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Brocante | | 03-06-2017

FAUX PARKING PAYANT A CLICHY-SOUS-BOIS

«Mais c’est du racket pur» ! s’exclame le président du tribunal de Bobigny

C’est une histoire ahurissante, et qu’on croirait surgie directement de Bab-el-Oued ou Belcourt, que rapporte le quotidien Le Parisien dans son édition d’hier

«C’est du racket, du pur racket !», a conclu le président du tribunal de Bobigny ce jeudi avant de condamner un jeune Clichois à deux mois de prison pour sa participation à un faux parking payant, au marché du ramadan, à Clichy-sous-Bois, une commune du département de St-Denis, dans la banlieue nord de Paris.

Ils étaient manifestement plusieurs à mettre en œuvre ce barrage payant, mais c’est le seul que les policiers ont pu interpeller. Quelques barrières utilisées pour le plan Vigipirate avaient été déplacées, une chaise et des chasubles fluo pour prétendre qu’ils étaient employés par la mairie, et le tour était joué.

Ou presque. Les nombreux usagers du marché aux saveurs, ouvert le temps du Ramadhan, du 27 mai au 27 juin, ont peu goûté d’avoir à payer 1 € pour garer leur voiture sur un parking normalement gratuit. «C’est scandaleux, contraire aux lois de la République et à la philosophie en période de Ramadhan», lance l’avocat de la ville de Clichy-sous-Bois, partie civile au procès.

«Il portait une djellaba, en plus»

«J’attendais l’heure de la prière pour acheter des provisions, j’étais au téléphone avec ma copine», se défend le prévenu d’une vingtaine d’années, en débardeur et bermuda de plage, qui nie toute participation à cette entreprise peu charitable. C’est un jeune homme d’une vingtaine d’années, élevé par sa grand-mère, avec quelques condamnations et des rêves de pompier balayés par un problème de vue. Intérimaire multicarte, il se verrait bien ambulancier.

Pourtant, c’est bien lui qu’une cadre de la mairie a reconnu en garant sa voiture. Il portait une djellaba en plus. Lui aussi que les policiers ont vu et interpellé sur place. Un agent a même filmé la scène que les juges ont revisionnée lors de leur délibéré. On n’y voit pas le prévenu admet le président. Mais la concordance de témoignages a suffi à le faire condamner. La substitut du procureur avait réclamé 6 mois de prison ferme et 1 000 € d’amende.

C’est finalement la durée qu’il devra effectuer puisqu’une peine de quatre mois avec sursis a été révoquée et s’ajoute aux deux mois prononcés ce jeudi. La peine reste aménageable. Il devra aussi 50 € à la mairie. C’est le montant estimé au vu de la présence supposée du prévenu sur les lieux. «Il lui aurait suffi de se mettre dans le passage et de dire Zakat (Ndlr : aumône), il aurait eu plus d’argent !», susurre une jeune femme à l’oreille d’une amie dans la salle.

 

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