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Théma | Par A. Lemili | 07-06-2017

Les jeûneurs ne dérogent en rien à leurs mauvaises habitudes

Ramadhan et civisme, une inconciliable compatibilité

Effectivement, à hauteur des commerces décriés, les chaînes commencent à se dessiner à partir de 13h et les espaces bondés aux trois dernières heures avant la rupture du jeûne. En fait, ce sont ceux-là mêmes qui parlent énormément, critiquent et dénoncent le mutisme et l’absence des pouvoirs publics locaux en ce sens qui, en réalité, sont les plus grands vecteurs de l’anarchie ambiante. Bien entendu, cela ne dédouane pas pour autant l’autorité administrative, autrement dit la police de la voie publique, les agents des services de santé et d’hygiène, les contrôleurs de la direction du commerce d’accomplir leur travail et leur hiérarchie de prendre des mesures exemplaires et surtout maintenir en permanence leur présence sur le terrain et non pas recourir seulement à des opérations «coup de poing» qui n’ont de «marquant» que le côté spectaculaire

Quatre jours avant le début du mois de Ramadhan, le directeur de wilaya du commerce de Constantine s’était engagé à ce que les commerces de zlabia ne se multiplient pas comme des champignons, il avait également pris l’autre engagement qui consistait à ce qu’aucuns produits de consommation courante tels les viandes, le pain ne soient commercialisés à même la chaussée et qu’a contrario, le lait en sachet serait disponible à profusion. La volonté semblait y être et l’engagement irréversible.

Ce ne sera pas le cas, cet élan administratif et ce discours hautement lyrique sans doute à l’identique de ceux affichés et déclamés par ses 47 autres collègues à travers le pays allaient s’affirmer comme un élément entre autres de langage destiné à meubler l’absence prévisible des structures agissant es-qualité au nom des pouvoirs publics.

Dés le premier jour comme pour narguer justement tous ceux qui ont parlé au nom des pouvoirs publics locaux, nombreux sont les commerces qui ont levé rideau et changé ponctuellement d’activité pour se «spécialiser» dans la vente de zlabia et autres confiseries orientales, briks et «boureks» mais aussi de lait fermenté ou petit lait en général préparé ailleurs dans des conditions indéterminées et forcément douteux quant à sa source et donc autant d’inconnues que l’état sanitaire de la vache, sa traite et forcément des lieux.

Mais il y a lieu de rendre à César ce qui lui appartient. En effet, le directeur de wilaya du commerce de Constantine avait tenu tout aussi à souligner que toutes les mesures que pourraient prendre les différentes structures représentant les pouvoirs publics pouvaient n’être qu’illusoires si de son côté le citoyen-consommateur ne s’engageait pas lui-même à contrecarrer l’appétit flibustier des commerçants d’un mois.

Effectivement, à hauteur des commerces décriés, les chaînes commencent à se dessiner à partir de 13h et les espaces bondés aux trois dernières heures avant la rupture du jeûne. En fait, ce sont ceux-là mêmes qui parlent énormément, critiquent et dénoncent le mutisme et l’absence des pouvoirs publics locaux en ce sens qui, en réalité, sont les plus grands vecteurs de l’anarchie ambiante. Bien entendu, cela ne dédouane pas pour autant l’autorité administrative, autrement dit la police de la voie publique, les agents des services de santé et d’hygiène, les contrôleurs de la direction du commerce d’accomplir leur travail et leur hiérarchie de prendre des mesures exemplaires et surtout maintenir en permanence leur présence sur le terrain et non pas recourir seulement à des opérations «coup de poing» qui n’ont de «marquant» que le côté spectaculaire.

Soulignons toutefois qu’à hauteur de la même wilaya (Constantine), les services de nettoyage et de ramassage des ordures ménagères accomplissent un fabuleux travail même si en face, consommateurs, vendeurs à la sauvette et même commerçants réglementés font tout le contraire en «abreuvant» la rue à toute heure de la journée de leurs déchets alors qu’il leur suffirait un minimum de correction, éducation et de respect à l’endroit des autres notamment les agents communaux pour que tout aille un peu pour le mieux.

Morale : tant que les pouvoirs publics locaux ne frapperont pas sérieusement les réfractaires par une décision dure et ferme de fermeture, tant que les agents de la police de l’urbanisme ne séviront pas en sanctionnant l’ensemble des locataires d’un immeuble dont un locataire se serait débarrassé de ses ordures en dehors de la plage horaire recommandée, il n’y a que peu de chances que soit corrigée la trajectoire et surtout l’attitude d’individus dont le civisme est depuis longtemps remisé n’importe où.

A. L.

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