INFOS
Conjoncture | Par : Olivier Tosseri | 30-05-2017

Privilégié par le gouvernement italien

ArcelorMittal en passe de reprendre la plus grande aciérie d’Europe

Dans l'avenir incertain de l'Ilva, il y avait une seule certitude : le repreneur de l'aciérie située à Tarente serait indien. Deux consortiums s'affrontaient pour reprendre le site. Le premier, AcciaItalia, est mené par Sajjan Jindal, à la tête de Jindal South West (JSW) et réunissait le producteur italien d'aciers spéciaux Arvedi, la Caisse des dépôts italienne et Delfin, la holding de Leonardo Del Vecchio. Le second, Am Investco Italy, est dirigé par Lakshmi Mittal, patron du premier sidérurgiste mondial, ArcelorMittal, associé à l'italien Marcegaglia.

Dans l'avenir incertain de l'Ilva, il y avait une seule certitude : le repreneur de l'aciérie située à Tarente serait indien. Deux consortiums s'affrontaient pour reprendre le site. Le premier, AcciaItalia, est mené par Sajjan Jindal, à la tête de Jindal South West (JSW) et réunissait le producteur italien d'aciers spéciaux Arvedi, la Caisse des dépôts italienne et Delfin, la holding de Leonardo Del Vecchio. Le second, Am Investco Italy, est dirigé par Lakshmi Mittal, patron du premier sidérurgiste mondial, ArcelorMittal, associé à l'italien Marcegaglia.

C'est l'offre de ce dernier qui a recueilli les faveurs des commissaires chargés de la gestion d'Ilva. La proposition d'adjudication a été faite au comité de surveillance du ministère du Développement économique. Le gouvernement italien avait placé l'entreprise sidérurgique sous administration extraordinaire en 2015 et ouvert l'an dernier la procédure dans le but de trouver un repreneur d'ici la fin du mois de juin.

 
«Meilleure offre du point de vue environnemental»

 
Même si les deux offres ont été reconnues très similaires, celle «retenue est la meilleure du point de vue environnemental, du plan industriel et de la solidité financière», s'est réjoui le ministre italien de la Cohésion territoriale. Ce sont justement les trois critères pris en considération. ArcelorMittal-Marcegaglia a ainsi mis sur la table 1,8 milliard d'euros d'après la presse italienne contre 1,2 milliard d'euros pour ses concurrents.
Une fois l'offre validée, la banque Intesa Sanpaolo se joindra au consortium avec une part comprise entre 5 et 10%. Il prévoit, en plus du prix d'achat, un investissement de 2,3 milliards d'euros dans l'Ilva : 1,1 milliard dans l'environnement et 1,2 milliard dans la production industrielle proprement dite. Cette dernière serait portée à environ 6 millions de tonnes par an d'ici 2018, contre 5,8 millions l'an dernier. A terme l'objectif est de produire chaque année 9,5 millions de tonnes de produits finis.
La gamme pour les secteurs de l'automobile, de la construction et de l'énergie sera développée et un centre de recherche et de développement sera ouvert à Tarente où l'aciérie Ilva emploie 11 000 personnes. Pour Arcelor, c'est ainsi l'opportunité de s'offrir la plus grande aciérie d'Europe, dans une conjoncture très favorable au marché européen, et d'éviter ainsi qu'un nouveau concurrent ne s'implante sur le Vieux Continent.
Feu vert de Bruxelles attendu
L'offre d'Am Investco Italy est arrivée hier sur la table de Carlo Calenda, le ministre du Développement économique, qui a déjà convoqué les syndicats ce mardi avant de rendre sa décision. Si l'adjudication au consortium mené par le milliardaire indien devrait rapidement être entérinée par le gouvernement italien, la Commission européenne prendra plus de temps avant de donner son feu vert.
Dans une lettre envoyée le mois dernier, la direction générale de la concurrence avait précisé qu'elle évaluerait longuement le risque de position dominante que pourrait exercer ArcelorMittal sur certains marchés suite à la reprise de l'Ilva. Le géant français pourrait être amené à opérer des cessions de sites pour satisfaire Bruxelles, ce que les syndicats français regardent de près.
O.T./AFP

Réactions (0)