balistrou, contre tout ce qui peut porter atteinte à la  mer et à l’environnement marin en général, a valu à cette authentique fille  de la Casbah, une réputation digne des plus grands défenseurs de  l’environnement à l’échelle internationale.

Elle s’est imposée d’emblée comme ambassadrice de la mer. Samia Balistrou, une monitrice de plongée à Tipasa, défend la virginité des fonds marins, portée en cela par un amour fou et parfois démesuré pour la mer dont elle exploite les secrets depuis plus de trois décennies.
L’histoire de cette jeune quinquagénaire (55ans),- première femme en Afrique à posséder le brevet de plongeur niveau III-, avec la mer a été difficile, raconte-t-elle dans un entretien à l’APS, soulignant que ses débuts dans le monde de la plongée sous-marine ne furent pas des plus aisés car, à l’époque, le domaine était une chasse gardée des hommes, explique-t-elle.
«Mais j’ai tenu bon», relève non sans fierté cette plongeuse qui est également spécialiste en environnement, en biologie et en archéologie.
Outre la «mentalité machiste» ambiante, le manque de moyens et la cherté  des équipements de plongée n’étaient pas non plus faits pour encourager à  la pratique de ce sport, avoue-t-elle, se félicitant, néanmoins, que son  obstination l’ait emporté sur le reste grâce au soutien des autorités  publiques et de quelques bienfaiteurs qui, admet-elle, ont contribué dans  sa propulsion au rang de pionnière de la plongée sous marine en Afrique.
Après un long parcours du combattant, soit après 10 ans de plongée en tant  qu’amatrice, durant une époque des plus difficiles qu'a vécu l'Algérie, la  décennie noire, Samia Balistrou a pu fonder son premier club de plongée en  1997.
Cette monitrice hors pair a formé des dizaines de plongeurs professionnels, en plus de milliers d’amateurs de plongée, entre citoyens modestes, marins, diplomates et hauts cadres (algériens et étrangers).
Cet amour démesuré pour la mer l’a mené sur les sentiers escarpés de défense des fonds marins qui lui a attiré, de son aveu, moult problèmes.
Mais qu’à cela ne tienne, l'infatigable aventurière écume les plages et  ports de Tipasa, semant conseils et recommandations, tout en intervenant,  quelques fois, pour mettre le holà aux comportements nuisibles constatés  contre l’environnement marin, cher à son cœur.
Mme Balistrou ne manque pas, à cet effet, de dénoncer le comportement  irresponsable de certains pêcheurs, qu’elle a cité parmi les causes  principales de la pollution marine.
Cette lutte acharnée menée au quotidien, depuis plus d’une trentaine  d’années par Samia Balistrou, contre tout ce qui peut porter atteinte à la  mer et à l’environnement marin en général, a valu à cette authentique fille  de la Casbah, une réputation digne des plus grands défenseurs de  l’environnement à l’échelle internationale.
Cette monitrice ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Elle a à cœur, actuellement, d’ancrer profondément son amour pour la grand bleue dans  l'esprit de la nouvelle génération qu’elle entend former au respect et à la  protection de l’environnement marin, à travers une collaboration étroite  avec l’association Home, pour les activités juvéniles. «Car éduquer dès  l’enfance est le meilleur moyen de lutter contre certaines mentalités  nuisibles au sein de notre société, lesquelles, se basant sur une vieille  expression populaire, sont convaincues que la mer, dans sa grande étendue,  peut tout charrier», estime-t-elle.
Et pour cause : chaque plongée dans les fonds lui laisse un goût  inassouvissable car, si les profondeurs marines lui font vivre des moments  de joie inégalée, cette joie est «véritablement gâchée», selon sa propre  expression, par les innombrables déchets qu’elle y rencontre.
Equipements électroménagers (réfrigérateurs, téléviseurs?!), bouteilles en  plastique et verre, vêtements et ustensiles en tous genres, constituent  autant de désagréments rencontrés sur son chemin vers les profondeurs  marines, déplore-t-elle, mais ce n’est pas tout, car le pire de ces déchets  est représenté par les sachets en plastique, qu’elle qualifie de «véritable  hécatombe» pour la mer, quant on sait que des études ont démontré qu’ils  mettent entre 400 à 600 années pour se dissoudre, soutient-elle.
Les sacs en plastique constituent également un danger pour la ressource  piscicole, car ils peuvent être à l’origine de la décimation de la  posidonie, une plante à fleurs sous-marine de la Méditerranée, véritable  réservoir d'oxygène pour les fonds marins, et vivier pour le développement  et la croissance des poissons. Ce qui expliquerait, selon elle, le recul de  la production piscicole nationale, que les pêcheurs citent à l’origine de  la hausse des prix des produits de la mer.
Heureusement pour elle, cette dame de fer nationale est épaulée, dans son  combat noble, par toute une génération de jeunes férus de la mer, à l’image  de son fils (26 ans), un moniteur comme elle et plongeur hors pair, pour  avoir eu la chance d’avoir connu la joie de la plongée sous marine, alors  qu’il n’avait que trois (3) ans, une première dans ce sport aquatique.
Cette génération de jeunes, formée par ses soins, milite pour un  environnement marin sain et propre et pour une pêche réglementée, mais  surtout contre une mer poubelle, car la mer est vivante, crient-ils à qui  veut les entendre. 
C’est dans cette optique, que le club de plongée de Samia Balistrou,  travaille en étroite collaboration avec l’association Home, en vue d’ancrer  l’esprit environnemental chez les écoliers.
L’initiative permettra, cette année, d’offrir une chance à plus d’une  centaine d’écoliers de découvrir les joies de la plongée, avec la sélection  d’une dizaine, parmi eux, comme ambassadeurs de la mer, en leur décernant  un brevet de stage de premier degré. Pour accompagner cette action de  sensibilisation, menée à tout vent, contre la dégradation de  l’environnement marin et contre une mer poubelle, Samia en appelle à une  stratégie nationale répressive pour mettre le holà à ces atteintes.
Cette fervente défenseuse de la mer ne manque jamais une occasion pour  plaider pour une police de la mer susceptible de mettre fin aux atteintes  quotidiennes contre le milieu marin, soulignant l’importance de son combat,  qui fait l’objet d’un intérêt particulier auprès de l’ONU-Environnement,  qui a lancé une campagne mondiale de lutte contre les déchets marins, le 23  février dernier.
En langage chiffré, la pollution de la mer est causée, à 80%, par les  rejets terrestres, des cours d’eau et des conduites d’assainissement, outre  le transport maritime et les rejets des activités industrielles, selon  Samia Balistrou, qui les a qualifiés de crimes impardonnables.
APS

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