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Théma | Par Chahira Cheref | 31-05-2017

Aux premiers jours du mois de Ramadhan

La consommation en tête des préoccupations des citoyens

Avec le début du mois de Ramadhan, comme toutes les autres années durant cette période, les familles algériennes, en général, donnent plus d’importance aux achats des denrées alimentaires. Pour les quatre premiers jours, les marchés, les boulangeries, les boucheries ont été prises d’assaut par les citoyens. Chose constatée, les prix des produits de large consommation sont restés stables, malgré que certains consommateurs aient préféré faire leur stock pour éviter le pire. «Il est vrai que tous les prix sont à la portée de tout le monde mais pour moi, il était impossible de croire ce que disent les commerçants. J’ai fait ma réserve de viande, de poulet, de légumes qui se prêtent à la congélation… maintenant je suis tranquille, j’ai de quoi préparer des repas pendant la première quinzaine du mois de jeûne», dira Feriel, mère de famille, la trentaine. Pour certaines femmes ménagères, l’organisation s’avère nécessaire durant cette période de l’année. C’est le cas de Amina qui affirme : «Quelque jours avant le mois de Ramadhan, j’ai fait une liste de produits à utiliser durant ce mois, alors je suis sortie avec mon mari et on a tout acheter. Maintenant je suis tranquille, au moins, je pourrai éviter les dépenses mal placées. On achète que les produits qui ne se conservent pas. Le reste est disponible dans mes réserves.»

Pour certains, les achats avant le mois de Ramadhan ne sont pas utiles vu la disponibilité des produits. «Les produits sont disponibles et en quantité, ils sont de qualité, alors ça ne sert vraiment à rien de faire le stock. A mon avis, il n’y a pas mieux qu’un repas préparé avec des légumes frais et de la viande fraîche», nous a confié Amira, la vingtaine. «Personnellement, je trouve tout le plaisir de faire un saut chaque jour au marché durant le mois de Ramadhan. J’achète tous les aliments nécessaires pour préparer le plat du jour seulement et je rentre chez moi. Cela m’arrange car je travaille à côté du marché», ajoutera-t-elle.

Les marchés de solidarité mis en place par les autorités publiques ont également été à la faveur des citoyens, en quête de bonnes occasions à de bas prix. Dés leur ouverture, le premier jour du Ramadhan, ils attirent des centaines de visiteurs chaque jour. C’est le cas de celui de l’UGTA, situé à la commune de Sidi M’Hamed. «Ici tout les produits sont disponibles et à des prix meilleurs que ceux qui sont pratiqués au niveau des autres marchés. On achète les produits directement chez les producteurs, alors on est sûr de sa qualité», affirme Hamid, la quarantaine, fonctionnaire dans une banque privée. «Le marché est à quelque mètres de chez moi, alors je suis vraiment soulagé», soutiendra-t-il.

Chose constatée lors de notre virée sur les lieux, en raison des prix bas, les citoyens achètent tout et rien à la fois juste pour faire des économies. «Certains produits tels que les flans, les fromages, la farine… sont vendus à des prix très intéressants, ce qui m’arrange pour gérer mes dépenses du mois», dira une maman rencontrée au niveau du stand vendant des féculents sur les lieux. Même si les achats sont inutiles, certains consommateurs continuent à opter pour certains produits, juste puisque ils affichent des prix bas. «Je suis choquée, on dirait que c’est la fin du monde. Les gens font la queue pour acheter de la farine qui est disponible partout, franchement, je trouve que c’est du n’importe quoi. A mon avis, de cette manière, ils encouragent la spéculation, ils incitent les commerçants à élever les prix», a témoigné Omar.

Durant les après-midi du Ramadhan, les pères de familles s’orientent vers les boulangeries et les pâtisseries afin d’acheter les pains et les friandises. Pour le pain, certains d’autres préfèrent le pain fait maison durant ce mois de jeûne. «Vu qu’on est quatre personnes à la maison, j’achète chaque jour deux matlouh (pain traditionnel fait maison), il nous suffit largement, comme cela on évite de jeter le pain et donc on ne gaspille rien», s’est réjoui un père de famille, la soixantaine.

«Pour moi, le boulanger qui est à côté de mon travail prépare du pain de bonne qualité. Alors toujours en sortant du boulot, j’en achète trois et je rentre chez moi», dira Ahmed.

Interrogé sur l’achat du pain et le gaspillage, un vendeur dans une boulangerie affirme : «Il existe ceux qui font des achats dans les normes et ceux qui abusent malheureusement. Cela arrive qu’une personne achète 3 baguettes, elle sort d’ici avec trois de plus. La même chose pour les friandises.»

Pour certains citoyens, vu que le Ramadhan rime avec le partage et la solidarité, qu’il soit le mois de la bienfaisance, l’alimentation durant ce mois sacré ne doit pas être à la tête des préoccupations du citoyen. «A mon avis, il faut miser sur les aspects spirituels de la religion qui sont plus importants que le manger. Il est vrai qu’après quelques quinze heures de jeûne et de fatigue, l’individu aime bien manger en rompant son jeûne mais sans plus», dira Kamel, la soixantaine.

C. C.

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