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Culture | De notre correspondant à Annaba Mohamed Rahmani | 01-06-2017

Annaba

La débrouille comme programme

Après une rude journée de jeûne et faute de programme d’animation culturelle, on se débrouille comme on peut pour meubler les longues soirées qui se prolongent jusqu'au S’hor. A la recherche d’un semblant de culture, on atterrit invariablement du côté des plages de la ville, à Rizzi Amor (ex- Chapuis) ou à Fellah Rachid (ex-Saint Cloud). Là, c’est toute la ville qui se déverse, familles, jeunes et moins jeunes s’y retrouvent pour passer la soirée sous les sons de musiques de tous genres.

Ce sont des jeunes qui, la plupart du temps, guitares à la main, derbouka et flûtes, improvisant sur le sable ou sur la promenade des scènes pour se produire - sous l’œil d’un public qui se bouscule pour ne rien rater - animent les lieux et apportent un brin de divertissement et de culture. Chants du terroir, Rai, musique moderne, chants folkloriques, chaoui, staifi, kabyle, il y en a pour tous les goûts. Des jeunes se déhanchent improvisant des danses rythmées, le public qui applaudit et qui parfois entre, lui aussi, sur scène pour participer à cette fête spontanée qui n’a pas vraiment nécessité une préparation et encore moins de gros moyens. Des jeunes qui veulent faire la fête qui sont venus qui ont commencé à jouer et qui se sont très vite trouvés entourés par un public qui les encourage et qui partage avec eux cette gaieté et cette joie tant recherchées et qui, pourtant, sont à portée de main. Il suffisait tout simplement de faire le premier pas et tout viendra après car chacun y mettra du sien et c’est spontané sans calcul ou quelque artifice. On fait juste la fête et la culture est là pour en être le premier support ; elle ne demande qu’à être effleurée pour qu’elle se manifeste.

La fête durera jusque tard dans la nuit où l’on dansera jusqu’à la lie avant de rentrer chez soi tout heureux d’avoir passé une belle soirée.

Le comité des fêtes de la ville d’Annaba a bien concocté un programme prévoyant des soirées pour jeunes animées par des chanteurs locaux et nationaux sur les plages ou théâtre en plein air du côté de la maison de la culture qui, elle, ne s’est pas encore manifestée pour  honorer le titre qu’elle porte. Il faut dire que la responsabilité de cette défaillance incombe à la direction du même nom qui profite de ce mois pour conjuguer le verbe dormir à tous les temps. Car cette dernière à ce jour n’a pas daigné s’intéresser à ces soirées pour les meubler.

La culture prend une autre forme du côté d’Echatt où des marchands de glaces se sont installés, ces derniers pour attirer le public ont mis en place des télés avec écran géant sur lesquelles ils diffusent des séries très suivies par le public, des séries humoristiques qui font se tordre de rire les clients attablés consommant des boissons ou des glaces.

Pour d’autres, le seul moyen de trouver un peu de culture est l’internet. «C’est une mine, nous déclare Houssem, habitué des cybercafés, je trouve de tout, moi je suis un mordu des films de science fiction, du fantastique, bref tout ce qui me permet de m’évader de la réalité dans laquelle je vis. J’attends avec impatience la prochaine saison de The walking dead ou Game of Thrones, des séries qui ont séduit des millions de téléspectateurs. Il y a aussi la possibilité de faire connaissance sur le net, de discuter avec des gens d’un certain niveau, de faire des échanges et on apprend beaucoup.»

Pour d’autres surtout les mères de famille après avoir fait la vaisselle, c’est la télé qui devient le centre d’intérêt, on suit avec passion des feuilletons, des émissions religieuses ou encore celles consacrées à la cuisine. C’est toujours une forme de culture, pour combler ce vide qui décidément a de beaux jours devant lui.

M. R.

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